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	<title>Yannis Lehu&#233;d&#233;</title>
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		<title>Yannis Lehu&#233;d&#233;</title>
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		<title>Rwanda : la g&#233;n&#233;ration post-Mitterrand demande des comptes</title>
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&lt;p&gt;Ce 18 juin 2014 paraissait dans Lib&#233; une Tribune &#224; retentissement historique intitul&#233;e sobrement La v&#233;rit&#233; sur le g&#233;nocide des Tutsi. Remarquable par son contenu, par la clart&#233; de ce qu'elle &#233;nonce, cette tribune l'est aussi par ses signataires : on trouve l&#224; l'ensemble des organisations de jeunesses des grands partis politiques de gauche ou du centre. Droite et extr&#234;me-droite se seront abstenues &#8211; ou n'auront peut-&#234;tre m&#234;me pas &#233;t&#233; convi&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les &#233;v&#233;nements de nature &#034;historiques&#034; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-13-mai-1994-+.html" rel="tag"&gt;13 mai 1994&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocide-des-tutsi-+.html" rel="tag"&gt;g&#233;nocide des Tutsi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-generation-mitterrand-+.html" rel="tag"&gt;g&#233;n&#233;ration Mitterrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-bisesero-+.html" rel="tag"&gt;Bisesero&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce 18 juin 2014 paraissait dans &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; une Tribune &#224; retentissement historique intitul&#233;e sobrement &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; sur le g&#233;nocide des Tutsi&lt;/i&gt;. Remarquable par son contenu, par la clart&#233; de ce qu'elle &#233;nonce, cette tribune l'est aussi par ses signataires : on trouve l&#224; l'ensemble des organisations de jeunesses des grands partis politiques de gauche ou du centre. Droite et extr&#234;me-droite se seront abstenues &#8211; ou n'auront peut-&#234;tre m&#234;me pas &#233;t&#233; convi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#233;v&#233;nements de nature &#034;historiques&#034; qu'on enregistre l&#224; &#8211; et on ne craint pas ici de galvauder le mot &#8211;, le fait que ces organisations de jeunesse fassent front contre ce qu'il faudrait appeler ici les organisations de vieillesses, les grands partis dont quasiment aucun n'aura su prendre une position aussi tranch&#233;e sur cette question on ne peut plus difficile et douloureuse de la responsabilit&#233; fran&#231;aise dans le g&#233;nocide des Tutsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les a&#238;n&#233;s se trompent &#8211; presque tous &#8211;, les jeunes voient clair &#8211; presque tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce clivage g&#233;n&#233;rationnel en lui-m&#234;me est un &#233;v&#233;nement consid&#233;rable. Et les auteurs de ce texte en ont conscience lorsqu'ils revendiquent hautement rien de moins que d'incarner le pays &#8211; le vrai, disent-ils &#8211;, certains de repr&#233;senter au moins son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me &#233;v&#233;nement non moins consid&#233;rable est &#224; rechercher dans la nature de leur prise de position qui &#233;l&#232;ve la politique au dessus de la politique, devenant plus que morale, simplement essentielle : &lt;i&gt;&#034; La recherche de la v&#233;rit&#233; sur le g&#233;nocide des Tutsis est pour nous un absolu. Elle ne rel&#232;ve pas d'un compromis dans un rapport de forces politique ou diplomatique, ni d'un soutien politique &#224; un r&#233;gime ou &#224; un gouvernement particuliers. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serment solennel de la g&#233;n&#233;ration post-Mitterrand est la meilleure nouvelle qui ait r&#233;sonn&#233; en France au moins depuis ce 10 mai 1981 o&#249; toute une g&#233;n&#233;ration &#8211; celle de leurs parents &#8211; &#233;tait convoqu&#233;e pour un sinistre malentendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitterrand, le cagoulard, aura r&#233;ussi &#224; tromper bien au-del&#224; de lui, et il aura fallu que tout ce temps passe, et qu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration surgisse, pour qu'enfin l'&#233;vidence de l'absurdit&#233; o&#249; il &#233;tait parvenu &#224; entra&#238;ner son pays &#233;clate &#8211; et dans ce qui est bien mieux qu'un simple sursaut de dignit&#233;, une v&#233;ritable promesse d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On respirerait enfin, apr&#232;s vingt ans d'apn&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris s'&#233;veille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS. A l'instant de mettre en ligne cet article, un ami, bon connaisseur du dossier rwandais, nous fait valoir un point de vue tr&#232;s diff&#233;rent du n&#244;tre : cette tribune que nous encensons p&#233;cherait en omettant ce qu'on sait aujourd'hui de Bisesero. Convenons que ce n'est pas un d&#233;tail, puisque cela fait effectivement plusieurs ann&#233;es que l'enqu&#234;te est ouverte sur l'hypoth&#232;se d'une participation directe de militaires fran&#231;ais au grand massacre du 13 mai 1994, o&#249; environ 50 000 Tutsi, qui parvenaient &#224; r&#233;sister dans ces collines depuis le d&#233;but du g&#233;nocide, seront extermin&#233;s, en grande partie &#224; l'arme lourde, les mitrailleuses et mortiers ayant &#233;t&#233; actionn&#233;s par les experts d&#233;crits comme &#034;blancs&#034; ou &#034;fran&#231;ais&#034; par des dizaines de t&#233;moins. Les premiers r&#233;sultats de cette enqu&#234;te &#233;taient publi&#233;s par Serge Farnel d&#233;j&#224; il y a deux ans, en un gros volume reproduisant pour l'essentiel les retranscriptions des t&#233;moignages recueillis, sous le titre &lt;i&gt;Rwanda, 13 mai 1994 : un massacre fran&#231;ais ?&lt;/i&gt; Il y a deux mois Serge Farnel produisait le compl&#233;ment de cette enqu&#234;te, sous forme d'une chronique des cent jours du g&#233;nocide &#224; &lt;i&gt;Bisesero, le ghetto de Varsovie rwandais&lt;/i&gt;, reconstitu&#233;e &#224; partir de tous les t&#233;moignages existants. Surtout, Bruno Boudiguet livrait en m&#234;me temps les r&#233;sultats de sa contre-enqu&#234;te, sous le titre &lt;i&gt;Vendredi 13 &#224; Bisesero, la question de la participation fran&#231;aise dans le g&#233;nocide des Tutsis rwandais&lt;/i&gt;, faisant le point de la question et mettant un terme aux d&#233;bats. Ce qui n'emp&#234;che que ces avanc&#233;es de la connaissance, qui aggravent singuli&#232;rement l'accusation contre l'arm&#233;e fran&#231;aise, n'ont toujours pas &#233;t&#233; dig&#233;r&#233;es par l'ensemble des sp&#233;cialistes qui peinent &#224; r&#233;viser le cadre g&#233;n&#233;ral de leur critique depuis vingt ans qui consiste &#224; dire, en gros, que la France est certes responsable du soutien sans faille apport&#233; au r&#233;gime g&#233;nocidaire, mais qu'on ne peut incriminer l'arm&#233;e fran&#231;aise d'avoir directement particip&#233; au crime. C'est bien &#233;videmment le caract&#232;re inconcevable de cette accusation qui &#233;carte la plupart des observateurs, dont certains sont capables d'arguties peu s&#233;rieuses pour tenter de contester les r&#233;sultats de l'&#233;norme enqu&#234;te men&#233;e plus que rigoureusement depuis plusieurs ann&#233;es maintenant. L'unanimit&#233; autour de l'appel des organisations de jeunesses des partis politiques serait, selon notre ami, facilit&#233;e par le besoin de limiter l'accusation et d'&#233;carter le scandale &#233;norme du massacre du 13 mai, une des plus sombres dates de l'histoire coloniale. On rel&#232;ve de m&#234;me que la sinc&#233;rit&#233; des militaires qui disent avoir d&#233;sob&#233;i, et que nos jeunes aujourd'hui encensent, a pu &#234;tre mise en doute, et de fa&#231;on fort d&#233;taill&#233;e &#8211; voir notre propre article &#224; ce propos dans la septi&#232;me livraison de la revue &lt;i&gt;la Nuit rwandaise&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; sur le g&#233;nocide des Tutsis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout crime contre l'humanit&#233;, le g&#233;nocide des Tutsis du Rwanda nous concerne. D'autant que ce crime fait aussi partie de l'histoire de notre pays. Notre g&#233;n&#233;ration refuse la loi du silence et r&#233;clame la v&#233;rit&#233;. C'est pourquoi nous irons, ensemble, au Rwanda, o&#249; nous porterons ce message &#224; la soci&#233;t&#233; civile et aux jeunes g&#233;n&#233;rations rwandaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons-le clairement : Paris a soutenu le r&#233;gime g&#233;nocidaire au Rwanda avant, pendant et apr&#232;s le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; contre les Tutsis, qui fit plus de 800 000 victimes entre avril et juillet 1994. Une poign&#233;e de personnalit&#233;s, de droite comme de gauche, situ&#233;es au plus haut niveau de l'appareil d'Etat, endossa au cours du second septennat de Fran&#231;ois Mitterrand, la responsabilit&#233; d'une politique secr&#232;te qui dura, a minima, de 1990 &#224; 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique, qui ne fut jamais discut&#233;e au Parlement, et encore moins devant les Fran&#231;ais, prit la forme d'un soutien politique, militaire et diplomatique envers les extr&#233;mistes rassembl&#233;s dans le mouvement Hutu Power, mouvement dont l'appareil d'Etat fran&#231;ais connaissait la nature structurellement raciste, totalitaire, g&#233;nocidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt ans maintenant, cette poign&#233;e de responsables, croyant ainsi sauver leur honneur, refuse de r&#233;pondre de leurs actes et tente d'obstruer l'&#233;clatement de la v&#233;rit&#233; en tenant un discours de d&#233;ni, voire de n&#233;gationnisme. Les faits sont pourtant &#233;loquents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est &#233;tabli &lt;/strong&gt; que, d'octobre 1990 &#224; la fin 1993, alors m&#234;me que de nombreux t&#233;l&#233;grammes diplomatiques alertaient de la possible extermination totale de la population tutsie au Rwanda, Paris a soutenu les extr&#233;mistes, notamment en formant et en armant la gendarmerie nationale, les forces arm&#233;es et la garde pr&#233;sidentielle qui allaient &#234;tre les fers de lance du g&#233;nocide. Ce soutien, alors direct, ne fut interrompu ni pendant l'extermination ni m&#234;me apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est &#233;tabli&lt;/strong&gt; que le gouvernement putschiste et g&#233;nocidaire fut form&#233; &#224; l'ambassade de France, sous l'&#233;gide de l'ambassadeur de France, au lendemain de l'attentat contre l'avion du pr&#233;sident rwandais, Juv&#233;nal Habyarimana. Ce fut le dernier acte d'un coup d'Etat entam&#233; avec l'attentat et l'assassinat de la Premi&#232;re ministre d&#233;mocrate, Agathe Uwilingiyimana, quelques heures avant la r&#233;union &#224; l'ambassade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est &#233;tabli&lt;/strong&gt; que seules les autorit&#233;s fran&#231;aises ont accept&#233; de recevoir en plein g&#233;nocide, le 27 avril 1994, J&#233;r&#244;me Bicamumpaka, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res du gouvernement g&#233;nocidaire, et Jean-Bosco Barayagwiza, membre fondateur de la funeste Radio Mille Collines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est &#233;tabli&lt;/strong&gt; que l'op&#233;ration Turquoise, lanc&#233;e le 22 juin sous le chapitre VII de l'ONU, ne fut pas, comme cela a &#233;t&#233; officiellement pr&#233;sent&#233;, une op&#233;ration neutre et humanitaire. Certes, les ordres de l'op&#233;ration Turquoise stipulaient qu'il convenait de &lt;i&gt;&#171; faire cesser les massacres &#187;&lt;/i&gt;, mais ils visaient aussi &#224; &lt;i&gt;&#171; r&#233;tablir l'autorit&#233; &#187;&lt;/i&gt; des forces locales &lt;i&gt;&#171; civiles et militaires &#187;&lt;/i&gt; qui venaient de commettre le g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est &#233;tabli&lt;/strong&gt; que, pour se porter au secours des rescap&#233;s, des soldats fran&#231;ais ont d&#251; d&#233;sob&#233;ir aux ordres de l'&#233;tat-major de Turquoise. De cela, les rescap&#233;s des collines de Bisesero, abandonn&#233;s aux milices g&#233;nocidaires trois jours durant par les soldats fran&#231;ais, t&#233;moignent implacablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est &#233;tabli&lt;/strong&gt; que cette op&#233;ration &#171; militaro-humanitaire &#187; a permis de couvrir la retraite vers le Za&#239;re du gouvernement g&#233;nocidaire et des milices, sous la protection de fait d'un contingent qui, malgr&#233; son engagement sous chapitre VII des Nations unies, avait re&#231;u ordre des plus hautes autorit&#233;s politiques et militaires fran&#231;aises de rester l'arme au pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des faits incriminant est longue, fond&#233;e sur des documents officiels, des enqu&#234;tes journalistiques et la mission d'information parlementaire de 1998. Ils disent bien la profondeur de la collaboration entre certains hauts responsables fran&#231;ais et le r&#233;gime auteur du g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt ans, ces hauts responsables se drapent dans &#171; l'honneur de la France &#187; qui serait, disent-ils, mis en cause. Leur rh&#233;torique indigne vise &#224; enr&#244;ler d'autorit&#233; la France tout enti&#232;re afin d'abriter leurs responsabilit&#233;s derri&#232;re son innocence. La question aujourd'hui pos&#233;e est donc simple : cette poign&#233;e de personnalit&#233;s est-elle la France ? A cette question, la France qui vient, celle de notre g&#233;n&#233;ration, r&#233;pond avec fermet&#233; par la n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, dirigeants de jeunesses de partis politiques fran&#231;ais, d'associations de jeunesse, d&#233;fendons et soutenons le devoir de v&#233;rit&#233;, tout de suite. La recherche de la v&#233;rit&#233; sur le g&#233;nocide des Tutsis est pour nous un absolu. Elle ne rel&#232;ve pas d'un compromis dans un rapport de forces politique ou diplomatique, ni d'un soutien politique &#224; un r&#233;gime ou &#224; un gouvernement particuliers. A ceux qui pensent qu'un mensonge national vaut mieux qu'une v&#233;rit&#233; qui met en cause certains Fran&#231;ais, nous disons que la France n'est jamais aussi grande et digne que lorsqu'elle fait face, avec courage et lucidit&#233;, &#224; son pass&#233;. Le travail de v&#233;rit&#233; est une exigence, lever le voile, un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre g&#233;n&#233;ration, toutes tendances politiques r&#233;publicaines confondues, rejette, contre ceux qui tentent de nous l'imposer, l'h&#233;ritage empoisonn&#233; de la Collaboration. Nous combattons l'indiff&#233;rence, le d&#233;ni et le silence d'Etat. La lutte contre le n&#233;gationnisme n'est, pour nous, pas n&#233;gociable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte, nous n'entendons pas laisser une poign&#233;e de hauts responsables parler au nom de la France, donc en notre nom &#224; tous, ni utiliser impun&#233;ment comme bouclier rh&#233;torique une France &#224; qui rien n'a jamais &#233;t&#233; demand&#233;, qui n'y est pour rien. A eux, qui instrumentalisent l'honneur d'un pays et croient sauver le leur en cachant la v&#233;rit&#233;, nous disons que plus le temps passe, plus ils seront jug&#233;s durement par l'histoire et par la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons de ceux qui ont endoss&#233; cette politique criminelle, en premier lieu quand ils font partie de nos formations, qu'ils aient le courage de r&#233;pondre sans faux-fuyants aux questions pr&#233;cises, nourries et factuelles que pose la politique qui fut men&#233;e par Paris. Des zones d'ombre demeurent sur le champ et l'&#233;tendue des responsabilit&#233;s individuelles. Il convient de rentrer dans le d&#233;tail, d'examiner les faits, les multiples preuves. L'ouverture imm&#233;diate des archives s'impose pour permettre aux historiens de travailler sans entraves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous irons &#224; Bisesero inhumer ceux qui y ont &#233;t&#233; extermin&#233;s et rendre hommage &#224; ces soldats fran&#231;ais de Turquoise qui, confront&#233;s &#224; un choix terrible et douloureux, eurent le courage de d&#233;sob&#233;ir aux ordres pour sauver des hommes, des femmes et des enfants vou&#233;s &#224; la mort. Nous voulons par notre pr&#233;sence marquer celle de la France au Rwanda en ces temps de comm&#233;morations, qui s'ach&#232;vent le 4 juillet. Ce qui est en jeu, c'est notre rapport &#224; la v&#233;rit&#233;. C'est notre relation &#224; l'Afrique. C'est notre capacit&#233; &#224; affronter l'histoire. Ce sont nos valeurs d&#233;mocratiques fondamentales. Ce qui est en jeu, c'est l'honneur de notre pays. Le vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paul Morin, Directeur du Mouvement antiraciste europ&#233;en, Egam ; Laura Slimani, pr&#233;sidente des Jeunes socialistes ; Antoine Carette, pr&#233;sident des Jeunes d&#233;mocrates ; Laura Chatel, secr&#233;taire f&#233;d&#233;rale des Jeunes &#233;cologistes ; Lucas N&#233;d&#233;lec, secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral des Jeunes &#233;cologistes ; Nordine Idir, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Mouvement des jeunes communistes de France, et S&#233;lim-Alexandre Arrad, pr&#233;sident des Jeunes radicaux de gauche.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ainsi que Sacha Reingewirtz Pr&#233;sident de l'Union des &#233;tudiants juifs de France (UEJF) Rapha&#235;l Der Agopian Pr&#233;sident de l'Union g&#233;n&#233;rale des Arm&#233;niens de Bienfaisance (Ugab jeunes) Blaise Cueco Coordinateur national de SOS Racisme William Martinet Pr&#233;sident de l'Union nationale des &#233;tudiants de France (Unef) Corentin Durand Pr&#233;sident de l'Union nationale lyc&#233;enne (UNL) Sonia A&#239;chi Pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration ind&#233;pendante et d&#233;mocratique lyc&#233;enne (FIDL).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2014/06/18/la-verite-sur-le-genocide-des-tutsis_1044626&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lib&#233;&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.egam.eu" class="spip_out"&gt;egam&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Que se passe-t-il au Kivu ?</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/que-se-passe-t-il-au-kivu.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno, Michel Sitbon</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte ci-dessous est un appel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contre une politique criminelle mise en &#339;uvre sous nos yeux et sous couvert des meilleures intentions et d'un &#233;pais manteau de d&#233;sinformation. &lt;br class='autobr' /&gt; En 1994, les auteurs du g&#233;nocide des Tutsi du Rwanda se sont r&#233;fugi&#233;s massivement au Kivu &#8211; &#224; l'est du Congo, frontalier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, depuis bient&#244;t vingt ans, sous le nom de FDLR, l'arm&#233;e g&#233;nocidaire rwandaise et les miliciens Interahamwe qui les accompagnent s&#232;ment la terreur dans toute la r&#233;gion, massacrant les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte ci-dessous est un appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre une politique criminelle mise en &#339;uvre sous nos yeux et sous couvert des meilleures intentions et d'un &#233;pais manteau de d&#233;sinformation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1994, les auteurs du g&#233;nocide des Tutsi du Rwanda se sont r&#233;fugi&#233;s massivement au Kivu &#8211; &#224; l'est du Congo, frontalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, depuis bient&#244;t vingt ans, sous le nom de FDLR, l'arm&#233;e g&#233;nocidaire rwandaise et les miliciens Interahamwe qui les accompagnent s&#232;ment la terreur dans toute la r&#233;gion, massacrant les villageois, violant et pillant, ayant pouss&#233; l'horreur jusqu'&#224; ajouter aux viols la syst&#233;matisation des mutilations g&#233;nitales aux fins de st&#233;rilisation des femmes &#8211; dans une perspective g&#233;nocidaire conforme &#224; leur programme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur int&#233;gration dans les forces arm&#233;es de RDC (FARDC) explique en partie le fait que c'est au sein de l'arm&#233;e gouvernementale qu'on identifie les principaux bataillons de violeurs[1]. Par contre, on recourt syst&#233;matiquement &#224; l'accusation en miroir, technique de d&#233;sinformation &#233;l&#233;mentaire, relay&#233;e par les r&#233;seaux fran&#231;africains pour d'obscurs int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques, comme par la propagande du gouvernement de Joseph Kabila, &#224; la suite de celui de son p&#232;re. Et c'est ce qui aura permis d'attribuer la responsabilit&#233; de cette guerre faite aux femmes &#224; l'ensemble des groupes arm&#233;s de la r&#233;gion &#8211; particuli&#232;rement au mouvement politico-militaire d'opposition qu'on appelle M23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;normit&#233; du scandale de ces vingt ann&#233;es de violences laminant l'est du Congo aurait fini par &#233;mouvoir, et, en d&#233;cembre dernier une p&#233;tition internationale[2] sign&#233;e aussi bien par l'ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique, Jacques Chirac, que par la compagne de l'actuel, Val&#233;rie Trierwieler, appelait &#224; ce que l'ONU intervienne plus efficacement au secours de ces femmes martyris&#233;es &#8211; en d&#233;signant comme principaux responsables non les FDLR ou les FARDC, mais le M23 qui les combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, d&#233;but juillet 2013, a &#233;t&#233; mise en place une Brigade d'intervention offensive de la Monusco (Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo) qui, pour la premi&#232;re fois, en vertu de la r&#233;solution 2098 adopt&#233;e par le Conseil de s&#233;curit&#233; en mars dernier, autorise des forces de &lt;i&gt;&#171; maintien de la paix &#187;&lt;/i&gt; de l'ONU &#224;&#8230; faire la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi-juillet, les op&#233;rations militaires ont commenc&#233; entre les parties en pr&#233;sence, les forces arm&#233;es de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (FARDC) ayant engag&#233; le combat contre le M23, avec le renfort des forces g&#233;nocidaires rwandaises et l'appui tactique de la Brigade offensive de la Monusco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport de l'ONU[3] ayant r&#233;cemment fait l'objet d'une fuite confirme que les FARDC collaborent de fa&#231;on &#233;troite avec ces FDLR g&#233;nocidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambassadeur du Rwanda aupr&#232;s des Nations unies, M. Gasana, d&#233;non&#231;ait la semaine derni&#232;re le fait que les officiers de la Brigade d'intervention de la Monusco ont eu plusieurs rencontres de haut niveau avec les responsables des FDLR afin de coordonner leur action, en m&#234;me temps que l'int&#233;gration pouss&#233;e de ces FDLR dans les FARDC dont la Monusco soutient l'action.&lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233;, le M23 a d&#233;nonc&#233; le fait que la Monusco a pu c&#233;der aux FARDC une position strat&#233;gique pour y installer leur artillerie, au risque de voir les populations civiles prises sous le feu[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la r&#233;solution 2098 de l'ONU[5] pr&#233;voyait de proc&#233;der au d&#233;sarmement y compris des FDLR. Or, c'est avec leurs alli&#233;s des FDLR que les FARDC se retrouvent aujourd'hui directement associ&#233;es &#224; la Brigade offensive de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons &#233;galement que cette brigade offensive est compos&#233;e pour un tiers de troupes tanzaniennes, et que la brigade dans son ensemble est sous commandement tanzanien, alors m&#234;me que la Tanzanie ne cache pas sa sympathie envers les forces g&#233;nocidaires que leurs soldats sont appel&#233;s &#224; c&#244;toyer sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des informations faisaient &#233;tat y compris d'approvisionnement en armes et en munitions des FDLR par les troupes tanzaniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ainsi manifeste que l'action de la communaut&#233; internationale prend le risque d'&#234;tre gravement d&#233;voy&#233;e, se portant au secours des violeurs et des g&#233;nocidaires qu'on attendrait qu'elle combatte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est en droit de demander au gouvernement fran&#231;ais, charg&#233; de la direction des forces de maintien de la paix onusiennes, de prendre les mesures qui s'imposent pour que cesse le scandale de ce d&#233;voiement de l'action internationale &#8211; et qu'il mette un terme &#224; l'alliance nou&#233;e, il y a plus de vingt ans maintenant, avec les forces g&#233;nocidaires rwandaises&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;__&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Luigi Elongui, Jean-Luc Galabert, Bruno Gouteux, El Memeyi Murangwa, Michel Sitbon&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe class=&#034;scribd_iframe_embed&#034; src=&#034;http://www.scribd.com/embeds/155594134/content?start_page=1&amp;view_mode=scroll&amp;access_key=key-10oukvpcs8yhou9dgghy&amp;show_recommendations=true&#034; data-auto-height=&#034;false&#034; data-aspect-ratio=&#034;0.708006279434851&#034; scrolling=&#034;no&#034; id=&#034;doc_15907&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;600&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lagencedinformation.com/030-que-se-passe-t-il-au-kivu.html" class="spip_out"&gt;www.lagencedinformation.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#10148; Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Ainsi le rapport de 13 ONG dont la FIDH et un r&#233;seau de 289 ONG congolaises, le RRSSJ &#8211; &lt;i&gt;R&#233;seau pour la r&#233;forme du secteur de la s&#233;curit&#233; et de la justice&lt;/i&gt; &#8211; publi&#233; en avril 2012 et intitul&#233; &lt;i&gt;Prendre position sur la r&#233;forme du secteur de la s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, qui d&#233;signe les forces arm&#233;es congolaises comme la principale menace pour la population civile. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.izuba.info/info/rdc-rapport-prendre-position-sur-la-reforme,723.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.izuba.info/info/rdc-rapport-prendre-position-sur-la-reforme,723.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;i&gt;Une p&#233;tition de notables fran&#231;africains d&#233;nonce l'inaction de l'ONU au Kivu&#8230;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://parisseveille.info/une-petition-de-notables,3170.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://parisseveille.info/une-petition-de-notables,3170.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] UN Group of Experts on the Democratic Republic of the Congo, &lt;i&gt;Midterm Report under resolution 1533&lt;/i&gt;, Inner City Press.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.innercitypress.com/drcsanc0613repicp.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.innercitypress.com/drcsanc0613repicp.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Communiqu&#233; no&#176;47/M23/2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.lagencedinformation.com/027-resolution-2098-de-l-onu.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lagencedinformation.com/027-resolution-2098-de-l-onu.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux jours d'&#233;change et de d&#233;bats sur l'implication fran&#231;aise dans le g&#233;nocide des Tutsi</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/deux-jours-d-echange-et-de-debats.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://yannis.lehuede.org/deux-jours-d-echange-et-de-debats.html</guid>
		<dc:date>2013-04-16T16:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Arm&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;nocide</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;nocides</dc:subject>
		<dc:subject>Paris &amp; &#206;le de France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dimanche 21 et lundi 22 avril 2013 se tiendront au Lavoir Moderne Parisien les premi&#232;res &#171; Rencontres de La Nuit rwandaise &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le proc&#232;s intent&#233; par neuf officiers sup&#233;rieurs de l'arm&#233;e fran&#231;aise contre La Nuit rwandaise et le Nouvel Observateur a &#233;t&#233; annul&#233; en derni&#232;re minute, par d&#233;cision judiciaire intervenue ce 5 avril &#224; la demande du Nouvel Observateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions pr&#233;vu deux journ&#233;es de colloque, en veille de proc&#232;s, pour permettre aux t&#233;moins que la revue La Nuit rwandaise avait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocide-+.html" rel="tag"&gt;g&#233;nocide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocides-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;nocides&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-france-+.html" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-afrique-+.html" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les dimanche 21 et lundi 22 avril 2013 se tiendront au &lt;i&gt;Lavoir Moderne Parisien&lt;/i&gt; les premi&#232;res &#171; Rencontres de La Nuit rwandaise &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s intent&#233; par neuf officiers sup&#233;rieurs de l'arm&#233;e fran&#231;aise contre &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; annul&#233; en derni&#232;re minute, par d&#233;cision judiciaire intervenue ce 5 avril &#224; la demande du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions pr&#233;vu deux journ&#233;es de colloque, en veille de proc&#232;s, pour permettre aux t&#233;moins que la revue &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt; avait cit&#233; &#224; compara&#238;tre pour sa d&#233;fense de s'exprimer. Leur programme a donc &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;les-videos-des-rencontres-0&#034; name=&#034;les-videos-des-rencontres-0&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a id=&#034;a1&#034; name=&#034;a1&#034;&gt;&lt;/a&gt;LES VIDEOS DES RENCONTRES&lt;/h3&gt;
&lt;center&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11clhv&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11clhv_1-perspectives-juridiques_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;1 - Perspectives juridiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11clim&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11clim_2-lettre-de-l-association-cauri_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;2 - Lettre de l'Association Cauri&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11cljd&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11cljd_3-hutu-tutsi-twa-l-histoire-avant-le-genocide_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;3 - &#171; Hutu, Tutsi, Twa &#187;, l'histoire avant le...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11cljy&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11cljy_4-debat-autour-du-film-rwanda-une-intoxication-francaise_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;4 - D&#233;bat autour du film &#034;Rwanda : une...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11clky&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11clky_5-le-genocide-des-tutsi-dans-les-manuels-scolaires_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;5 - Le g&#233;nocide des Tutsi dans les manuels...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11cll3&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11cll3_6-l-attentat-du-6-avril_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;6 - L'attentat du 6 avril&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11cm3j&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11cm3j_7-bosnie-rwanda-la-strategie-genocidaire-de-l-etat-francais_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;7 - Bosnie - Rwanda : la strat&#233;gie g&#233;nocidaire...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11cm3s&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11cm3s_8-la-situation-actuelle-au-kivu_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;8 - La situation actuelle au Kivu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x11cm3w&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x11cm3w_9-des-femmes-contre-la-guerre_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;9 - Des femmes contre la guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ces journ&#233;es s'inscriront dans le cadre de la campagne &#224; mener tout au long de l'ann&#233;e &#224; venir sous l'intitul&#233; : &lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Rwanda : vingt ans, &#231;a suffit !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux journ&#233;es qui nous permettront de faire le point sur l'ensemble des &#233;l&#233;ments nouveaux apparus ces derni&#232;res ann&#233;es qui compl&#232;tent le lourd tableau que la &lt;i&gt;Commission d'enqu&#234;te citoyenne&lt;/i&gt; pouvait d&#233;j&#224; dresser, en 2004, des responsabilit&#233;s fran&#231;aises dans le g&#233;nocide des Tutsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux jours seront &#233;galement l'occasion de r&#233;fl&#233;chir &#224; la mise en &#339;uvre des campagnes qu'il nous faut d&#233;ployer pour marquer le vingti&#232;me anniversaire de ce crime imprescriptible, qui demande toujours, en France, v&#233;rit&#233;, justice et r&#233;parations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous appelons les individus, collectifs et associations travaillant &#224; la mise en lumi&#232;re des responsabilit&#233;s fran&#231;aises dans le g&#233;nocide des Tutsi, ainsi que ceux qui s'engagent en soutien des rescap&#233;-e-s, &#224; venir d&#233;battre et &#233;changer, pour r&#233;fl&#233;chir ensemble aux moyens et objectifs &#224; mettre en &#339;uvre et &#224; atteindre en vue de ce vingti&#232;me anniversaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s le g&#233;nocide et alors que les responsabilit&#233;s de l'&#201;tat fran&#231;ais dans ce g&#233;nocide sont d&#233;sormais ind&#233;niables, il faut mettre un terme au n&#233;gationnisme d'&#201;tat qui se refuse toujours &#224; les reconna&#238;tre et &#224; les prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est indispensable &#224; cette fin d'obtenir l'ouverture des archives aux chercheurs et aux citoyens et donc la lev&#233;e du secret d&#233;fense dont on ne peut accepter qu'il serve &#224; couvrir les &#233;ventuelles complicit&#233;s et les responsabilit&#233;s engag&#233;es dans la pr&#233;paration et l'ex&#233;cution d'un g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s les faits il est grand temps que justice se fasse. Nous appelons ainsi &#224; la plus large mobilisation pour que des moyens techniques et mat&#233;riels soient rassembl&#233;s afin de recourir aux tribunaux, sans attendre une reconnaissance politique qui tarde trop &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, vingt ans apr&#232;s, il est essentiel que la question des n&#233;cessaires r&#233;parations cesse d'&#234;tre une abstraction, et que tout le possible soit fait pour que les rescap&#233;s ne demeurent pas plus longtemps dans l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; qu'ils connaissent depuis qu'ils ont perdu toutes leurs familles et tous leurs biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les objectifs de ce vingti&#232;me anniversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous invitons ceux qui veulent participer &#224; la r&#233;flexion sur ces questions essentielles &#224; se r&#233;unir, les 21 et 22 avril, au &lt;i&gt;Lavoir Moderne Parisien&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 21 avril, &#224; partir de 15 heures, se tiendra une table ronde r&#233;unissant juristes et militants pour envisager la &lt;strong&gt;question judiciaire&lt;/strong&gt; sous tous ses aspects : les poursuites envers les g&#233;nocidaires rwandais et les plaintes des rescap&#233;-e-s contre les responsables fran&#231;ais, mais aussi la possibilit&#233; de demander des r&#233;parations &#224; la justice ind&#233;pendamment de toute reconnaissance politique, des conditions de possibilit&#233; d'ouverture de nouvelles proc&#233;dure pour les relax&#233;s d'Arusha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 18 heures, seront abord&#233;s les &lt;strong&gt;aspects politiques&lt;/strong&gt; : sont convi&#233;es &#224; cette r&#233;union toutes forces politiques et associatives susceptibles d'agir ensemble pour atteindre ces objectifs, dans l'id&#233;e de r&#233;fl&#233;chir au programme de cette ann&#233;e de mobilisation et de sensibilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e du 21 avril conclura les d&#233;bats de cette journ&#233;e de dimanche, avec spectacle, projections ou simples conversations autour d'un verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la deuxi&#232;me journ&#233;e, le lundi 22 avril, sera pr&#233;sent&#233;e la septi&#232;me livraison de notre revue annuelle, &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt;, consacr&#233;e &#224; l'implication fran&#231;aise dans le g&#233;nocide des Tutsi. Divers contributeurs &#224; la revue pr&#233;senteront l&#224; leurs travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seront &#233;galement invit&#233;s toutes les personnes, journalistes ou chercheurs, ayant fait avancer la connaissance des responsabilit&#233;s fran&#231;aises afin d'exposer les r&#233;sultats de leurs recherches.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;les-responsabilites-francaises-1&#034; name=&#034;les-responsabilites-francaises-1&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a id=&#034;a2&#034; name=&#034;a2&#034;&gt;&lt;/a&gt;LES RESPONSABILIT&#201;S FRAN&#199;AISES&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 avril&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 15 h - aspects juridiques&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 16 h 30 - projection d&#233;bat autour du film &lt;i&gt;Rwanda - Une intoxication fran&#231;aise&lt;/i&gt; de Catherine et Philippe Lorsignol&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 18 h - aspects politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Soir&#233;e - spectacles, projections et &#233;changes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 avril&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de 11 h - Pr&#233;sentation du 7eme num&#233;ro de La Nuit rwandaise et des travaux et recherches sur les responsabilit&#233;s fran&#231;aises dans le g&#233;nocide des Tutsi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 22 avril, &#224; partir de 10 heures, seront convi&#233;s &#224; pr&#233;senter leurs travaux toutes les personnes - auteurs, journalistes, r&#233;alisateurs ou chercheurs - ayant fait avancer la connaissance sur le g&#233;nocide des Tutsi du Rwanda et la lutte contre le n&#233;gationnisme et la perp&#233;tuation des id&#233;ologies et des pratiques qui l'ont rendu possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les personnes pr&#233;sentes seront invit&#233;es &#224; signer l'Appel initi&#233; par l'association &lt;i&gt;Ibuka&lt;/i&gt; pour la cr&#233;ation d'un lieu de m&#233;moire &#224; Paris.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;genocide-des-tutsi-etat-des-connaissances-2&#034; name=&#034;genocide-des-tutsi-etat-des-connaissances-2&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a id=&#034;a3&#034; name=&#034;a3&#034;&gt;&lt;/a&gt;LE G&#201;NOCIDE DES TUTSI - Etat des connaissances&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 avril &amp; 22 avril&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de10 h - Table de presse : livres, dvds, brochures - sur le g&#233;nocide des Tutsi et le Rwanda| Rencontres avec les auteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 avril&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 14 h - Discussion : &#171; Hutu, Tutsi, Twa &#187;, l'histoire avant le g&#233;nocide&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 15 h - Table ronde sur le soutien aux rescap&#233;-e-s : De l'aide aux r&#233;parations ? - Compte-rendu de la table ronde du 21 avril sur les aspects juridiques et discussion inter-associative&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 16 h - Table ronde sur le n&#233;gationnisme : moyens d'actions &amp; &#233;ducation : Un Observatoire du n&#233;gationnisme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 17 h - Table ronde sur la situation au Kivu (RDC)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 18 h - Pour un lieu de M&#233;moire du g&#233;nocide des Tutsi &#224; Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programme susceptible d'&#233;voluer&lt;/strong&gt; : pour &#234;tre inform&#233;-e des modifications &#233;ventuelles consultez le site de &lt;a href=&#034;http://www.lanuitrwandaise.org/revue/premieres-rencontres-de-la-nuit,344.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe class=&#034;scribd_iframe_embed&#034; src=&#034;http://www.scribd.com/embeds/135759213/content?start_page=1&amp;view_mode=scroll&amp;access_key=key-j6djizahzy6f14mr34x&#034; data-auto-height=&#034;false&#034; data-aspect-ratio=&#034;0.708006279434851&#034; scrolling=&#034;no&#034; id=&#034;doc_53045&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;600&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programme susceptible d'&#233;voluer&lt;/strong&gt; : pour &#234;tre inform&#233;-e des modifications &#233;ventuelles, inscrivez-vous &#224; l'aide du formulaire ci-dessous ou consultez le site de &lt;a href=&#034;http://www.lanuitrwandaise.org/revue/premieres-rencontres-de-la-nuit,344.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
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&lt;p&gt;35 rue L&#233;on 75018 Paris&lt;/p&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rwanda : des r&#233;v&#233;lations qui n'int&#233;ressent personne !</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/rwanda-des-revelations-qui-n.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://yannis.lehuede.org/rwanda-des-revelations-qui-n.html</guid>
