Nous voilà en route pour traverser le pays sur toute sa largeur. Pendant le voyage, en grande partie de nuit, nous aurons à peine eu le loisir de bavarder : moi je voulais faire la connaissance de Joe et Naïke, de partager nos projets d’itinéraire - que chacun a dû envisager de son côté - et Laure me proposa d’envisager de voyager seul, un idée brusquement suggérée sur le moment, mais qui fera son chemin... Pour l’heure, la nuit était avancée et les fauteuils trop confortables. Ce fut un comble de tomber sur un bus aussi luxueux - quand au petit matin, on découvrit un paysage aride et les villages qu’on traversait semblaient si pauvres, en plus d’être immensément éloignés les uns des autres !

Route de la Pampa

Après les treize heures de route, nous arrivâmes dans cette région moins désertique, et dans sa ville : Mendoza. Elle est naturellement connue pour être une des capitales argentines du vin. Mais nous l’avons choisie car cette ville est proche des Andes, une partie où le massif est très haut, et en vis-à-vis sur l’autre versant, se trouve la capitale du Chili, Santiago. Mais tout cela, nous l’avons entendu ou lu dans le guide...

Donc, nous y voilà : la gare routière est certes moins affolante qu’à Buenos Aires, mais avec notre petit plan, nous nous sommes mis à chercher un itinéraire pour nous rendre à une auberge de jeunesse, une des moins chères, dans le centre-ville, mais pas tout à fait au milieu du centre. Pressés de se poser, de prendre une douche et de déposer les énormes sacs, nous avons pris le premier bus qui menait dans la direction. Pendant le trajet, nous avons dû passer pour des géomètres à comparer chaque plaque indiquant les rues à notre plan. Arrivés à proximité suffisante de notre but, nous sommes descendus et avons fini le chemin à pieds. Nous avons tâtonné, cherché une enseigne luxueuse qui n’était pas celle de l’auberge que nous recherchions, mais qu’importe, nous étions un peu perdus dans une ville nouvelle.

L’auberge était finalement petite, relativement peu luxueuse d’apparence, mais familiale. Ceux qui la tenaient étaient fort sympathiques. Cette famille échangeait un peu en français, mais si mal qu’ils m’ont permis de pratiquer intensément l’espagnol.

Nous partîmes explorer la ville, relativement petite et centrée sur une place-jardin où se déroulait une rencontre pour enfants avec un concert de Rock. Les musiciens étaient très typés "andin" : petits, trapus, la peau sombre et les traits anguleux. Ils dégagent une impression de sérénité.

A proximité, la vie suit son cours...

Au parc central
Canalisations
image d’ailleurs

Notre promenade en ville ne sera ni gastronomique ni viticole. On aura tout de même remarqué quelques spécialités locales d’urbanisation qui permettent - pour préserver les caves remplies de bon vin - d’éviter les crues de rivières avec ces tranchées dans toutes les rues, ainsi que des bouches d’égout ouvertes aux pieds des arbres, gérant le "trop-plein" d’eau.

Nous avons également trouvé une "excursion" dans les Andes, ce que j’attendais de découvrir avec impatience. Et en plus, la principale attraction à proximité se trouve être le Puente del Inca... peut-être un premier vestige de cette civilisation ou simplement un nom vendeur !

Le soir, Laure et moi sommes partis vers la rue où tous les bars et boîtes de nuit étaient concentrés. Dehors, il faisait étrangement chaud, c’était radicalement différent de Buenos Aires, pourtant à la même latitude. Nous découvrîmes un phénomène très étrange : outre la température estivale pendant l’hiver, des rafale de vent chaud se produisirent, emportant des nuages de poussière en tourbillons. Nos yeux piquaient, il était presque impossible de les garder ouverts et nous avancions à tâton dans les rues désertes.

Quand nous sommes arrivés dans un bar d’un ami d’ami de Laure, nous étions heureux de nous retrouver à l’intérieur, et le phénomène étrange avait cessé. Ce n’était pas une nuit de pleine lune, mais ça en avait tout l’air.
Comme il était près de minuit, le bar était désert, nous étions les seuls avec le patron. Les gens sortent tard...

Après quelques verres de bière (locale), nos sommes repartis - sans connaître l’ambiance de Mendoza en fête - car nous devions nous lever tôt le lendemain. Les bourrasques de vent ont alors repris, comme une réplique. C’est paraît-il un phénomène courant dans la région !

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