De Landruk à Chumrung

avril 2009

Au matin, la vue sur l’Annapurna Sud, qui sur­plombe la vallée, est déga­gée. On aper­çoit également, sur la mon­ta­gne d’en face, le vil­lage où nous nous arrê­te­rons au retour de notre péri­ple.

La lodges et l'Annapurna sud

Notre groupe reprend sa marche sur les esca­liers d’ardoi­ses, en des­cente. Nous quit­tons à nou­veau les cultu­res de riz en ter­rasse (les pous­ses sont embryon­nai­res et les bas­sins sont rare­ment rem­plis) pour entrer à nou­veau dans la forêt. Arrivés à la rivière, nous la tra­ver­sons sur un immense pont sus­pendu. Le même manège que la veille se pro­duit, immor­ta­lisé par quel­ques séan­ces de photo.

Nous arri­vons ensuite sur la crête de la mon­ta­gne d’en face. Le lieu du repas de midi est un petit amas de deux ou trois mai­sons nichées au sommet. Nous nous posons sur la ter­rasse qui sur­plombe la vallée pour nous désal­té­rer.

La vallée

La plu­part d’entre nous repar­tent vers une rivière pour aller se bai­gner dans des sour­ces chau­des. Les autres nous atten­dent là pour le déjeu­ner, pro­fi­tant de la pré­sence de tibé­tains qui ven­dent des babio­les pour exer­cer leurs talents au mar­chan­dage. Nous des­cen­dons en direc­tion des sour­ces à vive allure, tra­ver­sant les rayons du soleil qui per­çent la forêt. Il y a ladeux bas­sins en ardoise, nous nous jetons à l’eau. La tem­pé­ra­ture des bas­sins est de 30 ou 40°, ce qui est fort agréa­ble même sous le soleil cui­sant. L’une d’entre nous tes­tera également la tem­pé­ra­ture de la rivière ! Cette petite cure ther­male me sort de l’ambiance mys­ti­que de la forêt, mais nous pre­nons le temps de dis­cu­ter. Nous ne pou­vons nous attar­der trop long­temps et remon­tons vers le res­tau­rant. C’est plus dif­fi­cile, l’eau nous a quel­que peu ramol­lis, mais la faim nous tiraille tant et plus… et le reste du groupe nous attend.

Les nuages sur la valléeAprès le repas, nous repre­nons notre marche à tra­vers l’esca­lier escarpé en nous pres­sant : des nuages venus du haut des mon­ta­gnes recou­vrent main­te­nant la vallée (ce qui devient une habi­tude l’après-midi). A croire que les éléments nous pres­sent inlas­sa­ble­ment de conti­nuer sans pren­dre le temps d’en pro­fi­ter. Nous devons arri­ver avant la pluie.

Au cours de l’après-midi, nous mon­tons jusqu’à l’étape du soir, Chumrung. Notre arri­vée est saluée de façon spec­ta­cu­laire. Notre lodge, tout en haut du vil­lage est entou­rée de nom­breu­ses « guir­lan­des » de dra­peaux à priè­res boud­dhis­tes, brus­que­ment agi­tées par un vent vio­lent qui se lève. Les nuages qui sont cha­hu­tés décou­vrent de temps en temps les som­mets dans le loin­tain. La scène a vrai­ment quel­que chose de sur­na­tu­rel cette fois. La brise rafraî­chit l’air depuis peu et notre guide confirme : nous avons gagné en alti­tude. Fini le climat tro­pi­cal, c’est main­te­nant « tem­péré » et nous auront pro­chai­ne­ment un climat froid de haute mon­ta­gne. Chic, on se rap­pro­che !

L’étage de la lodge n’a de fenê­tres qu’aux cham­bres, les par­ties com­mu­nes et les cou­loirs sont balayés par le vent. Un mas­seur du vil­lage se pré­sente, cer­tains s’ins­cri­vent pour une séance tandis que je pars avec d’autres pour un tour dans le vil­lage. Il n’y a que très peu de com­mer­ces mais… une bou­lan­ge­rie-pâtis­se­rie qui exhibe des pains au cho­co­lat !

De retour à la lodge, un étale est dressé dehors malgré les vents. Elle est tenue par des réfu­giés tibé­tains. Ces gens sont tou­jours entou­rés d’une sorte d’aura ins­pi­rant le res­pect. Là encore, c’est dif­fi­cile à décrire de manière ration­nelle, mais cette impres­sion est très mar­quante en contact des tibé­tains.

Le soir, dans la salle com­mune, d’autres ran­don­neurs sont ras­sem­blés autour de la grande table carrée aux bords tapis­sés de feutre. C’est l’endroit où tous se ras­sem­blent au chaud : il y a un petit groupe de fran­co­pho­nes et deux jeunes russes qui ont l’air enchan­tées des som­mets d’où elles revien­nent. L’ambiance res­sem­ble à une vraie auberge de jeu­nesse, mais qu a ceci de par­ti­cu­lier à l’endroit : la com­mu­ni­ca­tion ver­bale y est res­treinte, l’aven­ture est inté­rieure. Les assis­tants de notre guide nous ser­vent du poulet avec une sauce qui fré­tille dans des auges en bois, tou­jours avec la bonne humeur qui les carac­té­rise…

Comme la veille, nous ne voyons pas beau­coup les por­teurs. La jour­née, ils mar­chent à leur rythme, on ne les croise donc que rare­ment et le soir, ils res­tent avec les népa­lais de l’habi­ta­tion. Plus tard dans la soirée, quel­ques uns s’attar­dent à boire un verre de Cognac. Il faut dire que nos jour­nées se ter­mi­nent assez tôt et, même après une jour­née de marche, il est dif­fi­cile d’espé­rer dormir quand on se couche avant dix heures !

Le len­de­main.

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