		<dc:date>2013-01-28T03:58:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Sitbon</dc:creator>


		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;nocide</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De jeudi &#224; lundi, quatre jours pleins auront pass&#233; sans que la presse s'avise du document explosif publi&#233; le 24 janvier par Le Parisien, en fac simil&#233;, une lettre, adress&#233;e au capitaine Paul Barril, le 27 avril 1994, vingt jours apr&#232;s le d&#233;but du g&#233;nocide des Tutsi du Rwanda, par le ministre de la d&#233;fense du gouvernement int&#233;rimaire form&#233; pour mettre en &#339;uvre le g&#233;nocide. Est &#034;confirm&#233;&#034; l&#224; &#034;l'accord&#034; du ministre &#034;pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/-politiques-coloniales-.html" rel="directory"&gt;Politiques coloniales&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocide-+.html" rel="tag"&gt;g&#233;nocide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De jeudi &#224; lundi, quatre jours pleins auront pass&#233; sans que la presse s'avise du document explosif publi&#233; le 24 janvier par &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, en fac simil&#233;, une lettre, adress&#233;e au capitaine Paul Barril, le 27 avril 1994, vingt jours apr&#232;s le d&#233;but du g&#233;nocide des Tutsi du Rwanda, par le ministre de la d&#233;fense du gouvernement int&#233;rimaire form&#233; pour mettre en &#339;uvre le g&#233;nocide. Est &#034;confirm&#233;&#034; l&#224; &#034;l'accord&#034; du ministre &#034;pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux c&#244;t&#233;s des Forces Arm&#233;es Rwandaises&#034; &#8211; pendant le g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document a &#233;t&#233; trouv&#233; cet &#233;t&#233;, parmi d'autres, lors de perquisitions entreprises par le juge Tr&#233;vidic dans les diff&#233;rents domiciles de Paul Barril. Comme la &#034;source judiciaire&#034; l'explique &#224; Elisabeth Fleury, du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt;, &#034;Barril, &#224; cette &#233;poque, c'est la France&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un colloque sur le n&#233;gationnisme, qui tombait &#224; point nomm&#233;, ce dimanche, &#224; Paris, intervenait Patrick de Saint-Exup&#233;ry. Ancien grand reporter au Figaro, il est actuellement directeur de la revue XXI, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; l'auteur en 1998 d'une s&#233;rie d'articles qui ont provoqu&#233; l'ouverture d'une enqu&#234;te parlementaire sur le r&#244;le de la France au Rwanda. On lui doit aussi, en 2004, un des ouvrages les plus &#233;clairants sur la question, &lt;i&gt;L'Inavouable&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions des Ar&#232;nes, dont la r&#233;&#233;dition, sous le titre &lt;i&gt;Complices de l'inavouable&lt;/i&gt; &#8211; sur la couverture de laquelle figurent les noms de responsables politiques et militaires &#8211;, est l'objet de poursuites de la part d'officiers sup&#233;rieurs fran&#231;ais qui sont intervenus au Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tant qu'ancien reporter &#8211; accessoirement laur&#233;at du prix Albert Londres &#8211;, ayant travaill&#233; pr&#232;s de vingt ans dans un quotidien, que Patrick de Saint-Exup&#233;ry pouvait s'&#233;tonner de ce silence de la presse &#034;qui ne fait pas son travail&#034;, suite &#224; la publication d'un document aussi important dont la reprise n'a &#233;t&#233; assur&#233;e nulle part, hormis sur le site de &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;, par Mehdi Ba, auteur de &lt;i&gt;Rwanda, un g&#233;nocide fran&#231;ais&lt;/i&gt;, et sur le blog Afrikarabia de &lt;i&gt;Courrier international&lt;/i&gt;, par Jean-Fran&#231;ois Dupaquier, &#233;galement auteur de plusieurs livres sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni les radios ou les t&#233;l&#233;s, ni les quotidiens&#8230; Ni &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, ni &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, ni le &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, n'auront daign&#233; informer leurs lecteurs de cette &#034;fuite&#034; judiciaire sous forme d'un document &#034;accablant&#034;, ainsi que titre justement &lt;i&gt;le Parisien&lt;/i&gt;. Si &#034;accablant&#034;, qu'&#034;accabl&#233;s&#034; les journalistes auront pr&#233;f&#233;r&#233; se taire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie ce document ? Il est &#233;tonnamment explicite. Tout aussi &#233;tonnant, le fait que Paul Barril ait pris soin de conserver une preuve de sa participation directe &#224; un crime imprescriptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que le rel&#232;ve Jean-Fran&#231;ois Dupaquier, sur le site Afrikarabia, ce n'est pas le seul document de cette nature. On avait d&#233;j&#224; connaissance, depuis le rapport de Human rights watch, &lt;i&gt;Aucun t&#233;moin ne doit survivre&lt;/i&gt;, de &#034;l'op&#233;ration insecticide&#034;, pour laquelle Paul Barril avait sign&#233; un autre contrat avec les autorit&#233;s g&#233;nocidaires rwandaises. Dupaquier produit un autre document &lt;i&gt;[voir ci-apr&#232;s]&lt;/i&gt;, retrouv&#233; lui dans les archives du gouvernement rwandais, en date du 28 mai 1994, un autre contrat de mercenariat, portant cette fois sur une vingtaine d'hommes &#034;sp&#233;cialis&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne disposerait donc de rien de moins que trois contrats certifiant que Paul Barril a particip&#233; de pr&#232;s &#224; l'effort de guerre de ce gouvernement qui pratiquait la guerre totale contre une partie de la population &#8211; et qui fera un bon million de morts, pour la plupart massacr&#233;s dans des conditions effroyables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relevons qu'&#224; ce jour aucune poursuite judiciaire n'a &#233;t&#233; engag&#233;e contre Paul Barril, et que cela constitue d&#233;j&#224; en soi une lourde anomalie. L'ancien chef du GIGN serait aujourd'hui en Angleterre, et on peut supposer qu'il n'est pas press&#233; de reposer le pied sur le sol fran&#231;ais, au vu de l'&#233;volution de l'enqu&#234;te du juge Tr&#233;vidic. Il n'est pas s&#251;r toutefois qu'il soit &#224; l'abri d'une extradition &#8211; et peut-&#234;tre demandera-t-il alors l'asile &#224; l'ambassade du Qatar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que Paul Barril pourrait aussi avoir &#224; r&#233;pondre de ses actes post&#233;rieurs au g&#233;nocide des Tutsi, en R&#233;publique centrafricaine, sous la pr&#233;sidence d'Ange Patass&#233;. Il y officiait alors en tant que responsable de la s&#233;curit&#233;, et c'est sous ses ordres qu'agisssait Jean-Pierre Bemba, aujourd'hui poursuivi devant la Cour p&#233;nale internationale pour son action d'alors au Centrafrique. La cour supr&#234;me de Bangui, dans un arr&#234;t en date du 11 avril 2006, avait d'ailleurs transmis le dossier de Barril &#224; la CPI, et il aura fallu une intervention du gouvernement fran&#231;ais aupr&#232;s du procureur de cette cour internationale pour que son dossier soit opportun&#233;ment oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; &#224; son sujet lors d'une pr&#233;sentation de livre qui se tenait &#224; Ivry sur Seine jeudi soir, son coll&#232;gue du GIGN, Thierry Prungnaud &#8211; co-auteur avec Laure de Vulpian d'un livre qui vient de para&#238;tre sur le sujet, &lt;i&gt;Silence Turquoise&lt;/i&gt; &#8211;, r&#233;pondait sans h&#233;siter que &#034;c'est un type bien&#034;, &#034;il en a entre les jambes&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi donc ce &#034;type bien&#034; aurait-il commis cette b&#233;vue de d&#233;butant en laissant autant de traces &#233;crites d'op&#233;rations criminelles, par d&#233;finition ultra-secr&#232;tes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emettons ici l'hypoth&#232;se que cela puisse &#234;tre parce que Barril aura alors servi de couverture &#224; la v&#233;ritable op&#233;ration ultra-secr&#232;te, ex&#233;cut&#233;e par le COS, le commandement des op&#233;rations sp&#233;ciales, sous l'autorit&#233; directe du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, alors Fran&#231;ois Mitterrand, avec son chef d'&#233;tat-major particulier, le g&#233;n&#233;ral Quesnot, et le chef d'&#233;tat-major des arm&#233;es, l'amiral Lanxade. Cette op&#233;ration consistait &#224; pr&#234;ter assistance au gouvernement int&#233;rimaire rwandais, apr&#232;s la mort du g&#233;n&#233;ral Habyarimana, apr&#232;s le retrait officiel de toutes les forces fran&#231;aises, intervenu le 14 avril, et avant leur retour officiel avec l'op&#233;ration Turquoise, fin juin. Pendant les trois mois du g&#233;nocide, il y avait au Rwanda des soldats fran&#231;ais qui poursuivaient le travail d'assistance qu'ils avaient engag&#233; aupr&#232;s des Forces arm&#233;es rwandaises depuis 1990. Pendant le g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On disposait d&#233;j&#224; d'un ensemble d'informations dans ce sens, avec l'enqu&#234;te de Serge Farnel, publi&#233;e en 2012 conjointement par les &#233;ditions Aviso et l'Esprit frappeur, qui recueille des dizaines de t&#233;moignages, reproduits in extenso, sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.rwanda13mai1994.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rwanda, le 13 mai : un massacre fran&#231;ais ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; Ce 13 mai 1994 a eu lieu un des plus grands massacres : selon les estimations sont morts ce jour-l&#224; vingt &#224; cinquante mille Tutsi, qui parvenaient &#224; r&#233;sister depuis d&#233;but avril &#224; l'arm&#233;e rwandaise et &#224; ses miliciens, et qui seront d&#233;bord&#233;s par un d&#233;ploiement de forces inhabituel, b&#233;n&#233;ficiant d'un appui d'artillerie particuli&#232;rement efficace. Les t&#233;moins rapportent que ces batteries de mortiers &#233;taient tenues par des soldats &#034;blancs&#034;, identifi&#233;s comme fran&#231;ais par une partie d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que la premi&#232;re pr&#233;sentation de cette enqu&#234;te de Serge Farnel dans la presse internationale est parue le 26 f&#233;vrier 2010, dans le &lt;a href=&#034;http://www.rwanda13mai1994.net/IMG/pdf/2010-02-26_wsj_Rwanda_s_genocide_-_the_untold_story.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Wall street journal&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Sans aucune reprise dans la presse fran&#231;aise, hormis une tribune dans &lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/05/13/rwanda-le-13-mai-1994-par-serge-farnel_1350541_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;[Voir ci-dessous]&lt;/i&gt;, le 13 mai 2010, dans laquelle Farnel pr&#233;sentait lui-m&#234;me les r&#233;sultats de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce silence assourdissant qui couvre ces informations, suivant lesquelles des soldats fran&#231;ais auraient particip&#233; directement &#224; un des plus grands massacres du g&#233;nocide des Tutsi, s'explique en partie par un d&#233;bat qui aura divis&#233; la petite communaut&#233; des experts de la question de l'implication fran&#231;aise, certains se refusant &#224; admettre que celle-ci ait pu aller si loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents publi&#233;s par &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; et par &lt;i&gt;Afrikarabia&lt;/i&gt; apportent une nouvelle lumi&#232;re sur ces informations. D&#232;s le d&#233;part, la question a pu se poser de savoir si ces soldats &#034;blancs&#034;, &#034;fran&#231;ais&#034;, ne pouvaient pas &#234;tre des mercenaires. Les contrats de Paul Barril d'une part confirment un engagement fran&#231;ais de ce niveau, d'autre part tendent &#224; r&#233;pondre &#224; la question : ce ne serait pas l'arm&#233;e fran&#231;aise elle-m&#234;me, mais des mercenaires ayant &#034;d&#233;riv&#233;&#034;, comme le sugg&#232;re Christian Prouteau, l'ancien patron de Barril au GIGN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Prouteau sait tr&#232;s bien pourtant que les contrats de mercenariat engag&#233;s par des entreprises de s&#233;curit&#233; fran&#231;aises sont tous soumis &#224; l'accord du minist&#232;re de la D&#233;fense, sous le contr&#244;le tr&#232;s strict de la DSPD (la S&#233;curit&#233; militaire), sans l'aval de laquelle ils ne peuvent d'aucune fa&#231;on op&#233;rer. Celui-ci est indispensable ne serait-ce que pour transporter des armes, la DPSD ayant, entre autres fonctions, celle de surveiller les trafics d'armements &#8211; et de mercenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait de plus que le milieu du mercenariat fran&#231;ais est extr&#234;mement li&#233; aux services secrets et &#224; l'arm&#233;e. Paul Barril n'en est qu'un des innombrables exemples. De travailler &#224; titre priv&#233; ne l'aura d'ailleurs pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre promis au grade de commandant, apr&#232;s ses prestations au Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est douteux toutefois que Paul Barril, quelle que soit l'envergure de ses activit&#233;s, ait pu, le 27 avril 1994, mobiliser en catastrophe un millier d'hommes pour les envoyer au Rwanda. Ces documents attestent indubitablement de sa proximit&#233; du groupe g&#233;nocidaire rwandais, pour lequel il aura servi d'homme &#224; tout faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que Paul Barril a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; comme ayant pu participer &#224; l'attentat dont fut victime le Pr&#233;sident Habyarimana, le 6 avril 1994, mettant le feu aux poudres du programme g&#233;nocidaire. C'est &#224; ce titre d'ailleurs que le juge Tr&#233;vidic enqu&#234;te, dans le cadre d'une instruction visant &#224; &#233;tablir les responsabilit&#233;s dans cet attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barril nous apprend qu'il entretenait des relations &#233;troites avec les autorit&#233;s rwandaises d&#232;s 1990, avant m&#234;me l'intervention fran&#231;aise d'octobre. Comme on sait, ainsi qu'il le confirme, qu'il agissait pour le compte de Fran&#231;ois de Grossouvre, conseiller sp&#233;cial du Pr&#233;sident Mitterrand, cela permet de penser que Mitterrand aurait pu pr&#233;parer cette intervention &#8211; au contraire de la version g&#233;n&#233;ralement admise qui voudrait qu'elle se soit d&#233;clench&#233;e spontan&#233;ment, en r&#233;action &#224; la r&#233;bellion du FPR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; pu s'&#233;tonner de ce que le dispositif complet des troupes fran&#231;aises, qui fonctionnera jusqu'au g&#233;nocide, &#233;tait en place d&#232;s le premier jour de cette intervention. Et, d&#232;s le premier jour, &#233;tait lanc&#233;e la chasse au Tutsi, d&#233;j&#224; d&#233;fini comme &#034;l'ennemi int&#233;rieur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Barril, qu'on a appel&#233; un temps &#034;le gendarme de l'Elys&#233;e&#034;, a publi&#233; des m&#233;moires de cette p&#233;riode sous le titre explicite : &#034;Les guerres secr&#232;tes de l'Elys&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au nom de cette &#034;guerre secr&#232;te&#034; que, de 1990 &#224; aujourd'hui, Paul Barril a fid&#232;lement servi les int&#233;r&#234;ts du groupe g&#233;nocidaire. Il &#233;tait l&#224; avant l'intervention fran&#231;aise, il sera toujours l&#224; apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick de Saint-Exup&#233;ry relevait que le 27 avril 1994, date du document publi&#233; par &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, &#233;tait aussi le jour o&#249; des repr&#233;sentants du gouvernement g&#233;nocidaire rwandais &#233;taient re&#231;us &#224; Paris, &#224; Matignon et &#224; l'Elys&#233;e. Averti de cette visite, le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration internationale des droits de l'homme, Daniel Jacoby, avait suppli&#233; l'Elys&#233;e de ne pas faire une telle chose. D'accepter de recevoir des individus dont on savait d&#233;j&#224; qu'ils avaient entrepris un g&#233;nocide &#233;tait un encouragement au crime que la FIDH demandait aux autorit&#233;s fran&#231;aises d'&#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t dix-neuf ans, on en est toujours au m&#234;me point. De rares voix se scandalisent du fait que la France, repr&#233;sent&#233;e par son Pr&#233;sident de la R&#233;publique, Fran&#231;ois Mitterrand, son Premier ministre, Edouard Balladur et son ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Alain Jupp&#233;, aient pu ainsi apporter sa b&#233;n&#233;diction au dernier g&#233;nocide du XX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, aujourd'hui, nul ne semble s'&#233;mouvoir de ce que la France ait pu apporter un soutien militaire direct fran&#231;ais &#224; la plus effroyable entreprise criminelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris s'&#233;veille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Exclusif.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rwanda : des pi&#232;ces accablantes pour la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des documents saisis chez le capitaine Paul Barril apportent de nouvelles preuves sur le r&#244;le de la France dans le g&#233;nocide tutsi, en1994,auRwanda.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une lettre de quelques lignes, tap&#233;e &#224; la machine. Sign&#233;e par Augustin Bizimana, le ministre de la D&#233;fense rwandais, elle est adress&#233;e &lt;i&gt;&#171; au Capitaine Paul Barril &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Monsieur,&#8230; la situation dans mon pays devient de plus en plus critique&#8230; Vu l'&#233;volution actuelle du conflit, je vous confirme mon accord pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux c&#244;t&#233;s des Forces Arm&#233;es Rwandaises. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La missive insiste sur &#171; l'urgence &#187; de la requ&#234;te. Elle est dat&#233;e du 27 avril 1994.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette date, le g&#233;nocide rwandais a commenc&#233; depuis trois semaines. Depuis que, le 6 avril, l'avion du pr&#233;sident Juv&#233;nal Habyarimana a &#233;t&#233; abattu. Les Hutus, accusant les Tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) d'avoir commis l'attentat, lancent un effroyable g&#233;nocide. Hommes, femmes, vieillards, enfants : en quatre mois, essentiellement &#224; coups de machette, ils massacrent 800000 Tutsis (&#233;valuation de l'ONU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3M$ de factures d'armes, de munitions et d'hommes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s l'attentat contre le pr&#233;sident rwandais, une enqu&#234;te est ouverte en France pour d&#233;terminer qui a abattu l'a&#233;ronef. Tr&#232;s rapidement, en d&#233;pit des tr&#232;s nombreuses contradictions et insuffisances de ses investigations, le juge Brugui&#232;re accuse le FPR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, depuis que son successeur Marc Tr&#233;vidic a repris le dossier, les cartes ont &#233;t&#233; enti&#232;rement rebattues. Le r&#244;le des autorit&#233;s fran&#231;aises dans le g&#233;nocide appara&#238;t particuli&#232;rement ambigu. A ce titre, la lettre au capitaine Barril, r&#233;cemment vers&#233;e au dossier et dont nous nous sommes procur&#233; la copie, est saisissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il est sollicit&#233; par le ministre de la D&#233;fense rwandais, le capitaine Barril n'est pas n'importe qui. &lt;i&gt;&#171; Paul Barril, &#224; cette &#233;poque, c'est la France, r&#233;sume une source judiciaire. Faire appel &#224; lui, c'est faire appel &#224; la France. &#187;&lt;/i&gt; Ancien patron du GIGN, cela fait d&#233;j&#224; plusieurs ann&#233;es que, avec sa soci&#233;t&#233; Secrets, Barril travaille dans l'ombre, &#224; la demande de Fran&#231;ois de Grossouvre (un conseiller de Mitterrand), pour le gouvernement rwandais. Officiellement, Barril est d'abord charg&#233; d'&#171; une mission d'infiltration &#187; au service du gouvernement rwandais, avant d'&#234;tre sollicit&#233; par la veuve Habyarimana pour enqu&#234;ter sur les auteurs de l'attentat. Officieusement, son r&#244;le est nettement plus discutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; dernier, &#224; la demande du juge Tr&#233;vidic, une s&#233;rie de perquisitions men&#233;es chez Barril et aupr&#232;s de son entourage ont permis de mettre la main sur des documents accablants. Outre la demande de 1000 mercenaires, les enqu&#234;teurs ont r&#233;cup&#233;r&#233; des factures d'armes, de munitions et d'hommes, li&#233;es &#224; &lt;i&gt;&#171; un contrat d'assistance &#187;&lt;/i&gt; pass&#233; entre Barril et le gouvernement rwandais et dat&#233; du 28 mai 1994. Cartouches, obus, mortiers, grenades&#8230; le montant global d&#233;passe les 3 M$. Le 20 d&#233;cembre dernier, le juge Tr&#233;vidic interroge le capitaine Barril sur ces documents. Le contrat d'assistance ? &lt;i&gt;&#171; Cela n'a jamais exist&#233; &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;tend l'int&#233;ress&#233;. Les factures ? &lt;i&gt;&#171; Cela ne s'est jamais fait. &#187;&lt;/i&gt; Paul Barril, qui se pr&#233;sente d&#233;sormais comme