Pour "Ring a Ding Ding", un court-métrage réalisé par Valérie Flores, il y eu un grand nombre d’effets à réaliser en post-production. Parfois, cela était pour la raison qu’ils étaient impossibles à réaliser lors du tournage, parfois pour corriger des erreurs de tournage, mais aussi et surtout pour améliorer le film.

Le film a été tourné en 4k (4096 par 2048 pixels) avec des caméras RED One. La qualité des effets devait être au niveau.

Pour ce plan, la problématique était d’allumer le téléphne car le personnage le saisit, décroche puis passe le téléphne à sa supérieure. On voit clairement sur le plan d’origine qu’avec le téléphone éteint, même avec des bruitages ajoutés, la scène ne fonctionnerait pas dans ce contexte :

Pour donner l’impression que le téléphone portable sonne, il a fallu recréer et lui placer un écran bleuté, ainsi qu’un cercle lumineux en rotation qui change de couleurs au cours du temps. On le voit ainsi sur d’autres plans du film. Il se doit d’être "raccord", qu’il soit identique au même téléphone sur les autres plans du film, sinon, le spectateur pourrait douter que c’est le même téléphone portable.

Le voici sur un autre plan du flim (d’ailleurs, sur cette image le téléphone a été intégralement ajouté en post-production, mais passons.

Initialement, j’ai pu disposer d’une version basse-définition (512 par 256 pixels) des plans à truquer. Ils étaient difficilement exploitables pour y ajouter des effets. La version en très haute définition (4096 par 2048 pixels) a rapidement été disponible. Il était entendu que le format définitif du film serait de 2048 par 1024 pixels. Le mieux était de travailler sur la version avec la définition maximale, quitte à mettre à genous la station de travail !

Ainsi, j’ai fait du "tracking" sur le téléphone. Le tracking consiste à choisir une zone de pixels à fort contraste sur l’image pour qu’un outil puisse suivre fidèlement ses mouvements. Grâce à cette technique, le tracker suit exactement les mouvements de l’objet observé. Selon les besoins, on peu utiliser un, deux ou trois trackers sur des éléments différents de l’image si l’on veut que l’outil mémorise les effets de rotation et/ou de perspective dans la zone suivie. Quand on sait qu’un plan sera truqué, on place des marqueurs très visibles pendant le tournage, qui seront ensuite masqués en post-production. Ceci n’a pas été prévu lors du tournage. Ainsi, le tracking automatique a été difficile à cause du trop faible contraste sur le téléphone portable. Comme les donées de tracking sont indépendants de la couche affichée, il a été possible d’augmenter à l’extrême le contraste de l’image pour faciliter la sensibilité du tracker. Evidemment, les image "normales" on été intercalées par dessus pour que la version sur-contrastée ne soit pas visible comme résultat. Comme les mouvements n’étaient toujours pas parfait, il a fallu retoucher la courbe d’animation par la suite.

L’écran et le cercle ont été associés au mouvement du tracker qu’ils suivent exactement au cours du temps. Sur ce genre de plan, comme le téléphone et la main sont les principaux éléments en mouvement, s’il y a un décalage entre le déplacement du téléphone et l’écran, c’est immédiatement repérable. Les déplacements et l’inclinaisont ont été ajustés. Ensuite, la composition a été rendu puis jouée à vitesse normale pour analyser les défauts. Cette tâche a été répétée de nombreuses fois pour fiare des ajustements, tordre l’écran (et le cercle) ainsi que les cacher lorsqu’ils sont masqué par la main. Ceci jusqu’à ce que tous les mouvements ajoutés soient impeccablement identiques, même avec un agrandissement. Rappelons que le film est conçu pour être projeté sur un grand écran de cinéma !

Pour finir, il faut additionner du grain aux éléments ajoutés, de préférence qui corresponde à la version étalonnée du plan.

Voici le film en entier : "Ring a Ding Ding" (de Valérie Flores, 2012). Le plan que nous avons expliqué est à 13’55".

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