De Chumrung à Dovan

avril 2009

Pour notre petit déjeu­ner, les assis­tants ont dû cher­cher du pain de mie à la bou­lan­ge­rie du vil­lage… nous le savou­rons sur la ter­rasse.

la lodge au matin Ensuite, nous des­cen­dons à tra­vers Chumrung par un inter­mi­na­ble esca­lier qui se ter­mi­nera fina­le­ment en bas de la vallée, au bord de la rivière. Il a appa­rem­ment 2100 mar­ches, que nous avons déva­lées sans le réa­li­ser, avec l’entrain de la mati­née. On pour­rait croire que c’est repo­sant de des­cen­dre, mais pour moi, notre but est de monter en alti­tude pour admi­rer le cirque des som­mets des Annapurnas. Chaque des­cente revient donc à s’éloignait de notre objec­tif sur l’alti­mè­tre ! La patience doit savoir s’accom­mo­der des che­mins détour­nés sans se déses­pé­rer. S’ensuit donc une remon­tée sur la mon­ta­gne d’en face, me voilà ras­suré.

Sans en com­pren­dre la raison, les forêts de rho­do­den­drons offrent aujourd’hui des arbres plus fleu­ris qu’à l’accou­tu­mée. Leurs raci­nes ont tou­jours plus de formes enchan­tées et les mous­ses qui les habillent res­sem­blent à des haillons. Les arbres ont quel­que chose d’ances­tral et d’appa­rence mytho­lo­gi­que. Loin de donner l’impres­sion d’une forêt hantée, elle garde ses secrets. Ensuite, il y a un signe de chan­ge­ment dans la végé­ta­tion : il y a de plus en plus de bam­bous entre les arbres, pous­sant en bos­quets touf­fus de fines bran­ches jaunes. A l’inverse des arbres, ces plan­tes déga­gent une impres­sion d’har­mo­nie.

La vallée La jour­née de marche n’est pas repo­sante, l’empres­se­ment de nous rap­pro­cher du but de ces der­niers jours laisse quel­ques traces. Malgré tout, la végé­ta­tion nous offre l’envie de pro­gres­ser tou­jours plus en avant vers les mys­tè­res qu’elle nous réserve. Des peti­tes chutes d’eau sont dis­si­mu­lées der­riè­res les mous­ses des parois rocheu­ses et les feuilla­ges. Entouré de bam­bous géants, on se sent tout petit, perdu au milieu d’un jardin bonsaï mais avec les immen­ses som­mets ennei­gés dans le loin­tain.

Ils ne res­te­ront pas visi­bles long­temps. Nous déjeu­nons sous pres­sen­ti­ment enva­hit notre groupe et pour la pre­mière fois, nous enfi­lons ins­tinc­ti­ve­ment nos lon­gues capes de pluie qui nous recou­vrent tota­le­ment avec les sacs à dos. On a peine à voir à tra­vers la pluie avec les capu­chons serrés. De nom­breux ruis­seaux tra­ver­sent le chemin et les papillons qui nous ont accom­pa­gné jusque là cèdent la place à une mul­ti­tude de coc­ci­nel­les. Nous devons pren­dre des pré­cau­tions en posant chaque pied sur une pierre ban­cale ou dans la boue. La vallée est également de plus en plus escar­pée jusqu’à nous étrangler pour l’arri­vée péni­ble à notre lodge sui­vante, dans le hameau de Dovan.

Contrairement aux pré­cé­dents, l’endroit n’est guère atti­rant : coincé entre les pentes des mon­ta­gnes en vis-à-vis, la lodge n’a qu’un rez-de-chaus­sée, une cour pavée – évidemment – et une salle com­mune avec deux tables car­rées, adjointe d’une cui­sine. Il règne une odeur de kéro­zène, uti­lisé pour chauf­fer la pièce humide. Certains pren­nent une douche (payante cette fois, mais plus tiède qu’à l’accou­tu­mée). La pluie n’est pas de bonne augure, nous le sen­tons ; mais tous se blot­tis­sent autour d’une des tables : ran­don­neurs, guide, assis­tants et por­teurs, il n’y a donc plus cette bar­rière hié­rar­chi­que, source inu­tile de malaise à mes yeux.

Il est encore tôt dans l’après-midi, mais le jour tombe rapi­de­ment au creux de la vallée har­ce­lée par la pluie qui redou­ble.

Etant donné que nous allons bien­tôt abor­der la haute mon­ta­gne, notre guide donne les recom­man­da­tions d’usage pour éviter le mal d’alti­tude. Pensif, il ajoute que nous devrons chan­ger de pro­gramme si la pluie conti­nue. Elle pour­rait gâcher notre pro­gres­sion du len­de­main et, en alti­tude, se trans­for­me­rait en neige, ce qui peut effa­cer les traces du chemin menant au Sanctuaire des Annapurnas.

Au moment de se cou­cher, la pluie tombe désor­mais comme à la mous­son. Cela ne nous laisse que peu d’espoir de la voir s’arrê­ter et chacun dans son lit envi­sage l’éventualité désa­gréa­ble de devoir renon­cer au but de l’expé­di­tion. Seul notre doyen est serein !

plantes gelées

Le len­de­main.

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