conseiller aupr&#232;s des autorit&#233;s qatariennes, a une expression pour r&#233;sumer tout cela : &lt;i&gt;&#171; C'est de la mayonnaise africaine. &#187;&lt;/i&gt; Une mayonnaise de pr&#232;s d'un million de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : Le Parisien]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vendredi, 25 janvier 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rwanda-EXCLUSIF :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre document implique Paris dans le g&#233;nocide des Tutsis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les r&#233;v&#233;lations du Parisien, Afrikarabia apporte un autre document accablant contre le capitaine de gendarmerie fran&#231;ais Paul Barril. Il appara&#238;t plus que jamais comme l'homme de main de Paris dans le g&#233;nocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;&#171; Contrat d'assistance &#187;&lt;/i&gt; retrouv&#233; dans les archives de l'ancien gouvernement g&#233;nocidaire &#224; Kigali, capitale du Rwanda, est dat&#233; du 28 mai 1994. Il est sign&#233; du &lt;i&gt;&#171; Capitaine Barril &#187;&lt;/i&gt;, &#233;lisant domicile &#224; sa soci&#233;t&#233; SECRETS, 12, avenue de la Grande Arm&#233;e, dans le XVe arrondissement de Paris, et porte une seconde signature : &lt;i&gt;&#171; Son Excellence Monsieur le Premier Ministre &#187;&lt;/i&gt; Jean Kambanda. Ce dernier n'&#233;tait pas une oie blanche : il purge aujourd'hui une peine de prison &#224; perp&#233;tuit&#233; pour son r&#244;le dans le g&#233;nocide des Tutsis et le massacre des Hutus d&#233;mocrates en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date n'est pas insignifiante. Au 28 mai 1994, deux mois apr&#232;s le d&#233;but du g&#233;nocide, le Rwanda &#233;tait un charnier &#224; ciel ouvert. Dans ce pays grand comme la Belgique, plus de 900 000 personnes avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; assassin&#233;es, hommes, femmes, enfants, b&#233;b&#233;s, vieillards. Les tueurs fanatis&#233;s avaient souvent pr&#233;c&#233;d&#233; de s&#233;vices atroces l'ex&#233;cution de tous ces civils sans d&#233;fense, uniquement coupables d'&#234;tre n&#233;s tutsis. Mais l'horreur, ou la simple morale, ne semblaient pas la pr&#233;occupation majeure de capitaine en disponibilit&#233; Paul Barril. Il &lt;i&gt;&#171; s'engage &#224; fournir une aide sur le plan humain et mat&#233;riel au Rwanda &#187;&lt;/i&gt;. Sur le plan humain, &lt;i&gt;&#171; 20 hommes sp&#233;cialis&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire 20 mercenaires. Sur le plan mat&#233;riel, l'&#233;quipement sophistiqu&#233; de ces mercenaires, et surtout des cartouches de Kalachnikov et de mitrailleuses, par millions, des obus, des grenades par milliers&#8230; A ce niveau, on arrondit la facture : il y en a pour 3 millions de dollars, la moiti&#233; payable d'avance. Compte tenu de l'inflation, &#231;a repr&#233;sente en valeur d'aujourd'hui entre 5 et 6 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'occasion, le capitaine de la Gendarmerie fran&#231;aise se fait aussi payer le solde d'une pr&#233;c&#233;dente facture : 130 000 dollars pour &lt;i&gt;&#171; l'Op&#233;ration insecticide &#187;&lt;/i&gt; engag&#233;e par le pr&#233;sident rwandais Juv&#233;nal Habyarimana un an plus t&#244;t, en 1993. Insecticide est un nom de code que les Rwandais comprennent bien : on qualifie d'insectes (plus pr&#233;cis&#233;ment de cafards, de blattes), les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), pour la plupart des Tutsis de la diaspora qui veulent forcer le r&#233;gime &#224; leur retour au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon nos informations, &lt;i&gt;&#171; l'Op&#233;ration insecticide &#187; &lt;/i&gt; visait &#224; assassiner Paul Kagame, le leader de la r&#233;bellion, dans son QG de Mulindi, une usine &#224; th&#233; abandonn&#233;e &#224; l'est du Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; contrat d'assistance &#187; n'&#233;tait pas connu de la mission d'information parlementaire fran&#231;aise dite &#171; Mission Quil&#232;s &#187;, du nom de son pr&#233;sident, qui voulait documenter le r&#244;le de la France au Rwanda depuis 1990, date du d&#233;but de la guerre civile. En 1998, Paul Quil&#232;s n'avait m&#234;me pas os&#233; interroger Paul Barril, consid&#233;r&#233; comme intouchable et trop dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Rapport Quil&#232;s &#187; n'a, en cons&#233;quence, livr&#233; qu'une analyse &#233;dulcor&#233;e de l'implication de l'Elys&#233;e et du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais dans la guerre civile au Rwanda, qui devait aboutir au g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, depuis 1994, l'implication de hauts responsables politiques et militaires fran&#231;ais dans la pr&#233;paration du g&#233;nocide des Tutsis est une question qui continue &#224; tarauder les m&#233;dias et l'opinion publique. Non seulement en France, mais aussi au Rwanda, en Europe, en Afrique. Ainsi que les intellectuels du monde entier. Et le r&#244;le du capitaine Paul Barril semble central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au signal d&#233;clencheur de ce g&#233;nocide et du massacre des Hutu d&#233;mocrates : l'attentat du 6 avril 1994 contre le Myst&#232;re-Falcon du pr&#233;sident Habyarimana, qui a aussi co&#251;t&#233; la vie &#224; l'&#233;quipage compos&#233; de trois Fran&#231;ais. C'est le capitaine Paul Barril qui fut l'instigateur de la plainte de la veuve du copilote fran&#231;ais et provoqua ainsi l'enqu&#234;te confi&#233;e en 1998 au juge antiterroriste Jean-Louis Brugui&#232;re pour identifier les responsables de l'attentat. Au passage, Barril fournit aux enqu&#234;teurs &#8211; visiblement sous sa coupe &#8211; un ex-espion rwandais avec qui il entretenait des relations d'affaires, Fabien Singaye, qu'il fait promouvoir interpr&#232;te asserment&#233;. Par le jeu des alliances matrimoniales, Fabien Singaye est li&#233; &#224; la famille Habyarimana, partie civile &#224; l'instruction. Une &#171; curiosit&#233; &#187; que les avocats de la famille Habyarimana se sont bien gard&#233;s de signaler au juge. Ce ne fut pas la moindre anomalie de la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprise et mieux document&#233;e par le juge Marc Tr&#233;vidic, cette enqu&#234;te revient en boomerang contre le capitaine de gendarmerie honoraire, qui semble avoir &#233;t&#233; la cheville ouvri&#232;re des autorit&#233;s fran&#231;aise dans le soutien aux forces g&#233;nocidaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a fallu beaucoup d'&#233;nergie et de temps au juge Marc Tr&#233;vidic pour progresser. Les documents sont rares, les t&#233;moins souvent manipul&#233;s. Les archives de l'Elys&#233;e furent, selon toute vraisemblance, largement &#171; purg&#233;es &#187; avant leur d&#233;p&#244;t &#224; la Fondation Fran&#231;ois Mitterrand, celles de l'ambassade du Rwanda &#224; Paris ont &#233;galement &#233;t&#233; &#171; tri&#233;es &#187; &#224; l'&#233;t&#233; 1994 avec l'aide de &#171; Services &#187; fran&#231;ais. Celles du Quai d'Orsay, de la DGSE et de la DRM restent couvertes par le &#171; Secret D&#233;fense &#187;. Bien des hommes qui savaient la v&#233;rit&#233; sur le r&#244;le de la France et de Barril sont morts. Le lieutenant colonel Ephrem Rwabalinda, correspondant des Fran&#231;ais au sein des anciennes Forces arm&#233;es rwandaises, a &#233;t&#233; liquid&#233; par ses compagnons d'armes en juillet 1994 au moment o&#249; il s'appr&#234;tait &#224; fuir en Europe pour faire des r&#233;v&#233;lations. Le lieutenant colonel Ntahobari, attach&#233; militaire de l'ambassade du Rwanda &#224; Paris durant le g&#233;nocide, est par malchance (?) d&#233;c&#233;d&#233; en r&#233;gion parisienne au moment o&#249; il promettait au juge Brugui&#232;re des &#233;l&#233;ments nouveaux, etc., &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc s'en remettre &#224; des fragments de documentation ayant &#233;chapp&#233; aux &#171; nettoyeurs &#187; pour se faire une id&#233;e encore g&#233;n&#233;rale de l'implication de Paris dans un g&#233;nocide qui a provoqu&#233; environ un million de morts en trois mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Barril semble avoir jou&#233; le r&#244;le d'interface entre l'Elys&#233;e et le groupe d'exterminateurs de Tutsi au Rwanda. L'homme est lui-m&#234;me d&#233;crit comme un individu peu contr&#244;lable devenu, apr&#232;s avoir quitt&#233; la Gendarmerie nationale, un tueur &#224; sang froid m&#251; uniquement par l'app&#226;t du gain. N&#233; le 13 avril 1946 &#224; Vinay, en Is&#232;re, lui-m&#234;me fils d'un gendarme &#224; la carri&#232;re honorable, il atteint la notori&#233;t&#233; en devenant co-fondateur puis commandant du prestigieux Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) pendant deux ans avant de participer &#224; la cr&#233;ation de la cellule antiterroriste de l'&#201;lys&#233;e sous le premier septennat de Fran&#231;ois Mitterrand. Le GIGN lui a permis de cot&#244;yer les services de renseignement fran&#231;ais, notamment comme nageur de combat &#224; la base secr&#232;te de la DGSE d'Aspretto, en Corse, il fr&#233;quente aussi les nationalistes du FLNC. Dans le milieu interlope du renseignement, du trafic d'armes et du terrorisme, le gendarme perd vite ses bases &#233;thiques. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a une petite manie qu'exploitent ses courtisans : il adore les ragots, surtout ceux d'alc&#244;ve. Il se r&#233;gale des comptes-rendus d'&#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques, d'apprendre qui couche avec qui dans le Tout-Paris. A la cellule de l'Elys&#233;e, v&#233;ritable police politique du r&#233;gime Mitterrand, Paul Barril fait merveille : &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques hors normes, notamment de journalistes, filatures, op&#233;rations de d&#233;sinformation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barril est surnomm&#233; &#171; l'enfumeur &#187; par ses coll&#232;gues gendarmes. Il n'a pas son pareil pour m&#234;ler le vrai et le faux, et surtout pour se mettre en sc&#232;ne. Son ma&#238;tre en la mati&#232;re est Fran&#231;ois de Groussouvre, conseiller sp&#233;cial de Fran&#231;ois Mitterrand pour les affaires de Renseignement&#8230; et les affaires de c&#339;ur du Pr&#233;sident. De Grossouvre est son rabatteur de jolies femmes, surtout il a la haute main sur les services d'espionnage et contre-espionnage. Il prot&#232;ge particuli&#232;rement Mazarine, la fille cach&#233;e de Fran&#231;ois Mitterrand, et sa m&#232;re Anne Pingeot. Paul Barril deviendra &#224; la fois homme de confiance, confident, occasionnellement garde du corps aussi bien de Fran&#231;ois de Grosssouvre que de Mazarine et sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patatras, Fran&#231;ois Miterrand le force &#224; quitter la cellule de l'Elys&#233;e &#224; la suite d'un retentissant scandale : une affaire de &#171; terroristes irlandais &#187; mont&#233;e de toutes pi&#232;ces par Barril et d'autres gendarmes d&#233;voy&#233;s. Mais le flamboyant capitaine reste proche de Groussouvre quil l'a introduit aupr&#232;s du pr&#233;sident du Rwanda Juv&#233;nal Habyarimana. Pour commencer, Barril lui vend un portique de s&#233;curit&#233; et un &#233;cran anti-balles. Ensuite, avec l'aide de Fabien Singaye, il s'introduit dans le syst&#232;me de Renseignement rwandais et obtient de juteux contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cons&#339;ur du Parisien Elisabeth Fleury vient de r&#233;v&#233;ler l'un d'entre eux. Dans le milieu mercenaire, on ne s'embarrasse pas de papier &#224; en-t&#234;te. Comme le &lt;i&gt;&#171; Contrat d'assistance &#187;&lt;/i&gt; du 28 mai 1994, c'est une lettre de quelques lignes, tap&#233;e &#224; la machine, sign&#233;e par Augustin Bizimana, le ministre de la D&#233;fense rwandais. S'adressant &lt;i&gt;&#171; au Capitaine Paul Barril &#187;&lt;/i&gt;. Augustin Bizimana (aujourd'hui encore recherch&#233; par le Tribunal P&#233;nal International) lui &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Monsieur,&#8230; la situation dans mon pays devient de plus en plus critique&#8230; Vu l'&#233;volution actuelle du conflit, je vous confirme mon accord pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux c&#244;t&#233;s des Forces Arm&#233;es Rwandaises. &#187;&lt;/i&gt; La missive est dat&#233;e du 27 avril 1994, un mois avant le &lt;i&gt;&#171; Contrat d'assistance &#187;&lt;/i&gt;. Les soldats des FAR sont plus occup&#233;s &#224; tuer et &#224; piller qu'&#224; combattre les troupes du FPR, aussi ils reculent sur tous les fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Lorsqu'il est sollicit&#233; par le ministre de la D&#233;fense rwandais, le capitaine Barril n'est pas n'importe qui. &#8220;Paul Barril, &#224; cette &#233;poque, c'est la France&#8221;, r&#233;sume une source judiciaire. Officiellement, Barril est d'abord charg&#233; d'&#8220;une mission d'infiltration&#8221; au service du gouvernement rwandais, avant d'&#234;tre sollicit&#233; par la veuve Habyarimana pour enqu&#234;ter sur les auteurs de l'attentat. Officieusement, son r&#244;le est nettement plus discutable &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; &#224; trois reprises par l'&#233;quipe singuli&#232;rement peu performante de la Division nationale antiterroriste, Paul Barril s'&#233;tait tir&#233; de questions &#224; peine g&#234;nants par des pirouettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;interrog&#233; en juillet dernier par les gendarmes du juge Tr&#233;vidic, l'homme a perdu de sa superbe. Celui qui se plaisait &#224; faire circuler des photos le repr&#233;sentant un &#233;norme revolver 357 Magnum en mains (une arme dont la balle peut couper un homme en deux), qui se targuait d'&#234;tre le meilleur tireur d'&#233;lite de la Gendarmerie fran&#231;aise, appara&#238;t un sexag&#233;naire pr&#233;matur&#233;ment vieilli, agit&#233; de tremblements, souffrant sans doute de la maladie de Parkinson. Lui qui a si longtemps et si impun&#233;ment manipul&#233; les journalistes se plaint des m&#233;dias qui le pr&#233;sentent &#171; injustement &#187; comme un homme impliqu&#233; dans l'attentat du 6 avril 1994. Il affirme qu'il ne s'est jamais rendu au Rwanda plus de deux ou trois jours de suite. Il confirme qu'il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; Habyarimana par Grossouvre &lt;i&gt;&#171; avant 1990 &#187;&lt;/i&gt; et qu'il &#233;tait charg&#233; d'infiltrer &lt;i&gt;&#171; les Tutsi du FPR &#187;&lt;/i&gt; pour les retourner. Il reconna&#238;t avoir agi d'abord avec Groussouvre puis avec Fabien Singaye. Il pr&#233;tend &#224; pr&#233;sent qu'il effectuait des missions ponctuelles au Rwanda sans recevoir d'argent, seulement des billets d'avion et le remboursement de ses frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parfois le naturel de &#171; l'enfumeur &#187; reprend le dessus. Paul Barril joue les diplomates de haute vol&#233;e. Il affirme que c'est &#224; son instigation que Paul Kagame &lt;i&gt;&#171; et quatre personnes dont je ne me rappelle plus les noms &#187;&lt;/i&gt; sont venus &#224; Paris en septembre 1991 pour n&#233;gocier &lt;i&gt;&#171; les accords d'Arusha &#187;&lt;/i&gt;. Il se pr&#233;sente comme agissant pour Fran&#231;ois Mitterrand afin d'aider Habyarimana &#224; assurer la paix. Mais &#224; d'autre moments il pr&#233;sente la guerre au Rwanda comme opposant &#171; les Hutu et les Tutsi &#187; et bien s&#251;r il &#233;tait dans le camp des Hutu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un alibi pour le 6 avril ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus int&#233;ressant est qu'il pr&#233;sente un alibi pour le 6 avril 1994. Curieusement, il s'agit d'une sorte d'attestation d'huissier &#224; qui il aurait montr&#233; son visa et les tampons d'entr&#233;e et de sortie des Etats-Unis, o&#249; il aurait pass&#233; une quinzaine de jours missionn&#233; par la Garantie Mutelle des Fonctionnaires (GMF). Mais il s'av&#232;re aujourd'hui qu'il poss&#233;dait &#224; l'&#233;poque deux passeports fran&#231;ais &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Barril aurait &#233;t&#233; appel&#233; par Agathe Habyarimana qu'il aurait rencontr&#233;e &lt;i&gt;&#171; compl&#232;tement d&#233;sempar&#233;e &#187;&lt;/i&gt; par la mort de son mari pour faire une enqu&#234;te sur l'attentat. On lui demande s'il ne travaille pas plut&#244;t pour Mobutu. Il esquive en disant qu'il est all&#233; voir aussi Mobutu en venant par Goma, et qu'un h&#233;licopt&#232;re Gazelle l'a ensuite emmen&#233; au nord du Rwanda pr&#232;s de la fronti&#232;re, puis &#224; Kigali. Il insiste sur le fait qu'il &#233;tait seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui pr&#233;sente ses pr&#233;c&#233;dentes d&#233;positions et ses contradictions. Paul Barril &#233;lude encore, il ne se souvent plus. Notamment pour les lance-missiles qu'il n'aurait pas eu vraiment dans ses mains. On lui rappelle ses d&#233;clarations dans &lt;i&gt;&#171; Guerres secr&#232;tes &#224; l'Elys&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, un livre de souvenirs o&#249; il r&#232;gle ses comptes apr&#232;s le suicide de Grossouvre, intervenu curieusement le 7 avril 1994, 24 heures apr&#232;s l'attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une citation accablante&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Barril y &#233;crit page 176 : &lt;i&gt;&#171; J'ai appris le d&#233;c&#232;s de celui que je consid&#233;rais comme le g&#233;n&#233;ral en chef d'une nouvelle arm&#233;e de l'ombre, apte &#224; r&#233;tablir la France [Fran&#231;ois de Grossouvre], sur une colline perdue au centre de l'Afrique, au moment o&#249; les officiers tutsis du Front patriotique rwandais (FPR), form&#233;s et conseill&#233;s par la C. I. A., pr&#233;paraient les premiers mouvements de l'offensive qui devait leur assurer le pouvoir &#224; Kigali, capitale du Rwanda, ainsi que le contr&#244;le de toute la r&#233;gion des Grands Lacs. Fran&#231;ois Durand de Grossouvre est mort le 7 avril 1994, peu avant 20 heures. Exactement 24 heures avant, le 6 avril &#224; la m&#234;me heure, l'avion du pr&#233;sident rwandais Habyarimana a explos&#233; en plein vol, au-dessus du palais pr&#233;sidentiel de Kigali, frapp&#233; tra&#238;treusement par deux missiles sovi&#233;tiques sol air SAM 16. Leurs num&#233;ros de s&#233;rie indiquent qu'ils ont appartenu &#224; l'arm&#233;e irakienne. Peut-&#234;tre ont-ils &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s par les soldats am&#233;ricains apr&#232;s la guerre du Golfe. Dans ce cas devrait-on y voir une manipulation de la C. I. A. ? Mais pourquoi ? Ou plut&#244;t, afin de m&#233;nager les int&#233;r&#234;ts de qui, &#224; Kigali, et au Rwanda en g&#233;n&#233;ral ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faisait Paul Barril &#224; Kigali le 6 ou le 7 avril, selon son propre aveu ? Il r&#233;pond que le livre &#233;tait en partie un roman, un &lt;i&gt;&#171; roman-enqu&#234;te &#187;&lt;/i&gt; et que tout n'&#233;tait pas vrai. Il dit que c'&#233;tait &lt;i&gt;&#171; pour faire bouger les choses &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui rappelle les &lt;i&gt;&#171; 80 enregistrements de t&#233;moins ayant assist&#233; &#224; l'attentat &#187;&lt;/i&gt; dont il avait fait grand cas en 1994 dans la presse, notamment le quotidien &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;. Non, il n'a pas ces enregistrements, il avait simplement &lt;i&gt;&#171; pris des notes &#187;&lt;/i&gt;, et puis c'&#233;tait des t&#233;moignages &lt;i&gt;&#171; &#224; l'africaine &#187;&lt;/i&gt; (?) dont il ne se souvient pas clairement.&lt;br class='autobr' /&gt;
