Nouvel an à Gandrung

avril 2009

Au matin, je suis réta­bli. Une bonne nuit de som­meil aidant ! Il fait beau et nous pre­nons le petit déjeu­ner sur la ter­rasse car un groupe d’aus­tra­liens occupe la salle com­mune, c’est un plai­sir de la leur lais­ser !

Sur les cheminsLa route que nous pre­nons ensuite bifur­que de l’iti­né­raire que nos avions pris jusqu’à pré­sent. C’est main­te­nant une route très peu fré­quen­tée. Les vil­la­geois que nous ren­controns sont, de fait, peu habi­tués à la pré­sence d’étrangers. Notre pro­gres­sion croise des cara­va­nes de mulets qui trans­por­tent des sacs de riz et des bon­bon­nes de gaz. Leurs char­ge­ments sont lourds et c’est quel­que peu ras­su­rant de voir enfin des bêtes faire le tra­vail de por­teur ! Il est vrai que les che­mins, moins escar­pés, res­sem­blent à des sen­tiers de terre avec quel­ques pier­res ici et là, Pour nous, fini les durs esca­liers pavés d’ardoi­ses lui­san­tes au soleil !

Les pay­sa­ges chan­gent, il n’y a plus de bam­bous, moins de rho­do­den­drons, mais ils regor­gent de fleurs.

Nous sen­tons la fati­gue accu­mu­lée des der­niers jours. Notre rythme ralen­tit dans les mon­tées (même si elles sont moins nom­breu­ses et moins abrup­tes) et nous avons ten­dance à nous éterniser durant les pauses où nous buvons désor­mais plus de bois­sons gazeu­ses sucrées que notre thé habi­tuel (ce qui n’est évidemment pas l’idéal pour le com­merce local). Certains d’entre nous s’essayent à jouer avec les enfants des vil­la­ges aux jeux locaux.

Après le repas, notre guide Anup nous annonce la der­nière grande des­cente dans le fond de la vallée et la der­nière montée de notre ran­don­née. C’est un peu triste, ça sonne l’appro­che de la fin de la ran­don­née. C’est également le der­nier jour de l’année sur le calen­drier népa­lais.

En bas, arri­vés à la rivière, nous tra­ver­sons un nou­veau pont sus­pendu en fer (ce qui nous change des troncs sur­mon­tés de quel­ques pier­res ban­ca­les) et enta­mons une rude montée sur le ver­sant d’en face, menant au vil­lage de notre der­nière lodge.

Ferme à Gandrung Le vil­lage, Gandrung, est magni­fi­que. Il est très grand com­paré aux pré­cé­dents. De nom­breux bovins sont là, des légu­mes pous­sent juste der­rière les mai­sons, des femmes bat­tent le grain dans les cours et les épis sèchent aux bal­cons des étages de mai­sons. La majo­rité des mai­sons res­sem­blent à ce qui nous a servi de lodge ces der­niers jours, on retrouve ici leur uti­lité ori­gi­nelle de gre­nier et il y a d’innom­bra­bles ruel­les.

On trouve aussi un musée d’outils agri­co­les (ce qui montre que ce vil­lage est une sorte d’éco-musée pour les visi­teurs…) et un temple boud­dhiste « muni­ci­pal », notre pre­mier !

Quelle joie de voir un vil­lage si vivant, où on dis­tin­gue plu­sieurs corps de métier. Les hameaux que nous avions vus en haute mon­ta­gne étaient si petits et dans des zones si peu fer­ti­les qu’on pou­vait à peine se rendre compte de l’orga­ni­sa­tion d’un vil­lage népa­lais.

la rue du village de montagneNous nous éparpillons donc, à flâner, à la recher­che de belles photos malgré la lumière fai­blis­sante ou à la ren­contre des enfants du vil­lage qui chan­tent en chœur des hymnes d’alpi­nis­tes, ces héros natio­naux.

Ce vil­lage, comme tou­jours à flanc de mon­ta­gne, regorge de jolies mai­sons et d’une popu­la­tion très tra­di­tion­nelle. Il y a quel­ques bâti­ments moder­nes en par­paings, mais notre regard s’en détourne lors­que nous les aper­ce­vons…

l'école

Notre lodge pro­pose ici un confort dont nous-mêmes ne somme pas habi­tués : il y a des toi­let­tes et une douche (tiède) dans chaque cham­bre double !

LodgeLe soir, c’est fête, tout le monde est convié à la même table : por­teurs, assis­tants, guide et ran­don­neurs. Je suis convié à côté des por­teurs et assis­tants. Même ayant bien sym­pa­thisé avec eux durant notre péri­ple, j’en reste très touché. Parfois avec du mal, on a tou­jours réussi à se com­pren­dre. Ils entre­pren­nent main­te­nant de m’ensei­gner des mots plus sophis­ti­qués de népa­lais. Ma pro­non­cia­tion hasar­deuse trans­forme les phra­ses en expres­sions obs­cè­nes. Mes amis en rient beau­coup, mais ça me décou­rage de pra­ti­quer cette langue plus sérieu­se­ment. Si tout ce monde est ras­sem­blé dans la joie, c’est un peu notre der­nière soirée tous ensem­ble, mais sur­tout, nous célé­brons le der­nier jour de l’année népa­laise 2065 ! Nous buvons donc de l’alcool de café chaud.

Le guide pré­sente au groupe l’ensem­ble de l’équipe des por­teurs, qui ont entre 17 et 36 ans. Il sont en majo­rité fer­miers et arron­dis­sent ainsi les fins de mois de leurs famil­les ou bien finan­cent leurs études.

Après quel­ques verres assez forts, nous dégus­tons un dal bat de luxe. Après ce dîner accom­pa­gné de chants, les assis­tants et por­teurs s’enfuient dans le vil­lage ter­mi­ner l’année avec quel­ques connais­san­ces (ils connais­sent tous les jeunes des vil­la­ges). Je n’ai pas le cou­rage de les suivre.

Le len­de­main.

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