Voici un projet de court-métrage sur le Skate-board. Nous allons nous arrêter sur des techniques pour "vieillir" un plan, mais le montage du film est également intéressant pour le côté chorégraphique.

Lors de cet extrait, replaçons le contexte : le personnage est assis et graisse les roulements de son skate-board. Il va partir en session et se remémore de cet instant sur la rampe en ville. Pour matérialiser le "flash-back" dans le pur style street-art, quoi de mieux qu’une séquence de film vieilli ?

Pour réaliser cet effet, on pourra utiliser un logiciel de compositing ou simplement de montage. Plaçons tout d’abord le plan à truquer comme base. Ici, c’est une séquence de plusieurs plans déjà montés. On réalise ensuite une image en niveaux de gris composant le cache extérieur, pour donner l’impression que les bords de l’image sont recouverts de poussière séchée. Ce cadre doit avoir les mêmes dimensions que l’image du film avec un ratio de pixels "carrés". Expliquons un peu cela : pour que tous les téléviseurs puissent afficher des images d’origines différentes, dans le format PAL, ils ont tous les mêmes dimensions : 720 par 576 pixels. Pour permettre l’affichage d’images au formet 4/3 et 16/9 avec le même nombre de pixels, ces derniers sont considérés comme carrés ou rectangulaires, avec des ratios différents. Il suffit alors de signaler au téléviseur quel format d’image lui est transmit pour qu’il adapte son affichage (avec des bandes horizontales, avec une image coupée sur les bords ou en plein écran).

Pour la post-production, il faut que toute la chaîne de montage-étalonage-compositing (donc de post-production) conserve les proportions de l’image pour éviter des pertes éventuelles au cours de toutes les étapes de la chaîne.

Une fois que le principe de calques semi-transparents superposés est bien en place, on peut empiler plusieurs calques, animés bien-sûr et avec des modes de fusion spécifiques.

Ici, on compte :

  • le bord fixe de poussières ;
  • un dégradé radial qui assombrit les coins de l’image (au mode de fusion "ajout" ou "produit") ;
  • des rayures verticales animées ;
  • des grosses poussières de type "cheveu" qui se déplacent légèrement, comme soufflés ;
  • plusieurs "grains" de différentes tailles et animé par nuages ;
  • des changements lents de luminosité au cours du temps ;
  • une image "qui saute" en joueant sur ses déplacements verticaux ;

La plupart de ces filtres animés successifs peuvent être avoir leur opacité propre. Les plus lents peuvent être placés à des moments-clés du film, au moment d’une transition dans l’action ou pour l’anticiper.

En regardant le court-métrage en entier, on pourra voir que la synchonisation d’effets, de transition d’image ou de son. De fait, tout le film devient de fait une chorégraphie. Il n’a dailleurs pas été filmé scénarisé, des heures de bandes ont été tournées à des moments différents (en témoignent les habits, les présents et l’éclairage changeant) qui ont ensuite été assemblées pour former une histoire au moment du montage vidéo. Les plans principaux ont été mis bout à bout en prenant soin de faire correspondre grossièrement les mouvements des personnages pour qu’ils paraissent enchaînés entre les différents axes de caméra. La musique a été ajoutée. Ensuite, les plans ont été ajustés pour synchroniser les actions avec la musique, la chorégraphie, et ajuster la synchronisation des mouvement des skateurs entre les plans. Cette dernière action est évidemment prioritaire vis à vis de la chorégraphie musicale...

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