On lui demande ses liens avec Singaye. Il dit que c'est lui qui l'a pr&#233;sent&#233; aux enqu&#234;teurs du juge Brugui&#232;re. Il reconna&#238;t savoir que Singaye &#233;tait un agent des services de renseignement. Il dit qu'il &#233;tait tr&#232;s bien renseign&#233; et qu'il l'aidait &#224; enqu&#234;ter sur l'attentat, &lt;i&gt;&#171; pour la d&#233;fense des familles des trois militaires fran&#231;ais de l'&#233;quipage &#187;&lt;/i&gt;. On lui demande &#224; quel titre il enqu&#234;tait. Il bafouille une vague r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barril explique que l'avion a &#233;t&#233; abattu sur ordres de Kagame dont les hommes suivaient l'arriv&#233;e par des lunettes infra rouge. Et que les deux tirs sont partis du m&#234;me endroit du camp militaire des FAR &#224; Kanombe (il avait pr&#233;sent&#233; auparavant une version bien diff&#233;rente, visiblement il a int&#233;gr&#233; l'expertise balistique communiqu&#233;e au juge Tr&#233;vidic en janvier 2012, et qui semble innocenter le FPR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Press&#233; par ses anciens coll&#232;gues gendarmes qui &#171; connaissent la musique &#187; , Paul Barril s'&#233;nerve progressivement. A la fin, un enqu&#234;teur lui indique qu'on va perquisitionner ses diff&#233;rents domiciles (trois r&#233;sidences en France, dont une en montagne). Il r&#233;pond qu'il ne peut assister aux perquisitions vu son &#233;tat de sant&#233;. Paul Barril ironise sur l'id&#233;e qu'on pourrait demander &#224; perquisitionner sa r&#233;sidence au Qatar, et que &#231;a n'arrangerait pas les relations entre le Qatar et la France. Humili&#233; et mortifi&#233; d'&#234;tre trait&#233; en t&#233;moin ordinaire, cet homme qui a fait trembler tant de politiciens fran&#231;ais n'est plus que l'ombre de lui-m&#234;me mais voudrait se donner de l'importance. Il ajoute que puisque c'est comme &#231;a, il ne donnera pas les documents qu'il avait apport&#233;s. Et il refuse de signer le proc&#232;s-verbal d'audition, ce qui est act&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perquisitions engag&#233;es n'ont pas &#233;t&#233; sans r&#233;sultat car si Barril a souvent fait le m&#233;nage chez les autres, il avait n&#233;glig&#233; bureaux et demeures personnels. Les gendarmes ont mis la main sur quelque 800 pages de pi&#232;ces accablantes, une sorte de &#171; best of &#187; des turpitudes de la Fran&#231;afrique. L'inusable Barril &#233;tait de tous les trafics d'armes, de bien des magouilles&#8230;On a ainsi d&#233;couvert la demande de 1000 mercenaires pour aider au g&#233;nocide contre les Tutsi, et une copie du &lt;i&gt;&#171; contrat d'assistance &#187;&lt;/i&gt; pass&#233; entre Barril et le gouvernement rwandais dat&#233; du 28 mai 1994, dont le premier exemplaire avait &#233;t&#233; trouv&#233; &#224; Kigali. Selon &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, le juge Tr&#233;vidic a r&#233;interrog&#233; le capitaine Barril sur ces documents le 20 d&#233;cembre dernier. Ce contrat d'assistance &#171; n'a jamais exist&#233; &#187;, pr&#233;tend l'int&#233;ress&#233;. Les factures ? &lt;i&gt;&#171; Cela ne s'est jamais fait. &#187;&lt;/i&gt; Il pr&#233;tend que tout &#231;a tout cela &lt;i&gt;&#171; c'est de la mayonnaise africaine. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Une mayonnaise de pr&#232;s d'un million de morts &#187;&lt;/i&gt; observe notre cons&#339;ur Elisabeth Fleury. En juin 1994, juste apr&#232;s le g&#233;nocide, Paul Barril a &#233;t&#233; promu capitaine honoraire de la Gendarmerie fran&#231;aise. Pour quels services rendus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois DUPAQUIER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://www.afrikarabia.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrikarabia&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rwanda : le capitaine, l'avion et le g&#233;nocide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Mehdi Ba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un document mis au jour par le juge fran&#231;ais Marc Tr&#233;vidic et divulgu&#233; le 24 janvier par le quotidien &#034;Le Parisien&#034; repose la question des prestations assur&#233;es jusqu'en 1994 par l'ancien gendarme Paul Barril au b&#233;n&#233;fice de l'arm&#233;e g&#233;nocidaire rwandaise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le filet se resserre autour de Paul Barril, dont le r&#244;le trouble pendant le g&#233;nocide au Rwanda de 1994 vient d'&#234;tre &#233;clair&#233; par un document in&#233;dit. Dans son &#233;dition du 24 janvier, le quotidien &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; publie en effet le fac-simil&#233; d'un courrier embarrassant pour l'ancien du Groupe fran&#231;ais d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et de la cellule antiterroriste de l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document a &#233;t&#233; exhum&#233; lors des perquisitions qui ont vis&#233; Paul Barril et son entourage en juin 2012. L'op&#233;ration avait &#233;t&#233; diligent&#233;e par le juge Marc Tr&#233;vidic, en charge de l'instruction sur l'attentat commis le 6 avril 1994 contre l'avion du pr&#233;sident rwandais de l'&#233;poque, Juv&#233;nal Habyarimana. Dans ce courrier dat&#233; du 27 avril 1994, le ministre de la D&#233;fense rwandais, Augustin Bizimana (recherch&#233; par le Tribunal p&#233;nal international pour le Rwanda &#8211; TPIR &#8211; et-toujou-s en fuite) &lt;i&gt;&#171; confirme &#187;&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;&#171; capitaine Barril &#187;&lt;/i&gt; son &lt;i&gt;&#171; accord pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1 000 hommes devant combattre aux c&#244;t&#233;s des Forces arm&#233;es rwandaises &#187;&lt;/i&gt;. &#192; cette date, l'arm&#233;e gouvernementale livre combat au Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagam&#233;. Mais elle encadre parall&#232;lement, aux c&#244;t&#233;s de la gendarmerie, la campagne de massacres cibl&#233;s visant la population tutsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au service du &#034;Hutu Power&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; apporte une nouvelle pi&#232;ce au puzzle relatif &#224; l'implication de Paul Barril au service des extr&#233;mistes hutu, avant comme pendant le g&#233;nocide. Mais, bien que largement m&#233;connus, des documents vers&#233;s dans diverses proc&#233;dures judiciaires illustrent d&#233;j&#224; les prestations contre-nature assur&#233;es au pays des milles collines par le gendarme fran&#231;ais reconverti dans la s&#233;curit&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en novembre 1989, Barril adressait deux factures pro-forma au colonel Gasake, des Forces arm&#233;es rwandaises. Celles-ci portaient sur la fourniture par sa soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233;, Secrets, de &lt;i&gt;&#171; portiques de d&#233;tection type MD 2000 &#187;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;&#171; d&#233;tecteurs de m&#233;taux portatifs &#187;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;&#171; PM Beretta &#187;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;&#171; valises attach&#233;-case &#224; ouverture rapide &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plein g&#233;nocide, le 28 mai 1994, un contrat d'assistance est sign&#233; entre le Premier ministre, Jean Kambanda, et Paul Barril, en vertu duquel ce dernier &lt;i&gt;&#171; s'engage &#224; fournir une aide sur le plan humain et mat&#233;riel au Rwanda &#187;&lt;/i&gt;. Vingt hommes sp&#233;cialis&#233;s et diff&#233;rents armements doivent &#234;tre fournis aux extr&#233;mistes hutus, alors en difficult&#233;s face &#224; l'arm&#233;e du FPR. &lt;i&gt;&#171; La prestation est &#233;valu&#233;e &#224; 3 130 000 dollars &#187;&lt;/i&gt;, poursuit le contrat, qui pr&#233;cise qu'un acompte de 50 % devait &#234;tre vers&#233; &#224; la signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un versement d'1 million de dollars&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &lt;i&gt;&#171; compte rendu de r&#233;union &#187;&lt;/i&gt; class&#233; &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s secret &#187;&lt;/i&gt; et dat&#233; du 29 septembre 1994, le g&#233;n&#233;ral-major Augustin Bizimungu, chef d'&#233;tat-major des ex-FAR (d&#233;sormais en exil en RDC) &#233;voque une autre prestation qui aurait &#233;t&#233; assur&#233;e par l'ancien commandant du GIGN au b&#233;n&#233;fice de l'arm&#233;e g&#233;nocidaire. Sollicit&#233; pour apporter une formation aux militaires rwandais en mati&#232;re d'op&#233;rations sp&#233;ciales, Paul Barril a, selon le document, per&#231;u un acompte de 1,2 millions de dollars, l&#224; encore en plein g&#233;nocide. Mais la prestation sera finalement annul&#233;e en raison du d&#233;ploiement concomitant de l'op&#233;ration fran&#231;aise Turquoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose &#224; pr&#233;sent au juge Tr&#233;vidic est de savoir si Paul Barril a pu jouer un quelconque r&#244;le dans l'attentat &#224; propos duquel porte son instruction. &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s t&#244;t dans le dossier, nous avons invit&#233; les enqu&#234;teurs &#224; mener des investigations s&#233;rieuses du c&#244;t&#233; de M. Barril&lt;/i&gt;, confie &#224; &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt; l'avocat belge Bernard Maingain, qui d&#233;fend les sept Rwandais de l'entourage du pr&#233;sident Paul Kagam&#233; encore mis en examen dans ce dossier. &lt;i&gt;Les r&#233;sultats r&#233;cents de l'instruction semblent justifier nos demandes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, selon &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, le sulfureux capitaine conteste que ces diff&#233;rents contrats aient &#233;t&#233; suivis d'effets, r&#233;sumant la controverse au sujet de son r&#244;le au Rwanda &#224; &lt;i&gt;&#171; de la mayonnaise africaine &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Source ; &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130124183226/rwanda-fpr-paul-kagame-justice-francaiserwanda-le-capitaine-l-avion-et-le-genocide.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jeuneafrique.com&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Barril : &#231;a sent la poudre !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;par Alain Gauthier, pr&#233;sident du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parisien &#171; r&#233;v&#232;le &#187; aujourd'hui le r&#244;le qu'aurait pu jouer le capitaine Paul Barril dans le g&#233;nocide des Tutsi au Rwanda. Ces &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; ne surprendront que ceux qui ne le connaissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lettre d'Augustin Bizimana, ministre de la D&#233;fense du gouvernement g&#233;nocidaire, adress&#233;e &#224; Paul Barril le 27 avril 1994, vient confirmer ce que beaucoup d'entre nous r&#233;p&#233;tions depuis des ann&#233;es : Paul Barril, et donc les autorit&#233;s politiques fran&#231;aises de l'&#233;poque, a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant aupr&#232;s des autorit&#233;s politiques rwandaises au pouvoir en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa proximit&#233; revendiqu&#233;e avec madame Habyarimana, la veuve du pr&#233;sident assassin&#233;, ses apparitions dans les m&#233;dias lors de la &#171; d&#233;couverte &#187; de la bo&#238;te noire de l'avion pr&#233;sidentiel, sa pr&#233;sence sur les collines du Rwanda en avril 1994, tout cela faisait de lui un t&#233;moin privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8226; Comment imaginer que la Mission d'enqu&#234;te parlementaire n'ait pas exig&#233; qu'il vienne t&#233;moigner ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions m&#234;me souhait&#233;, il y a bien longtemps, que l'ancien patron du GIGN soit soumis au d&#233;tecteur de mensonges tellement nous avions la certitude qu'il en savait beaucoup plus qu'il ne le pr&#233;tendait. La d&#233;couverte de documents compromettants saisis &#224; son domicile ram&#232;nent le capitaine Barril sur le devant de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; pr&#233;cise que, &lt;i&gt;&#171; outre la demande de 1000 mercenaires &#187;&lt;/i&gt; r&#233;clam&#233;s par Augustin Bizimana, &lt;i&gt;&#171; les enqu&#234;teurs ont r&#233;cup&#233;r&#233; des factures d'armes, de munitions et d'hommes, li&#233;es &#224; un &#8220;contrat d'assistance&#8221; pass&#233; entre Barril et le gouvernement rwandais et dat&#233; du 28 mai 1994. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus choquant, ce sont les r&#233;ponses que ce monsieur ose faire au juge Tr&#233;vidic qui l'interroge : pas de contrat d'assistance, pas de factures&#8230; &lt;i&gt;&#171; Tout cela c'est de la mayonnaise africaine &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Une mayonnaise &#187;&lt;/i&gt;, conclut le journaliste, &lt;i&gt;&#171; de pr&#232;s d'un million de morts &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel m&#233;pris pour l'Afrique et les Africains sur le dos desquels il a b&#226;ti sa fortune !&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel m&#233;pris pour les victimes du g&#233;nocide des Tutsi d&#233;j&#224; si durement affect&#233;s par les lenteurs de la justice fran&#231;aise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on &#233;voque le nom de Barril, &#231;a sent effectivement la poudre. Le juge Tr&#233;vidic, qui a pris le contrepied du juge Brugui&#232;re, arrivera-t-il &#224; faire parler Paul Barril ? Ce serait souhaitable. Cela permettra-t-il aussi de faire enfin la lumi&#232;re sur la mort de monsieur de Grossouvre, &#171; suicid&#233; &#187; le 7 avril 1994 dans son bureau de l'Elys&#233;e ? Rien n'est moins s&#251;r, mais l'&#233;tau se resserre : quel a &#233;t&#233; le r&#244;le exact des autorit&#233;s fran&#231;aises de l'&#233;poque dans la mise en place du g&#233;nocide des Tutsi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souhaitons au juge Tr&#233;vidic de faire un jour la lumi&#232;re : mais il ne faudrait plus trop tarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de vingt ans se sont &#233;coul&#233;s et les m&#233;moires d&#233;faillent, les rescap&#233;s disparaissent, ainsi que les bourreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8226; Qui restera-t-il &#224; juger ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proc&#232;s attendus contre des pr&#233;sum&#233;s g&#233;nocidaires rwandais pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais feront-ils exploser ce baril de poudre sur lequel notre pays s'est assis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Gauthier, pr&#233;sident du CPCR&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://www.izuba.info/info/genocide-tutsi-nouvelles-preuves-sur-le-role,753.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Izuba&lt;/a&gt;, CPCR]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rwanda, le 13 mai 1994, par Serge Farnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde, le13.05.2010&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te que j'ai men&#233;e au Rwanda depuis avril 2009 ont &#233;t&#233; partiellement r&#233;v&#233;l&#233;s, en f&#233;vrier dernier, &#224; l'occasion d'une pleine page publi&#233;e dans le Wall Street Journal. De nombreux t&#233;moignages, aussi bien de rescap&#233;s que d'anciens g&#233;nocidaires, y attestent de la participation directe de ce qui appara&#238;t &#234;tre des soldats fran&#231;ais au g&#233;nocide de dizaines de milliers de civils tutsis le 13 mai 1994 &#224; Bisesero, dans l'ouest du Rwanda. Les deux dates des 13 mai et 14 mai 1994 correspondent probablement aux deux plus importantes journ&#233;es de massacres g&#233;nocidaires ayant eu lieu dans le pays des mille collines au printemps 1994. On estime que 40 000 civils tutsis auraient &#233;t&#233; g&#233;nocid&#233;s au cours de ces deux jours &#224; Bisesero, la plus grande partie d'entre eux l'ayant &#233;t&#233; le 13 mai. Deux jours d'intenses massacres qui ont embo&#238;t&#233; le pas &#224; la journ&#233;e du 12 mai d&#233;di&#233;e, elle, &#224; leur pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance du fait que ces deux jours furent consacr&#233;s &#224; de grands massacres g&#233;nocidaires n'est pas nouvelle en ce que cela avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; consign&#233; dans le rapport de l'ONG londonienne African Rights, avant d'&#234;tre document&#233; par nombre de t&#233;moignages port&#233;s devant le Tribunal p&#233;nal international pour le Rwanda (TPIR). Ce qui est nouveau en revanche, et qui r&#233;sulte de cette enqu&#234;te men&#233;e &#224; l'occasion de deux voyages au Rwanda - l'un en avril 2009 (soixante-dix heures d'interview film&#233;es), le suivant en f&#233;vrier 2010 (trente heures de tournage de reconstitutions sur le terrain) -, est le fait que des Fran&#231;ais en uniforme militaire, arm&#233;s de mitraillettes, mortiers et/ou de lance-roquettes y ont non seulement activement particip&#233; aux c&#244;t&#233;s des milices interahamwe, de la population hutu et des gendarmes, policiers et soldats rwandais, mais qu'ils ont &#233;galement &#233;t&#233; aux premi&#232;res loges de son organisation. Voici un r&#233;sum&#233; de ce que cette enqu&#234;te permet notamment d'affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e du 12 mai 1994 est consacr&#233;e &#224; pr&#233;parer le massacre g&#233;nocidaire du lendemain. Il s'agit de venir &#224; bout de ces dizaines de milliers de Tutsis qui sont parvenus, en se r&#233;fugiant dans les collines de la r&#233;gion de Bisesero, &#224; &#233;chapper &#224; leur g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; jusque-l&#224; au sein des stades et des &#233;glises de la pr&#233;fecture de Kibuye. A cette fin, une reconnaissance est notamment r&#233;alis&#233;e d'un endroit nomm&#233; Mubuga &#224; un autre endroit nomm&#233; Mumubuga : une centaine de miliciens et de paysans hutus font le chemin par une piste avec pour ordre de ne pas s'en prendre aux Tutsis, tandis qu'un convoi de v&#233;hicules, contenant des Blancs en uniforme, et qui viennent d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;s &#224; la foule comme Fran&#231;ais, se rend par la route &#224; la rencontre de ces derniers. Il s'agit de rassurer &#224; cette occasion les Tutsis d&#233;couverts quant au fait qu'il n'y aura plus de massacre et qu'ils b&#233;n&#233;ficieront au contraire d&#233;sormais de protection. Dans la soir&#233;e, le conseiller municipal de Mubuga, Vincent Rutaganira, fait battre le tambour afin d'inviter la population &#224; venir participer au massacre pr&#233;vu pour le lendemain &#224; l'encontre des Tutsis qui viennent d'&#234;tre d&#233;busqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES MILLIERS DE TUEURS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai 1994, a lieu, vers 7 heures du matin, un grand rassemblement sur la place de Mubuga : plus de cent personnes sont r&#233;unies quand arrive le bourgmestre de Gishyita, Charles Sikubwabo (actuellement en fuite et recherch&#233; par le TPIR), accompagn&#233; d'une dizaine d'hommes en uniforme militaire qu'il prend alors soin de pr&#233;senter &#224; la foule comme Fran&#231;ais, et dont le visage est cette fois camoufl&#233; avec de la suie noire. La r&#233;union dure &#224; peine un quart d'heure. Tout le monde s'en va ensuite en direction de la colline de Mumubuga, la foule de miliciens empruntant une piste tandis que Sikubwabo et les Fran&#231;ais regagnent eux leur v&#233;hicule avant de prendre la route. Il faut &#224; peu pr&#232;s une heure trente aux premiers miliciens pour rejoindre le point de rendez-vous qu'ils se sont fix&#233; avec les Fran&#231;ais. Afin de se diff&#233;rencier des Tutsis qu'ils s'appr&#234;tent &#224; exterminer, ils sont pour nombre d'entre eux recouverts de ces feuilles de bananier dont la r&#233;gion regorge. Des milliers de tueurs sont maintenant pr&#233;sents sur le terrain du g&#233;nocide : miliciens interahamwe, soldats et policiers rwandais, sans oublier la population hutu rameut&#233;e pour l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands chefs miliciens saisissent leur m&#233;gaphone pour scinder puis diriger les attaquants en plusieurs groupes tandis que les Fran&#231;ais ont, eux, d&#233;j&#224; fait la jonction avec ceux qu'ils ont laiss&#233;s un peu plus t&#244;t &#224; Mubuga. Accroupis dans la brousse, seule une dizaine de m&#232;tres les s&#233;pare de ces miliciens et paysans hutus qui n'attendent d&#233;sormais plus que leur feu vert aux fins d'investir les collines d'en face. Pour le moment, ils restent couch&#233;s dans la brousse, le temps que les Fran&#231;ais finissent d'arroser de leurs obus (ou roquettes) les buissons o&#249; se cachent les Tutsis. Effray&#233;s, ces derniers se mettent alors &#224; fuir leurs cachettes, apr&#232;s quoi les Fran&#231;ais mitraillent une &#224; une ces cibles mouvantes que constituent les civils tutsis sans d&#233;fense. C'est alors au tour des miliciens et paysans de se mettre au &#034;travail&#034;, tachant d'abord de rep&#233;rer des mouvements dans les collines avant d'aller achever au gourdin ou &#224; la machette les Tutsis qui ne sont que bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan de la journ&#233;e du 13 mai 1994 : le g&#233;nocide de quelques dizaines de milliers de civils tutsis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars dernier, le procureur du TPIR a &#233;t&#233; inform&#233; que mes t&#233;moins (une cinquantaine, parmi lesquels des rescap&#233;s et des anciens g&#233;nocidaires) se tenaient &#224; sa disposition aux fins de reproduire en justice les t&#233;moignages dont ils m'ont fait part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Serge Farnel est ing&#233;nieur, &#233;crivain et journaliste d'investigation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/05/13/rwanda-le-13-mai-1994-par-serge-farnel_1350541_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;[Ci-dessous, la pr&#233;face du livre-enqu&#234;te de Serge Farnel, par G&#233;raud de la Pradelle, pr&#233;sident de la Commission d'enqu&#234;te citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda et auteur de &lt;i&gt;Imprescriptible&lt;/i&gt;, consacr&#233; &#224; l'examen juridique des responsabilit&#233;s fran&#231;aises.]