Retour à Chumrong

avril 2009

Ce matin, alors que nous nous levons tôt, comme d’habi­tude, la plu­part de nos voi­sins sont déjà partis. Il reste quel­ques ado­les­cents livi­des, qui ont visi­ble­ment trop fêté la veille. Pourtant, aucun de nous n’a été réveillé pen­dant la nuit ! Nous repre­nons donc notre route par les étapes que nos connais­sons déjà. La moti­va­tion du groupe a quel­que peu baissé depuis que nous avons dépassé notre but. Nous retra­ver­sons les forêts de rho­do­den­drons, par beau temps, ça change des trom­bes d’eau. Les arbres sont tou­jours aussi splen­di­des : les raci­nes cour­bées comme des mèches de che­veux bou­clés s’accro­ches sur des rochers recou­verts de mousse entre les­quels cou­lent de petits ruis­seaux. Les arbres ont plus de fleurs qu’aupa­ra­vant, les bour­geons (rouges) se sont ouverts depuis notre pas­sage à l’aller.

Faune Dans notre groupe qui, d’après les habi­tués, est plutôt homo­gène et d’entente excel­lente, rare sont ceux qui sont venus pour une expé­rience trans­cen­dante. La plu­part n’en sont pas à leur pre­mier voyage en groupe et nous racontent des anec­do­tes sur des par­ti­ci­pants ou sur les contrées qu’ils ont visi­tées. Certains sont très spor­tifs et écoutent de la musi­que ou des émissions de radio préen­re­gis­trées en mar­chant. D’autres pas­sent leurs jour­nées à tout pho­to­gra­phier. D’autres encore, avaient prévu à l’ori­gine de faire un voyage pour faire du yoga et visi­ter des monas­tè­res boud­dhis­tes. Certains sont plus réser­vés que d’autres et ne raconte­ront pas beau­coup de leur vie « nor­male ».

Les assis­tants du guide par­lent par­fois avec l’un d’entre-nous, mais c’est sou­vent pour pra­ti­quer le fran­çais et passer le temps. Etant donné qu’ils ne maî­tri­sent pas très bien l’anglais ou le fran­çais, il m’est sou­vent dif­fi­cile d’avoir une conver­sa­tion plus élaborée avec eux, mais en mar­chant, nous pre­nons le temps et y arri­vons.

Porteurs Ils m’appren­nent plus sur leur vie quo­ti­dienne à Kathmandou, leur tra­vail d’assis­tant-guide, de por­teur par­fois qui est beau­coup plus péni­ble, mais très répandu au Népal pour porter toutes sortes de mar­chan­di­ses pour ravi­tailler les vil­la­ges de mon­ta­gnes sur des sen­tiers où les mulets ne peu­vent s’aven­tu­rer. Le soir, ils me per­met­tent de dia­lo­guer avec les por­teurs (qu’on ne voit que très peu au cours de la jour­née) en faci­li­tant la tra­duc­tion. J’ai de plus en plus ten­dance à rester avec le groupe « des népa­lais ». Et petit à petit, de plus en plus de mem­bres du groupe « des fran­çais » nous rejoi­gnent.

Pont

Après le repas de midi, nous enta­mons une des­cente jusqu’au bas de la rivière et abor­dons la der­nière étape de la jour­née, la tant redou­tée montée des mar­ches (2112) de l’esca­lier qui mène à Chumrong. Ces der­niers jours, devant les crain­tes de cer­tains pour cet exer­cice, j’avais essayé d’en mini­mi­ser l’ampleur psy­cho­lo­gi­que, mais la voilà.

Cultures en étagesAu moment de com­men­cer, le soleil, qui a tou­jours été clé­ment et pro­tec­teur pour nous, a la bonne idée de se cacher der­rière des nuages. Cela permet de sup­por­ter la cha­leur qui est tout de même cani­cu­laire (on est à peine redes­cen­dus de la haute mon­ta­gne pour­tant).

La marche est dure, le groupe s’étire à cause des vites­ses varia­bles de chacun. Nous attei­gnons un pre­mier vil­lage, croyant tou­cher au but, mais on n’est qu’à mi-chemin. Même la tra­ver­sée de celui-ci est longue étant donné qu’il s’étale sur une bonne partie du flanc de la mon­ta­gne.

J’arrive exté­nué, ayant gravi les mar­ches avec trop d’empres­se­ment et pas­se­rai le reste de l’après-midi au lit dans la lodge et à fina­le­ment vomir. J’ai une vio­lente fièvre à cause du peu de som­meil des jours pré­cé­dents, l’alti­tude, l’idée de savoir notre objec­tif der­rière nous et sur­tout la montée trop rapide et ma confiance cette fois exa­gé­rée. Je reste couché alors que le repas com­mence. Je man­que­rai l’expli­ca­tion sur les dif­fé­ren­tes eth­nies qui com­po­sent le Népal.

Visages des campagnes

Le len­de­main.

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