&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;face de G&#233;raud de la Pradelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le degr&#233; d'implication des autorit&#233;s civiles et militaires fran&#231;aises dans le soutien au Gouvernement int&#233;rimaire rwandais pendant qu'il proc&#233;dait au g&#233;nocide, est controvers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divers travaux r&#233;v&#232;lent &#8211; entre autres m&#233;faits &#8211; que, sur le terrain, dans le cadre des op&#233;rations &#8216;&#8216;Amaryllis'' (du 8 au 14 avril 1994) et &#8216;&#8216;Turquoise'' (du 22 juin au 22 ao&#251;t 1994), des militaires, agissant conform&#233;ment aux ordres re&#231;us, ont abandonn&#233;, sinon livr&#233;, des civils &#224; leurs assassins dont ils avaient auparavant form&#233; les cadres. Par ailleurs, une dizaine de proc&#233;dures introduites par des victimes de viols et de s&#233;vices graves qu'auraient commis ces soldats, sont actuellement pendantes devant le Tribunal aux arm&#233;es de Paris. Toutefois, jamais encore on n'avait s&#233;rieusement pr&#233;tendu, encore moins d&#233;montr&#233;, que des commandos de l'Arm&#233;e fran&#231;aise avaient directement particip&#233; &#224; certains massacres. C'est chose faite aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent ouvrage expose les multiples aspects d'une enqu&#234;te men&#233;e en deux temps, d'abord fin avril 2009, puis en f&#233;vrier 2010, dans la r&#233;gion de Kibuye et les collines de Bisesero, &#224; partir d'une information recueillie par hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque lignes suffisent pour caract&#233;riser l'apport essentiel de cette enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1994, une quinzaine de militaires fran&#231;ais en uniformes auraient occup&#233; une salle de r&#233;union dite &#171; CCDFP &#187;, d&#233;pendant de la municipalit&#233; de Gishyita. Ils s'y seraient encore trouv&#233;s, le 24 juin, pour accueillir un contingent de &#8216;&#8216;Turquoise'' qui s'est log&#233; au m&#234;me endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 mai, ces militaires auraient particip&#233; &#224; l'exp&#233;dition mont&#233;e par le bourgmestre et consistant &#224; rassembler la population pour l'emmener vers les collines de Bisesero o&#249; s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s, en tr&#232;s grand nombre, des Tutsi qui avaient jusqu'alors efficacement r&#233;sist&#233; aux g&#233;nocidaires. Il s'agissait de rassurer ces r&#233;fugi&#233;s en promettant de leur procurer vivres et protection &#8211; promesses appuy&#233;es par une parodie de ma&#238;trise d'une foule hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tout autre programme fut ex&#233;cut&#233;, dans ces m&#234;mes lieux, d&#232;s le lendemain, 13 mai : ce jour-l&#224;, plusieurs dizaines de milliers de Tutsi furent massacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est de notori&#233;t&#233; publique. En revanche, jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'avait pas &#233;t&#233; question d'une pr&#233;sence, encore moins d'une participation fran&#231;aise &#224; ces horreurs. C'est pourtant ce qui r&#233;sulte de l'enqu&#234;te men&#233;e par Serge Farnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les t&#233;moignages qu'il a pu recueillir, la participation des militaires cantonn&#233;s au CCDFP aurait &#233;t&#233; d&#233;terminante : puissamment arm&#233;s, passant de colline en colline, ils auraient mitraill&#233;, pilonn&#233;, les Tutsi encercl&#233;s par la multitude des g&#233;nocidaires locaux qui, ensuite, achevaient les bless&#233;s &#224; coups de gourdins et de machettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques articles pr&#233;c&#233;demment consacr&#233;s par Serge Farnel &#224; ces &#233;v&#233;nements odieux ont &#233;t&#233; fort mal re&#231;us dans pratiquement tous les milieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hostilit&#233; de ceux qui avaient &#233;t&#233; plus ou moins directement m&#234;l&#233;s &#224; la politique du moment est, somme toute, normale. L'agacement d'une opinion traditionnellement oublieuse des turpitudes pass&#233;es, l'est &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les r&#233;serves de gens qui se sont investis dans l'examen critique des activit&#233;s nationales au Rwanda, sont plus difficiles &#224; comprendre. Du moins, peuvent-elles s'expliquer par le fait que l'essentiel du dossier n'&#233;tait pas encore publi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, ces r&#233;ticences ne sont plus de mise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Serge Farnel ne se contente pas de transmettre les informations dont il dispose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il publie l'int&#233;gralit&#233; de t&#233;moignages qui ont &#233;t&#233; non seulement enregistr&#233;s mais, encore, film&#233;s ; rend minutieusement compte, de la mani&#232;re dont il a proc&#233;d&#233; pour les susciter et les recueillir ; enfin, il passe en revue les questions que ces t&#233;moignages suscitent, &#224; juste titre : pourquoi des militaires fran&#231;ais se seraient-ils m&#234;l&#233;s aux massacres du mois de mai ? d'ailleurs, s'agissait-il de Fran&#231;ais ; qui plus est, de militaires en service ? comment expliquer le silence des t&#233;moins &#8211; observ&#233; pendant quinze ans et, soudainement, bris&#233; pour lui ? surtout, est-il concevable que l'intervention de soldats aient &#233;chapp&#233; aux autres enqu&#234;teurs alors que les massacres du 13 mai 1994 sont parfaitement connus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur constatera que les r&#233;ponses apport&#233;es ou sugg&#233;r&#233;es sont solides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le signataire de ces lignes &#8211; qui croit bien conna&#238;tre Serge Farnel &#8211; ne met pas en doute la sinc&#233;rit&#233; de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; compl&#233;ter l'enqu&#234;te pour, le cas &#233;ch&#233;ant, tirer les cons&#233;quences qui s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont avant tout d'ordres moral et politique ; une prise de conscience est indispensable pour qu'&#224; l'avenir, les citoyens que nous sommes fassent moins aveugl&#233;ment confiance aux dirigeants qu'ils ont choisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit &#233;galement &#233;voquer d'&#233;ventuelles suites judiciaires. Les faits rapport&#233;s par les t&#233;moins que Serge Farnel a entendus sont constitutifs d'une participation directe au g&#233;nocide. Ces faits rel&#232;vent &#224; la fois de la comp&#233;tence du Tribunal p&#233;nal international pour le Rwanda et, par application de la loi du 22 mai 1996, de celle des juridictions fran&#231;aises. &#192; cet &#233;gard, il est int&#233;ressant que certains officiers aient demand&#233; &#171; justice pour la France et ses soldats &#187;. Il conviendrait de les prendre au mot &#8211; tout en gardant &#224; l'esprit que la responsabilit&#233; premi&#232;re incombe au pouvoir civil dont les militaires ont ex&#233;cut&#233; les ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;G&#233;raud de Geouffre de la Pradelle &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;11 f&#233;vrier 2012&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;G&#233;raud de Geouffre de la Pradelle est professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; de Paris-X Nanterre. Juriste international, il a pr&#233;sid&#233;, en 2004, la Commission d'enqu&#234;te citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda. Il est l'auteur de &#034;Imprescriptible. L'implication fran&#231;aise dans le g&#233;nocide tutsi port&#233;e devant les tribunaux.&#034; publi&#233; en 2005 aux &#233;ditions des Ar&#232;nes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;[Au sujet des m&#233;faits de Barril au Centrafrique, ci-dessous l'extrait d'un &lt;a href=&#034;http://www.cobaye.in/QUE-SE-PASSE-T-IL-AU-CENTRAFRIQUE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; paru en 2006 :]&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ant&#233;rieurement, Patass&#233; n'avait pas proc&#233;d&#233; autrement, cette fois &#171; dans le cadre &#187; d'un contrat de &#171; mercenariat &#187;, avec le bien connu Paul Barril. Charg&#233; de la s&#233;curit&#233; pr&#233;sidentielle, celui-ci se voyait m&#234;me bombard&#233; responsable de la lutte anti-terroriste &lt;i&gt;&#171; int&#233;rieure et ext&#233;rieure &#187;&lt;/i&gt; &#8211; on &#233;tait apr&#232;s le 11 septembre. En m&#234;me temps que ces fonctions de super-ministre de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, Barril commercialisait des services de &#171; gardiennage &#187; priv&#233; &#8211; pour arrondir ses fins de mois, peut-&#234;tre. L'adjoint de Barril, en ces sombres d&#233;buts de XXIe si&#232;cle, un certain Abdoulaye Miskine, aura gagn&#233; son brin de c&#233;l&#233;brit&#233; en semant la terreur, au moins autant que ses comp&#232;res de l'actuelle Brigade de s&#233;curit&#233; pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent ayant tourn&#233;, Boziz&#233; renversant Patass&#233;, cela leur vaut &#8211; &#224; Barril, &#224; Miskine comme &#224; leur commanditaire Patass&#233; &#8211;, d'&#234;tre poursuivis devant la Cour P&#233;nale Internationale. Un arr&#234;t de la cour de cassation de Bangui le confirmait le 11 avril 2006. L'acte d'accusation leur reproche d'avoir &lt;i&gt;&#171; volontairement donn&#233; la mort &#224; plusieurs individus avec pr&#233;m&#233;ditations, tortures et s&#233;vices, volontairement port&#233; des coups ayant entra&#238;n&#233;s la mort sans intention de la donner, d&#233;tenu et s&#233;questr&#233; plusieurs individus, recel&#233; des cadavres, pill&#233; et d&#233;truit des biens appartenant aux victimes en r&#233;union ou en bande &#187;&lt;/i&gt;. Patass&#233; est accus&#233; d'avoir fait venir des mercenaires de diverses nationalit&#233;s qu'il a plac&#233;s sous la direction de Paul Barril &#8211; nomm&#233; Directeur national de la lutte contre le terrorisme international. L'acte d'accusation mentionne &#233;galement une milice, &lt;i&gt;&#171; connue sous l'appellation de Soci&#233;t&#233; centrafricaine de protection et de surveillance (SCPS) &#187;&lt;/i&gt;, qui s&#233;vissait sous les ordres de Victor Ndoubabe et Paul Barril. Victor Ndoubabe, id&#233;ntifi&#233; par ailleurs comme le &lt;i&gt;&#171; chauffeur &#187;&lt;/i&gt; de Patass&#233;, est le quatri&#232;me de la liste d'accus&#233;s transmise &#224; la Cour P&#233;nale Internationale. Le cinqui&#232;me est plus connu : il s'agit de Jean-Pierre Bemba, fameux milliardaire et chef de milice za&#239;rois. Ses hommes seront particuli&#232;rement redout&#233;s &#224; Bangui cette ann&#233;e-l&#224;. Selon l'arr&#234;t de la cour de cassation centrafricaine, Bemba devrait au fait d'&#234;tre devenu entretemps vice-pr&#233;sident du Congo-ex-Za&#239;re de b&#233;n&#233;ficier d'une immunit&#233;. Les &#233;lections approchent au Congo &#8211; et le criminel fran&#231;africain craint de perdre sa pr&#233;cieuse immunit&#233;. &lt;i&gt;[Et &#224; raison : Jean-Pierre Bemba sera arr&#234;t&#233; &#224; Bruxelles le 24 mai 2008, suite &#224; un mandat de la Cour p&#233;nale internationale, en raison d'accusations de crimes contre l'humanit&#233; commis lors des incursions de ses troupes en R&#233;publique centrafricaine pendant la p&#233;riode allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Le 4 juillet, Bemba comparaissait une premi&#232;re fois devant les juges. Ses avocats n'ont pas demand&#233; la mise en libert&#233; provisoire de leur client, attendant d'&#234;tre en possession de toutes les pi&#232;ces transmises par les autorit&#233;s belges avant de se prononcer. L'audience de confirmation de charges doit se tenir le 4 novembre.]&lt;/i&gt; Propri&#233;taire de plusieurs cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, il fait feu de tout bois pour alimenter autant que faire se peut son unique planche de salut politique : l'ethnisme &#224; outrance.&lt;i&gt; [Mais ne parviendra pas pour autant &#224; s'imposer dans la joute &#233;lectorale congolaise.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que le remarque la FIDH, &lt;i&gt;&#171; l'ordonnance ne distingue pas la responsabilit&#233; p&#233;nale de Miskine de celle de Paul Barril &#187;&lt;/i&gt;. Et soutient : &lt;i&gt;&#171; &#192; la lumi&#232;re des pi&#232;ces du dossier&#8230; que pendant les &#233;v&#233;nements de 2002/2003 ils se sont rendus coupables de nombreuses ex&#233;cutions sommaires et autres infractions ; que les personnes estim&#233;es &#224; plusieurs centaines sont victimes des exactions commises &#187;&lt;/i&gt; par les deux inculp&#233;s. &lt;i&gt;&#171; L'ordonnance mentionne des fosses communes identifi&#233;es aussi bien &#224; Bangui que dans les villes de province, ainsi que des cas nombreux d'arrestations ill&#233;gales &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise la FIDH. Le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration Internationale des Droits de l'Homme, Sidiki Kaba, d&#233;non&#231;ait le &lt;i&gt;&#171; silence assourdissant &#187;&lt;/i&gt; du procureur de la Cour internationale, qui ne semble pas press&#233; de se saisir du dossier de l'officier fran&#231;ais. &lt;i&gt;&#171; Son inaction favorise le climat d'impunit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, soulignait-il. Et &lt;i&gt;&#171; son intervention, attendue par les victimes, pourrait au contraire pr&#233;venir la r&#233;p&#233;tition de crimes les plus graves &#187;&lt;/i&gt;. Le 23 mai, le procureur de la Cour p&#233;nale internationale &#233;tait justement re&#231;u &#224; Paris par le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Philippe Douste-Blazy, pour &#233;voquer nombre d'affaires en suspens, sur lesquelles &#171; toute la lumi&#232;re &#187; devrait &#234;tre faite. Mais le dossier centrafricain n'&#233;tait pas mentionn&#233; dans le communiqu&#233; du Quai d'Orsay. S&#251;rement un oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Source : Etat d'urgence, &lt;a href=&#034;http://www.cobaye.in/QUE-SE-PASSE-T-IL-AU-CENTRAFRIQUE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le cobaye international&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une p&#233;tition de notables fran&#231;africains d&#233;nonce l'inaction de l'ONU au Kivu&#8230;</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/une-petition-de-notables.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://yannis.lehuede.org/une-petition-de-notables.html</guid>
		<dc:date>2012-12-28T20:05:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Sitbon</dc:creator>


		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>Kivu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Grande mobilisation de personnes distingu&#233;es, de Jacques Chirac &#224; Abdou Diouf en passant par Val&#233;rie Trierwieler, qui signent une tribune dans Le Monde [voir ci-dessous] pour d&#233;noncer le scandale des viols du Kivu. On devrait se f&#233;liciter d'un tel effort de sensibilisation sur un sujet si dramatique. Mais pourquoi y a-t-il l&#224; un scandale si particulier ? Pour une raison que nos signataires oublient de souligner : cela fait dix-huit ans que le viol est utilis&#233; comme arme de guerre au Kivu, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/-politiques-coloniales-.html" rel="directory"&gt;Politiques coloniales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-kivu-+.html" rel="tag"&gt;Kivu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Grande mobilisation de personnes distingu&#233;es, de Jacques Chirac &#224; Abdou Diouf en passant par Val&#233;rie Trierwieler, qui signent une tribune dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &lt;i&gt;[voir ci-dessous]&lt;/i&gt; pour d&#233;noncer le scandale des viols du Kivu. On devrait se f&#233;liciter d'un tel effort de sensibilisation sur un sujet si dramatique. Mais pourquoi y a-t-il l&#224; un scandale si particulier ? Pour une raison que nos signataires oublient de souligner : cela fait dix-huit ans que le viol est utilis&#233; comme arme de guerre au Kivu, depuis qu'en juillet 1994 l'arm&#233;e fran&#231;aise y a facilit&#233; le repli des troupes g&#233;nocidaires rwandaises qui, ayant achev&#233; le g&#233;nocide, fuyaient l'avanc&#233;e du FPR que l'op&#233;ration Turquoise consistait &#224; bloquer. Dix-huit ans de cauchemar continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce n'est que depuis le mois d'avril 2012 qu'existe ce mouvement du 23 mars, dit M23, que les p&#233;titionnaires d&#233;signent comme responsable &#034;des viols de femmes et d'enfants&#034; : &lt;i&gt;&#034;Ils violent par centaines de milliers les femmes et les enfants pour terroriser la population&#034;&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se distingue pourtant, parmi les signataires, quelqu'un suppos&#233; conna&#238;tre le sujet : le docteur Mukwege, qui a cr&#233;&#233;, en 1999, la clinique de Panzi, sp&#233;cialis&#233;e dans la prise en charge des femmes victimes de viols et des mutilations qui s'ensuivent. On b&#233;n&#233;ficie d'un tableau assez complet de ces horreurs, gr&#226;ce &#224; l'observatoire privil&#233;gi&#233; que repr&#233;sente cette clinique. La m&#233;decine qui s'y pratique se veut holistique, c'est-&#224;-dire qu'elle prend les traumatismes sous tous leurs aspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit aura &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, par exemple, une association sp&#233;cialement consacr&#233;e au probl&#232;me pos&#233; par les enfants issus de ces viols. Des enfants qui sont rejet&#233;s par leurs m&#232;res qui les assimilent &#224; leurs p&#232;res. Et c'est ainsi qu'on aura appris qu'on appelle tous ces enfants&#8230; &#034;interahamwe&#034; &#8211; du nom des miliciens g&#233;nocidaires rwandais. Du nom des violeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve que le M23 est oppos&#233; &#224; ces interahamwe qui violent et mutilent leurs victimes depuis tant d'ann&#233;es. Interahamwe-FDLR qui sont associ&#233;s aux forces arm&#233;es congolaises et aux milices Ma&#239;-Ma&#239; lesquelles ont adopt&#233; les r&#233;pugnantes m&#233;thodes de leurs alli&#233;s. Des enfants soldats, il y en a dans bien des bandes arm&#233;es, mais justement pas tant au M23 qui se caract&#233;rise par une plus grande professionalisation de l'action militaire &#8211; ce qui explique en bonne part la sup&#233;riorit&#233; dont il semble faire preuve face &#224; ces divers adversaires peu disciplin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette p&#233;tition si bien intentionn&#233;e d&#233;nonce nomm&#233;ment les responsables en commettant juste une petite erreur de d&#233;signation des criminels. Ceux qui s&#232;ment la terreur dans la r&#233;gion depuis dix-huit ans ce sont ces interahamwe, autrement nomm&#233;s FDLR. Ce sont aussi eux, pr&#233;sents depuis dix-huit ans, qui contr&#244;lent l'essentiel des mines &#8211; et non le r&#233;cent M23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est d&#233;nonc&#233;e l&#224;, &#224; juste titre par contre, l'inaction des nombreuses troupes que l'ONU finance pour rien, sinon pour couvrir les FDLR, en fait, prenant grand soin de ne jamais les d&#233;noncer pour &#234;tre s&#251;r de ne pas avoir &#224; les affronter. Il y a l&#224; en effet un scandale &#224; l'int&#233;rieur du scandale : dix-sept mille hommes mandat&#233;s par la communaut&#233; internationale sont l&#224; pour la d&#233;coration, comme pour d&#233;montrer le haut niveau de complicit&#233; dont b&#233;n&#233;ficient les violeurs du Kivu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, l'op&#233;ration Turquoise, bien qu'int&#233;gralement fran&#231;aise, &#233;tait bien entreprise &#224; la demande et sous le couvert de l'ONU. Et c'est bien prot&#233;g&#233;s et encadr&#233;s par l'arm&#233;e fran&#231;aise que les troupes g&#233;nocidaires ont pu se replier au Kivu. Juste apr&#232;s, comme les g&#233;nocidaires avaient entra&#238;n&#233; avec eux des millions de paysans (deux ou trois), c'est encore l'ONU qui les financera en leur accordant le statut de r&#233;fugi&#233;s. Cela repr&#233;sentait un pactole de quelques dollars par jour multipli&#233;s par le nombre de personnes d&#233;clar&#233;es pr&#233;sentes dans les camps contr&#244;l&#233;s d&#232;s le d&#233;part par les interahamwe. L'argent du HCR ira ainsi directement dans les caisses des g&#233;nocidaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, la terreur s'est abattue sur la r&#233;gion, et le calvaire des femmes a commenc&#233;, les miliciens poursuivant en quelque sorte le g&#233;nocide, dans l'&#233;lan du crime rwandais &#8211; entretenus par l'ONU et prot&#233;g&#233;s par la France comme par leur ami le mar&#233;chal Mobutu. Se produisit alors, en 1996, la r&#233;volte des banyamulenges, les Tutsi du Kivu, qui se soulevaient pour se d&#233;fendre contre ces interahamwe d&#233;cha&#238;n&#233;s. Y compris avec l'aide de l'arm&#233;e rwandaise, ces camps du HCR, devenus de v&#233;ritables bastions g&#233;nocidaires, ont &#233;t&#233; balay&#233;s &#8211; et dans l'&#233;lan, le r&#233;gime de Mobutu s'effondra comme un chateau de cartes en d&#233;pit du renfort des nombreux mercenaires embauch&#233;s par les r&#233;seaux fran&#231;africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans, qui avaient &#233;t&#233; embarqu&#233;s bien souvent malgr&#233; eux dans l'exode organis&#233; par Turquoise, ont alors pu rentrer en masse au Rwanda, et ne sont rest&#233;s au Congo que les v&#233;ritables criminels, ces interahamwe des FDLR qui persistent dans leur fantasme revanchard de retour, explicitement pour parachever le g&#233;nocide, et qui, en attendant soumettent le Kivu &#224; un g&#233;nocide &#8220;&#224; petit feu&#8221;, avec l'arme particuli&#232;rement odieuse du viol d&#233;ploy&#233; &#224; l'&#233;chelle industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait, il ne s'agit pas simplement de viols, mais de mutilations g&#233;nitales qui suivent syst&#233;matiquement ces viols &#8211; et c'est surtout en tant que chirurgien que le Dr Mukwege intervient, pour tenter de reconstituer des sexes d&#233;truits apr&#232;s l'agression sexuelle proprement dite, les mutilations s'ajoutant lorsque les miliciens en ont fini, avant de rel&#226;cher leur victime. Syst&#233;matiquement, c'est-&#224;-dire ob&#233;issant manifestement &#224; une instruction particuli&#232;re, ex&#233;cutant de toute &#233;vidence le mode d'emploi de ce g&#233;nocide en deux temps qui terrorise et ensanglante le Kivu depuis dix-huit ans. Car ces mutilations d'appareils g&#233;nitaux f&#233;minins visent bien &#224; la st&#233;rilisation des femmes, un moyen s&#251;r pour faire dispara&#238;tre un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me docteur est devenu un t&#233;moin privil&#233;gi&#233; de cette horreur, invit&#233; &#224; parler jusque devant l'assembl&#233;e des nations unies. On trouvera son discours ci-dessous. Tout n'y est pas forc&#233;ment satisfaisant. Il est dommage, par exemple, que le docteur &#233;value &#224; &#034;seize ans&#034; la dur&#233;e de cette trag&#233;die qui dure en fait depuis dix-huit ans&#8230; Une erreur charg&#233;e de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le docteur Mukwege, le probl&#232;me des violences faites aux femmes n'aurait commenc&#233; qu'en 1996, avec le soul&#232;vement des banyamulenges appuy&#233;s par le Rwanda. Il rejoint ainsi les discours qui voudraient que les d&#233;sordres de l'est du Congo trouvent leur origine dans l'intervention des arm&#233;es &#233;trang&#232;res, surtout rwandaise, accessoirement ougandaise. Or la r&#233;volte de ces banyamulenges, Tutsi du Kivu, &#233;tait un mouvement d'autod&#233;fense contre la terreur que les interahamwe avait import&#233;e dans la r&#233;gion en 1994, dans les fourgons de Turquoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le bon docteur semble un peu de parti pris. Comme lorsqu'&#224; l'heure de d&#233;signer les violeurs, de m&#234;me que nos p&#233;titionnaires, il se laisse aller &#224; incriminer exclusivement le M23. Si on l'&#233;coute attentivement, toutefois, il explique que le M23 serait responsable de l'actuelle augmentation des violences que son existence provoquerait par r&#233;action. Alors que l'ann&#233;e derni&#232;re il y avait eu une baisse des viols, cette ann&#233;e l'apparition du M23 aurait suscit&#233; leur recrudescence. &lt;i&gt;Mutatis mutandis&lt;/i&gt;, c'est le mod&#232;le de l'accusation port&#233;e contre le FPR : s'il ne s'&#233;tait soulev&#233; en 1990 contre la dictature ethniste d'Habyarimana, y aurait-il eu un g&#233;nocide en 1994 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regrettable aussi que le docteur Mukwege consid&#232;re le rapport Mapping comme parfaitement satisfaisant. Hormis le fait que ce rapport s'est fix&#233; de bien curieuses bornes en arr&#234;tant son observation &#224; 2003 &#8211; alors qu'il interrogeait des t&#233;moins encore soumis aux m&#234;mes violences en 2009, date de l'enqu&#234;te &#8211;, il a surtout choqu&#233; pour sa critique outranci&#232;re de l'arm&#233;e rwandaise. Peu de rigueur et des &#339;ill&#232;res partisanes caract&#233;risent ce travail, mais ce sont bien les m&#234;mes &#339;ill&#232;res qui semblent borner le regard du docteur Mukwege, comme ceux de nos p&#233;titionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autant plus dommage que le docteur Mukwege a par contre parfaitement raison lorsqu'il dit que le probl&#232;me est simple. Simplement, tout comme nos p&#233;titionnaires, il n'est pas s&#251;r qu'il pointe l'index dans la bonne direction. Cela serait effectivement simple, si on acceptait de voir qu'il ne s'agit au fond que de d&#233;sarmer quelques bandes &#8211; en commen&#231;ant par mettre hors d'&#233;tat de nuire les derniers &#034;interahamwe&#034;, les quatre &#224; six mille hommes des FDLR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a l&#224; un objectif raisonnable, tout-&#224;-fait &#224; la port&#233;e des troupes de l'ONU, imm&#233;diatement applicable, reconnaissons que ce n'est pas si &#034;simple&#034; dans la mesure o&#249; ces FDLR sont aujourd'hui parfaitement en phase avec l'arm&#233;e congolaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, tout le monde le comprend, il n'y aura pas de v&#233;ritable solution au Congo tant que l'Etat y sera un tel facteur de d&#233;sordre. Pour un d&#233;but de mise en ordre il faudrait probablement construire un v&#233;ritable Etat f&#233;d&#233;ral, &#233;ventuellement &#034;plurinational&#034; comme en Bolivie ; avec une loi des ressources qui confie l'exploitation des mines &#224; des coop&#233;ratives r&#233;gionales, par exemple, et garantisse la r&#233;utilisation des richesses pour le financement de la sant&#233; et de l'&#233;ducation ; de tels objectifs n'&#233;tant atteignables qu'en proc&#233;dant du m&#234;me pas &#224; l'indispensable d&#233;militarisation g&#233;n&#233;rale du pays &#8211; vaste programme auquel l'ONU pourrait certes aider, garantissant de plus sa s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cet id&#233;al est un objectif &#224; atteindre, il ne doit pas faire oublier la nature effectivement plus simple du probl&#232;me sp&#233;cifique pos&#233; par ces criminels professionnels que sont les FDLR &#8211; &#224; mettre hors d'&#233;tat de nuire sans attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le docteur sugg&#232;re que la solution du probl&#232;me serait &#224; chercher du c&#244;t&#233; des acteurs politiques r&#233;gionaux &#8211; le Rwanda et l'Ouganda &#8211;, il pose en fait le probl&#232;me en termes beaucoup moins &#034;simples&#034;, m&#234;me si le recours au bouc &#233;missaire &#233;tranger marche toujours en termes de propagande. Manipulation qui fonctionne &#224; bloc dans ce cas d'esp&#232;ce o&#249; les &#034;rwandais&#034; des FDLR sont englob&#233;s sous le m&#234;me terme que leurs adversaires de l'arm&#233;e rwandaise, structurant un subtil malentendu qui permet de confondre les assassins avec ceux qui font la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est regrettable qu'ils aient manqu&#233; de d&#233;signer avec exactitude les criminels, les p&#233;titionnaires ont n&#233;anmoins raison de d&#233;noncer l'inaction des nombreuses troupes de l'ONU envoy&#233;es l&#224; pour mettre un terme &#224; l'intol&#233;rable violence qui s'exerce depuis trop longtemps dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette inaction des casques bleus est d'autant plus curieuse qu'ils ont &#233;t&#233; engag&#233;es l&#224; non sous le chapitre 6, qui interdit d'user de la force, mais sous le chapitre 7 des r&#232;gles d'engagement de l'ONU, qui l'autorise. On se souvient du scandale des interventions en Bosnie et au Rwanda, dans les ann&#233;es 90, o&#249; les soldats de l'ONU laissaient les crimes se commettre sous leurs yeux sans bouger un doigt. C'&#233;tait sous le chapitre 6. Riches de cet enseignement, on aura fait en sorte de ne pas r&#233;p&#233;ter l'erreur. L&#224;, on est sous chapitre 7. C'est mieux. Sauf qu'il se trouve que des r&#232;gles sp&#233;cifiques d&#233;finies pour la force d'intervention onusienne au Congo lui interdisent de recourir aux armes autrement que pour se d&#233;fendre. Ce qui revient quasiment au m&#234;me que les r&#232;gles du chapitre 6. Si les casques bleus ne sont plus oblig&#233;s de se laisser trucider, comme c'est arriv&#233; &#224; dix soldats belges &#224; Kigali en 1994, ils n'en sont pas moins r&#233;duits &#224; laisser les criminels agir, exactement comme en Bosnie et au Rwanda &#224; l'&#233;poque &#8211; il n'y a pas si longtemps. C'est en fait la m&#234;me com&#233;die qui continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une certaine ind&#233;cence &#224; ce que de tels signataires, dont bon nombre occupent les premi&#232;res places dans la hi&#233;rarchie mondiale du pouvoir, se plaignent de ce que fait l'ONU, un organisme qui fait ce qu'on lui demande de faire &#8211; alors m&#234;me que ce sont eux qui sont en position de demander et qui l'ont &#233;t&#233; depuis dix-huit ans. C'est un peu comme si ceux-l&#224; m&#234;me qui donnent une instruction se plaignaient de l'instruction qu'ils ont donn&#233;e&#8230; Ces forces onusiennes qui interviennent dans l'est du Congo n'ont-elles pas d'abord &#233;t&#233; structur&#233;es par des &#233;l&#233;ments fran&#231;ais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas vraiment par hasard si depuis dix-huit ans les interahamwe sont prot&#233;g&#233;s au Kivu. Ils l'&#233;taient avant, d&#232;s leur origine, en b&#233;n&#233;ficiant non seulement des subsides et d'&#233;quipement, mais y compris d'encadrement, et d'une formation directement fournie par&#8230; l'arm&#233;e fran&#231;aise. Lorsqu'ils ont achev&#233; leur g&#233;nocide et perdu la guerre, ils sont alors pass&#233;s au Congo&#8230; sous protection fran&#231;aise. Leurs cadres ont eu depuis leur base arri&#232;re&#8230; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'ONU, sous direction fran&#231;aise, n'aura pas fait autre chose que de prendre le relai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si cette vertueuse p&#233;tition &#8211; qui r&#233;unit Jacques Chirac et Fran&#231;ois Hollande, par l'entremise de la premi&#232;re dame &#8211; a l'avantage de d&#233;noncer un scandale r&#233;el auquel il faut effectivement mettre un terme sans d&#233;lai, elle a aussi le d&#233;faut de s'inscrire dans une strat&#233;gie qui ne vise pas &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me, mais qui consiste au contraire &#224; l'entretenir depuis dix-huit ans, ceci ne faisant que prolonger l'engagement fran&#231;ais dans le g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris s'&#233;veille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Au Kivu, on viole et massacre dans le silence&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25.12.2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Muhammad Ali, Yamina Benguigui, Jacques Chirac, Abdou Diouf, Val&#233;rie Trierweiler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC), soit au coeur de l'Afrique, cette r&#233;gion est l'une des plus belles du monde. Autour d'un lac, des cultures montent en terrasses jusqu'au sommet des collines. Eau, soleil, terres fertiles, le Kivu aurait tout pour vivre heureux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;H&#233;las pour lui, son sous-sol regorge de mati&#232;res premi&#232;res. Principalement la cassit&#233;rite, un minerai dont on tire l'&#233;tain. Mais aussi le coltan, autre minerai recherch&#233;. Et bient&#244;t le p&#233;trole, qui vient d'&#234;tre d&#233;couvert. Attir&#233;es par ces richesses faciles, des bandes de mercenaires et de pillards de toutes sortes &#233;cument le territoire depuis des d&#233;cennies et martyrisent les populations.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De temps en temps, des voix s'&#233;l&#232;vent. De temps en temps, le calme revient. Et puis recommence le silence. Et reprennent les viols et les massacres. Pour tenter de limiter ces atrocit&#233;s, l'ONU a envoy&#233; sur place, en 1999, une force de paix qui compte aujourd'hui dix-sept mille soldats. Rappelons que ces dix-sept mille casques bleus y sont au nom de la communaut&#233; internationale, c'est-&#224;-dire en notre nom.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais, faute d'application r&#233;elle de son mandat pour intervenir, ces dix-sept mille soldats regardent et constatent. L'horreur, ces derniers jours, a franchi un nouveau degr&#233;. Des escadrons, dont le groupe baptis&#233; M23, font des incursions &#224; Goma et s&#232;ment la terreur dans sa p&#233;riph&#233;rie. Ils portent de beaux uniformes et brandissent des armes neuves.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'o&#249; viennent-ils ? Ils ravagent et ils tuent. Et ils violent. Ils violent par centaines de milliers les femmes et les enfants pour terroriser la population. Ils violent pour d&#233;truire. Ils violent pour arracher &#224; jamais les identit&#233;s. Et les enfants qu'ils n'ont pas massacr&#233;s, ils les enr&#244;lent de force.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et, pendant ce temps-l&#224;, les dix-sept mille soldats de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) attendent une r&#233;solution du Conseil de s&#233;curit&#233; qui leur permettrait d'agir. Connaissez-vous le Kivu ? Un drame s'y joue. En ce moment m&#234;me. Avec d&#233;j&#224; des millions de morts et d'autres millions de vies d&#233;vast&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un drame que la communaut&#233; internationale pourrait arr&#234;ter. A l'instant. Il lui suffirait de donner l'ordre aux dix-sept mille soldats de faire leur m&#233;tier et de remplir leur mandat. Leur m&#233;tier de soldat. Et leur mission de garantir la paix et la dignit&#233; de l'esp&#232;ce humaine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Signataires&lt;/i&gt; : Muhammad Ali, fondateur du Muhammad Ali Center ; Robert Badinter, ancien pr&#233;sident du Conseil Constitutionnel ; Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie ; Jacques Chirac, ancien Pr&#233;sident de la R&#233;publique Fran&#231;aise et pr&#233;sident de la Fondation Jacques Chirac ; Rosario Dawson, com&#233;dienne ; Jonathan Demme, r&#233;alisateur ; Abdou Diouf, ancien Pr&#233;sident de la R&#233;publique du S&#233;n&#233;gal et Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de la Francophonie ; Eve Ensler, auteur et cr&#233;atrice des V-Day ; Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix 2011 ; St&#233;phane Hessel, ancien ambassadeur de France ; Ang&#233;lique Kidjo, Chanteuse ; Claude Lanzmann, &#233;crivain et r&#233;alisateur ; Federico Mayor, ancien directeur g&#233;n&#233;ral de l'Unesco ; Denis Mukwege, gyn&#233;cologue, prix des droits de l'Homme des Nations Unies ; Thandie Newton, com&#233;dienne ; Erik Orsenna, &#233;crivain, Atiq Rahimi, &#233;crivain, Jean Christophe Ruffin, &#233;crivain, Mahamat Saleh Haroun, r&#233;alisateur, Val&#233;rie Trierweiler, ambassadrice de la Fondation Danielle Mitterrand&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : Le Monde]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discours du Dr Denis Mukwege aux Nations Unies en date du 25/9/2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;version fran&#231;aise, qui semble curieusement avoir &#233;t&#233; mal traduite de &lt;a href=&#034;http://www.panzihospital.org/archives/1027&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'anglais&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excellences Messieurs les Ambassadeurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais voulu commencer mon discours par la formule habituelle : &#171; j'ai l'honneur et le privil&#232;ge de prendre la parole devant vous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! Les femmes victimes des Violences Sexuelles de l'Est de la RDCongo sont dans le d&#233;shonneur. J'ai constamment sous mes yeux les regards des vieillardes, des filles, des m&#232;res et m&#234;me des b&#233;b&#233;s d&#233;shonor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, plusieurs sont soumises &#224; l'esclavage sexuel ; d'autres sont utilis&#233;es comme arme de guerre. Leurs organes sont expos&#233;s aux s&#233;vices les plus ignobles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela dure depuis 16 ans ! 16 ans d'errance ; 16 ans de torture ; 16 ans de mutilation ; 16 ans de destruction de la femme, la seule ressource vitale congolaise ; 16 ans de destruction de toute une soci&#233;t&#233;. Certes, vos Etats respectifs ont fait beaucoup en termes de prise en charge des cons&#233;quences de ces barbaries. Nous en sommes tr&#232;s reconnaissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais voulu dire &#171; j'ai l'honneur de faire partie de la Communaut&#233; internationale que vous repr&#233;sentez ici &#187;. Mais je ne le puis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le dire &#224; vous, repr&#233;sentants de la Communaut&#233; internationale quand, la Communaut&#233; internationale a fait preuve de peur et de manque de courage pendant ces 16 ans en RDCongo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais voulu dire &#171; j'ai l'honneur de repr&#233;senter mon pays &#187;, mais je ne peux pas non plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, comment &#234;tre fier d'appartenir &#224; une nation sans d&#233;fense ; livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me ; pill&#233;e de toute part et impuissante devant 500.000 de ses filles viol&#233;es pendant 16 ans ; 6.000.000 de morts de ses fils et filles pendant 16 ans sans qu'il n'y ait aucune perspective de solution durable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ! Je n'ai ni l'honneur ni le privil&#232;ge d'&#234;tre ici en ce jour. Mon coeur est lourd.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon honneur, c'est d'accompagner ces femmes courageuses et Victimes de tant de violences ; ces femmes qui r&#233;sistent, ces femmes qui, malgr&#233; tout, restent debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, gr&#226;ce au rapport des Experts des Nations Unies, au Mapping report du Haut Commissaire aux Droits humains des Nations Unies et beaucoup d'autres rapports cr&#233;dibles, plus personne ne peut se cacher derri&#232;re l'argument de la complexit&#233; de la crise. Nous savons donc d&#233;sormais les motivations de cette crise et ses diff&#233;rents acteurs. Ce qui fait d&#233;faut, c'est la volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais jusques &#224; quand ? Jusques &#224; quand devons-nous encore assister impuissants &#224; d'autres massacres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excellences Messieurs les Ambassadeurs ; c'est avec une grande humilit&#233; que je vous dis cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n' a pas besoin de plus de preuves, on a besoin d'une action, une action urgente pour arr&#234;ter les responsables de ces crimes contre l'humanit&#233; et les traduire devant la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice n'est pas n&#233;gociable. On a besoin de votre condamnation unanime des groupes rebelles qui sont responsables de ces actes, on a besoin des actions concr&#232;tes &#224; l'encontre des Etats membres des Nations Unies qui soutiennent de pr&#232;s ou de loin ces barbaries. Nous sommes devant une urgence humanitaire qui ne donne plus place &#224; la tergiversation. Tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour mettre fin &#224; une guerre injuste qui a utilis&#233; la violence et le viol des femmes comme une strat&#233;gie de guerre. Les femmes congolaises ont droit &#224; une protection, &#224; l'instar de toutes les femmes de cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir mettre tous ces rapports cr&#233;dibles dans le tiroir de l'oubliette, ce sera porter une atteinte grave &#224; la cr&#233;dibilit&#233; de diff&#233;rentes r&#233;solutions des Nations Unies exigeant la protection des femmes en p&#233;riode des conflits arm&#233;s et donc d&#233;cr&#233;dibiliser toute notre ch&#232;re Institution qui pourtant est cens&#233;e garantir la non r&#233;p&#233;tition du g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acquis de la Civilisation reculent ; ils reculent par les nouvelles barbaries comme en Syrie et en RDCongo ; mais aussi par le silence assourdissant et le manque de courage de la Communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne saurions pas taire la v&#233;rit&#233; car elle est t&#234;tue ; nous devrions plut&#244;t l'affronter pour &#233;viter de trahir nos id&#233;aux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'honneur de dire que le courage des femmes Victimes des Violences Sexuelles de l'Est de la RDCongo finira par vaincre le mal. &lt;i&gt;[La version anglaise dit : &#034;this evil&#034;, ce mal.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aidez-les &#224; retrouver la paix ! &lt;i&gt;[La version anglaise dit : &#034;Help them restore peace !&#034;, Aidez-les &#224; restaurer la paix !]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dr Denis Mukwege&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;decin Directeur, H&#244;pital de Panzi, Bukavu- RDCongo&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://www.panzihospital.org/archives/1034&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;panzihospital.org&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/uHLhmOLzvLQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;[Ci-dessous un article de La Croix fait le point (en mai dernier), sans oublier de pr&#233;ciser le r&#244;le des FDLR. O&#249; l'on apprend que pour inaugurer leur nouvelle campagne militaire en soutien des forces congolaises contre le M23, les FDLR auraient &#034;assassin&#233; &#224; l'arme blanche plus de 100 civils en territoire de Masisi au Nord-Kivu, la semaine derni&#232;re&#034;&#8230;]&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En RD-Congo, le Kivu est &#224; nouveau otage des rebelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23/5/2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'arm&#233;e congolaise est confront&#233;e &#224; une nouvelle r&#233;bellion, issue de ses rangs, dans le Nord-Kivu. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre mouvement rebelle reprend les armes, les Forces d&#233;mocratiques de lib&#233;ration du Rwanda (FDLR), une milice compos&#233;e de Hutus rwandais, accus&#233;e d'avoir particip&#233; au g&#233;nocide en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confusion et la violence r&#232;gnent &#224; nouveau dans le Nord-Kivu. Depuis quelques semaines, cette r&#233;gion instable de l'est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC) est le th&#233;&#226;tre d'affrontements violents entre des rebelles lourdement &#233;quip&#233;s et les Forces arm&#233;es de la RD-Congo (FARDC). La r&#233;gion est ensanglant&#233;e par plusieurs conflits qui opposent des mouvements rebelles, l'arm&#233;e loyaliste et des milices d'autod&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier, dans le territoire de Rutshuru (&#224; une dizaine de kilom&#232;tres de l'Ouganda), oppose des mutins aux FARDC. Estim&#233;s &#224; environ 300, ces rebelles, dont &lt;i&gt;&#171; les motivations ne sont pas tr&#232;s claires &#187;&lt;/i&gt;, selon un observateur sur place, sont d'anciens combattants du mouvement du Congr&#232;s national pour la d&#233;fense du peuple (CNDP), une force cr&#233;&#233;e pour la d&#233;fense des minorit&#233;s tutsies en RDC. Ils avaient int&#233;gr&#233; l'arm&#233;e gouvernementale apr&#232;s l'accord de paix du 23 mars 2009 entre Kinshasa et le CNDP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rebelles seraient divis&#233;s en deux groupes. Le premier a pris les armes pour prot&#233;ger leur leader, le g&#233;n&#233;ral Bosco Ntaganda, aujourd'hui en fuite. Ancien chef d'&#233;tat-major du CNDP, il avait int&#233;gr&#233; l'arm&#233;e congolaise avec le grade de g&#233;n&#233;ral en 2009. Kinshasa lui avait m&#234;me c&#233;d&#233; le commandement des op&#233;rations militaires dans les deux Kivus. Cette nomination avait &#233;t&#233; jug&#233;e scandaleuse par les organisations de d&#233;fense des droits de l'homme : Bosco Ntaganda, dit &#171; Terminator &#187;, est depuis 2006 sous le coup d'un mandat d'arr&#234;t de la Cour p&#233;nale internationale (CPI) pour avoir enr&#244;l&#233; des enfants dans sa milice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon plusieurs sources, Joseph Kabila s'appr&#234;tait &#224; l&#226;cher son prot&#233;g&#233; entre les mains de la CPI afin de reconqu&#233;rir les bonnes gr&#226;ces de la communaut&#233; internationale, qui lui bat froid depuis sa r&#233;&#233;lection contest&#233;e &#224; la t&#234;te du pays en novembre 2011. C'est pour &#233;chapper &#224; cette arrestation que le g&#233;n&#233;ral Ntaganda aurait pris le maquis. Selon l'ONG Human Rigths Watch, il aurait enr&#244;l&#233; de force au moins 149 gar&#231;ons et jeunes hommes depuis le 19 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second groupe rebelle, r&#233;uni sous le nom de M 23 (pour &#171; Mouvement du 23 mars &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; la date de l'accord de paix entre le CNDP et Kinshasa), affirme se battre pour une application stricte et totale des accords de paix de 2009. Depuis samedi, l'arm&#233;e loyaliste tente de le d&#233;loger de Rutshuru en conduisant une vaste offensive &#224; l'arme lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, un autre mouvement a relanc&#233; ses op&#233;rations militaires : les Forces d&#233;mocratiques de lib&#233;ration du Rwanda (FDLR). Compos&#233;es de Hutus soup&#231;onn&#233;s d'avoir particip&#233; au g&#233;nocide anti-tutsi rwandais, les FDLR profitent de ces r&#233;bellions pour reconqu&#233;rir des positions perdues. Les FDLR et leurs associ&#233;s ma&#239;-ma&#239; sont accus&#233;s de pillages, viols et assassinats. Lundi, ils ont attaqu&#233; le camp militaire de Luofu dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu). Ils sont aussi accus&#233;s d'avoir assassin&#233; &#224; l'arme blanche plus de 100 civils en territoire de Masisi au Nord-Kivu, la semaine derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement des FDLR leur a attir&#233; la haine d'une partie des populations locales dans le Sud-Kivu et dans la r&#233;gion frontali&#232;re avec le Nord-Kivu. Une milice d'autod&#233;fense est n&#233;e ces derniers mois pour les combattre, le Ra&#239;a Mutomboki. La guerre entre ces deux groupes est sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regain de violences de ces derni&#232;res semaines dans le Nord-Kivu a conduit des milliers de personnes &#224; fuir la r&#233;gion. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s, depuis le d&#233;but du mois de mai, plus de 30 000 civils se seraient d&#233;j&#224; r&#233;fugi&#233;s en Ouganda et, depuis le 27 avril, 8 200 au Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/En-RD-Congo-le-Kivu-est-a-nouveau-otage-des-rebelles-_EP_-2012-05-23-809897&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Croix&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Attentat : le n&#233;gationnisme se d&#233;cha&#238;ne</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/attentat-le-negationnisme-se.html</link>
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		<dc:date>2012-01-28T21:05:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Sitbon</dc:creator>


		<dc:subject>Arm&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>Droits de l'homme</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;D&#233;sintox autour de l'attentat du 6 avril 1994&#034; &#8211; c'est l'ambition affich&#233;e du blog Rwanda-la grande manip', qui, depuis quelques jours d&#233;monte magistralement tous les coups de la propagande des services fran&#231;ais qui pleuvent de tous c&#244;t&#233;s. Hier c'&#233;tait Politis, dans son &#233;dition papier, aujourd'hui c'est Marianne, dans son &#233;dition internet, Marianne2. &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut que recommander de mettre le blog &#8220;la Grande manip'&#8221; en lien sur tous les sites d'informations qui auraient le soucis d'&#233;claircir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/-politiques-coloniales-.html" rel="directory"&gt;Politiques coloniales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://yannis.lehuede.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton3497-7f74c.png?1772101587' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;D&#233;sintox autour de l'attentat du 6 avril 1994&#034;&lt;/i&gt; &#8211; c'est l'ambition affich&#233;e du blog &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://rwandagrandemanip.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rwanda-la grande manip'&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui, depuis quelques jours d&#233;monte magistralement tous les coups de la propagande des services fran&#231;ais qui pleuvent de tous c&#244;t&#233;s. Hier c'&#233;tait &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://rwandagrandemanip.wordpress.com/2012/01/27/politis-le-costa-concordia-de-lenquete-bruguiere/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Politis&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, dans son &#233;dition papier, aujourd'hui c'est &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, dans son &#233;dition internet, Marianne2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que recommander de mettre le blog &#8220;la Grande manip'&#8221; en lien sur tous les sites d'informations qui auraient le soucis d'&#233;claircir les d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce sont Rony Brauman, Jean-Herv&#233; Bradol et Claudine Vidal qui co-signent une tribune indigne, o&#249; ils n'h&#233;sitent pas &#224; insulter tous ceux qui se battent pour que la responsabilit&#233; fran&#231;aise dans le g&#233;nocide des Tutsi soit prise en compte &#8211; et qui, accessoirement, ont pu souligner le caract&#232;re aggravant du crime si l'attentat s'av&#233;rait avoir &#233;t&#233; commis par l'arm&#233;e fran&#231;aise et ses alli&#233;s rwandais, comme il est bien possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hypoth&#232;se aggravante a &#233;t&#233; combattue depuis dix-sept par une lourde op&#233;ration d'intoxication tentant de faire valoir l'hypoth&#232;se inverse, hautement invraisemblable, suivant laquelle le dit attentat aurait &#233;t&#233; commis par leurs adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que c'est m&#233;thodiquement d&#233;montr&#233; dans les divers articles d&#233;j&#224; publi&#233;s sur ce blog, tour &#224; tour le capitaine Barril, Stephen Smith, le juge Brugui&#232;re, Pierre P&#233;an, Claudine Vidal, Andr&#233; Guichaoua et l'&#233;minent Rony Brauman, se sont livr&#233;s &#224; une succession de contorsions intellectuelles, de la fa&#231;on la plus &#233;hont&#233;e, soutenant continument un sc&#233;nario sans queue ni t&#234;te &#8211; et dont a meilleure version aura &#233;t&#233; produite par&#8230; SAS&#8230;&#8211;, parvenant n&#233;anmoins &#224; faire assez de fum&#233;e pour que les indices s&#233;rieux pointant vers une responsabilit&#233; fran&#231;aise soient finalement &#233;cart&#233;s des d&#233;bats, au b&#233;n&#233;fice d'une pol&#233;mique centr&#233;e sur l'accusation absurde qu'ils renvoient en miroir, inlassablement, m&#234;me apr&#232;s avoir subi plus de d&#233;mentis qu'il n'est possible d'en concevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge Brugui&#232;re aura &#233;t&#233; charg&#233; d'&#8220;instruire&#8221; cette th&#233;orie, et ne se sera pas g&#234;n&#233; pour faire feu de tous bois, artifices rh&#233;toriques, t&#233;moignages dict&#233;s, et autres manifestes entorses, pour en arriver &#224; produire une ordonnance qu'on a pu qualifier sans exag&#233;ration de forfaiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atteint par l'&#226;ge de la retraite, il aura d&#251; c&#233;der son dossier, non encore conclu, au juge Tr&#233;vidic, lequel sera oblig&#233; de reprendre l'instruction &#224; z&#233;ro tant celle-ci n'&#233;tait ni faite ni &#224; faire. Apr&#232;s quelques ann&#233;es d'un travail nettement plus rigoureux, il aura pu non seulement v&#233;rifier l'inconsistance des &#8220;t&#233;moignages&#8221; rassembl&#233;s par son pr&#233;d&#233;cesseur, mais aussi mettre en &#339;uvre une v&#233;ritable enqu&#234;te, sur le terrain, qui a permis d'&#233;tablir que l'hypoth&#232;se soutenue par Brugui&#232;re est contredite factuellement : les missiles sont partis du camp militaire proche de l'a&#233;roport, le camp de Kanombe, o&#249; les troupes d'&#233;lites de l'arm&#233;e rwandaise &#233;taient entra&#238;n&#233;es par l'arm&#233;e fran&#231;aise, camp o&#249; r&#233;sidaient les coop&#233;rants militaires fran&#231;ais encore pr&#233;sents au Rwanda &#224; l'heure du d&#233;clenchement du g&#233;nocide, en avril 1994 &#8211; plusieurs mois apr&#232;s le retrait officiel des troupes fran&#231;aises intervenu en d&#233;cembre 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En renfort de la laborieuse construction de Brugui&#232;re, Claudine Vidal et Andr&#233; Guichaoua ont &#233;dit&#233; en pr&#232;s de 500 pages &#8211; eux-m&#234;mes soulignent leur exploit &#8211;, un t&#233;moignage abracadabrant d'un certain Abdul Ruzibiza, suppos&#233; apporter la preuve de leur th&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on verra dans l'excellent article ci-dessous, lors de la parution de ce pseudo-brulot &#8211; que son auteur lui-m&#234;me d&#233;savouera ainsi qu'il d&#233;noncera les conditions de son &#8220;t&#233;moignage&#8221; devant le juge &#8211;, en d&#233;cembre 2005, d&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, Rony Brauman avouait le sens de la man&#339;uvre : &lt;i&gt;&#8220;Son livre&#8230; fait voler en &#233;clats la th&#232;se de la respon&#173;sabilit&#233; fran&#231;aise dans l'attentat du 6 avril.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien de &#231;a qu'il s'agit : cet attentat pourrait bien s'&#234;tre fait sous l'autorit&#233; de Fran&#231;ois Mitterrand, pr&#233;sident de la R&#233;publique, chef des arm&#233;es, et patron de l'intervention militaire fran&#231;aise au pays des mille collines qu'il aura dirig&#233;e de bout en bout &#8211; et ce sous deux majorit&#233; parlementaire successives, de gauche puis de droite, b&#233;n&#233;ficiant en particulier de la collaboration active du gouvernement de cohabitation d'Edouard Balladur, avec ses ministres, Michel Roussin, &#224; la Coop&#233;ration (militaire), Alain Jupp&#233;, d&#233;j&#224; en ce temps-l&#224; aux Affaires &#233;trang&#232;res, Fran&#231;ois L&#233;otard, &#224; la D&#233;fense, et Nicolas Sarkozy, porte-parole du gouvernement et ministre du Budget &#8211; ce pour quoi on l'aura qualifi&#233; de &#8220;banquier du g&#233;nocide&#8221;. Jupp&#233; lui-m&#234;me avouait alors &#8211; &#224; Bradol&#8230; &#8211; que la France avait continu&#233; &#224; livrer des armes aux forces g&#233;nocidaires y compris pendant le g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui apparait au bout de cette enqu&#234;te, c'est une responsabilit&#233; totale de la France, de son arm&#233;e, de ses services secrets et de son gouvernement, pr&#233;sidence incluse. Or, depuis dix-sept ans, du rapport de la Mission d'information parlementaire, en 1998, aux plus r&#233;centes d&#233;clarations de Sarkozy ou de son pr&#233;c&#233;dent ministre Bernard Kouchner, la France veut bien tout au pus reconna&#238;tre quelques erreurs d'appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant qu'on discute, pas plus que les v&#233;ritables responsabilit&#233;s n'ont commenc&#233; &#224; &#234;tre examin&#233;es, personne n'a encore vers&#233; de r&#233;parations aux victimes du g&#233;nocide&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris s'&#233;veille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://rwandagrandemanip.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rwanda : MSF se Crashe sur le rapport Tr&#233;vidic&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;En psychologie&lt;/i&gt;, nous apprend Wikipedia, &lt;i&gt;le d&#233;ni est une notion th&#233;oris&#233;e par Sigmund Freud pour d&#233;signer la non-consid&#233;ration d'une partie de la r&#233;alit&#233;. [&#8230;] L'acte de d&#233;ni refuse de prendre en charge certaines perceptions : un fragment, &#233;ventuellement important, de la r&#233;alit&#233;, se voit totalement ignor&#233; ; la personne qui d&#233;nie se comporte comme si cette r&#233;alit&#233; n'existait simplement pas, alors qu'elle la per&#231;oit.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la communication aux parties par les juges Poux et Tr&#233;vidic, le 10 janvier 2012, du rapport d'expertise sur l'attentat du 6 avril 1994 au Rwanda, certains cadres de M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF), aujourd'hui membres du Centre de r&#233;flexion sur l'action et les savoirs humanitaires (Crash, un nom pr&#233;destin&#233;), offrent une illustration int&#233;ressante de cette occultation du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers sympt&#244;mes apparaissent le 16 janvier dernier, sur le blog de Jean-Herv&#233; Bradol, ancien pr&#233;sident de MSF (2000-2008). Bradol est m&#233;decin. Sa sp&#233;cialit&#233; : les rapports balistiques. Et son diagnostic est sans appel : le rapport d'expertise Poux-Tr&#233;vidic &lt;i&gt;&#8220;fait p&#233;ter les plombs&#8221;&lt;/i&gt; aux m&#233;dias fran&#231;ais. Certes, le niveau de langage est un peu rel&#226;ch&#233;, mais pour Jean-Herv&#233; Bradol, l'heure est grave. Une v&#233;ritable &#233;pid&#233;mie menace. Pire que le chol&#233;ra. Une contagieuse vague de lucidit&#233; s'est en effet abattue sur la presse fran&#231;aise. &#192; une quasi-unanimit&#233;, celle-ci affirme depuis le 10 janvier au soir que la th&#232;se Brugui&#232;re sur l'attentat du 6 avril 1994 s'est effondr&#233;e. Or (rendons &#224; C&#233;sar&#8230;) cette th&#232;se est, en r&#233;alit&#233;, la th&#232;se Brugui&#232;re-MSF-Smith-Vidal-Guichaoua. Qui eux aussi, du coup, sont effondr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenez que &#231;a le contrarie, notre balisticien sans fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors il s'agace, temp&#234;te, fait de grands moulinets avec les bras. &lt;i&gt;&#8220;Le fait que ce rapport n'ait pas &#233;t&#233; lu par ceux qui commentent ses conclusions ne les d&#233;courage pas de formuler des opinions d&#233;finitives sur l'identit&#233; des commanditaires du crime&#8221;&lt;/i&gt;, &#233;ructe-t-il. Comme l'auront compris les lecteurs r&#233;guliers de ce blog, s'il en est un qui n'a manifestement pas lu le rapport d'expertise avant d'en parler, c'est bien lui, Bradol. Sinon, comment pourrait-il s&#233;rieusement &#233;crire : &lt;i&gt;&#8220;D'un point de vue m&#233;thodologique, les conclusions de l'enqu&#234;te dite balistique reposent avant tout sur des t&#233;moignages et non sur des &#233;l&#233;ments mat&#233;riels&#8221;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son billet, Bradol m&#233;lange tout dans son grand shaker sans fronti&#232;res : la balistique, l'acoustique, l'expertise remise au juge Tr&#233;vidic, les t&#233;moins du juge Brugui&#232;re, les audiences du TPIR&#8230; Ce qu'il ne supporte pas, c'est &lt;i&gt;&#8220;l'utilisation de ces suppos&#233;es conclusions pour d&#233;douaner Paul Kagame et ses amis&#8221;&lt;/i&gt;. Car pour lui, IL FAUT que Kagame soit coupable de l'attentat ! Ce n'est ni une option ni une hypoth&#232;se, mais un postulat. Les expertises du juge Tr&#233;vidic, les r&#233;tractations des faux t&#233;moins de son pr&#233;d&#233;cesseur, Jean-Louis Brugui&#232;re, les contradictions et incoh&#233;rences des t&#233;moins qui ne se sont pas encore r&#233;tract&#233;s, tout &#231;a ne l'int&#233;resse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son cr&#233;dit, la meilleure preuve que l'expertise remise aux juges Poux et Tr&#233;vidic ne doit pas &#234;tre prise au s&#233;rieux n'est-elle pas qu'elle contredit l'analyse de MSF sur le sujet ? Or, qui mieux qu'une ONG dont l'objet est d'&lt;i&gt;&#8220;apporte[r] une assistance m&#233;dicale &#224; des populations dont la vie ou la sant&#233; est menac&#233;e&#8221;&lt;/i&gt; pourrait bien d&#233;terminer le lieu d'o&#249; sont partis deux missiles sol-air le soir du 6 avril 1994 &#224; Kigali ? S&#251;rement pas Claudine Oosterlinck (expert a&#233;ronautique pr&#232;s la Cour d'Appel de Caen), Daniel van Schendel (expert en explosions, explosifs et incendies, pr&#232;s la Cour d'Appel de Toulouse), Jean Huon (expert en armes, munitions, balistique pr&#232;s la Cour d'Appel de Versailles, agr&#233;&#233; par la Cour de Cassation), Jean-Sompayrac (g&#233;om&#232;tre-expert), ni Olivier Chavanis (ing&#233;nieur en armements a&#233;ronautiques et pyrotechnie embarqu&#233;e). Quant &#224; Jean-Pascal Serre, expert acousticien inscrit sur la liste de la Cour d'Appel de Rouen, on se demande bien pourquoi la justice est all&#233;e lui confier un mandat (Bradol se m&#233;fie des acousticiens comme de la peste) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous imaginez un peu le scandale ? Pour r&#233;aliser leur expertise, les juges Poux et Tr&#233;vidic n'ont pas fait appel &#224; Rony Brauman ni au Dr Jean-Herv&#233; Bradol, qui sait bien, lui, que &lt;i&gt;&#8220;pour reconstituer le trajet du missile, la balistique seule s'emploierait &#224; relever les traces mat&#233;rielles de la pr&#233;sence du missile en au moins deux points pour pouvoir calculer sa trajectoire. Or dans ce cas, dix-sept ans apr&#232;s les faits, ces traces mat&#233;rielles ne peuvent plus &#234;tre relev&#233;es&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de &#231;a, ils se sont tourn&#233;s vers un coll&#232;ge transdisciplinaire d'expert agr&#233;&#233;s aupr&#232;s des tribunaux qui, non seulement se sont rendus sur les lieux, mais ont de plus os&#233; &#233;crire que &lt;i&gt;&#8220;les indices mat&#233;riels recueillis sur le terrain ont repr&#233;sent&#233; des donn&#233;es objectives devant &#234;tre analys&#233;es pour d&#233;terminer le (ou les) lieu(x) possible(s) de tirs, en se r&#233;f&#233;rant aux performances balistiques et aux capacit&#233;s d'acquisition des syst&#232;mes d'armes &#224; guidage infrarouge sol-air envisageables dans ce contexte&#8221;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, elle est belle, la justice fran&#231;aise ! C'est pas le juge Brugui&#232;re qui aurait perdu son temps &#224; effectuer une reconstitution au Rwanda &#224; la recherche d'inutiles &#233;l&#233;ments mat&#233;riels, alors qu'il y a tant de transfuges du FPR pr&#234;ts &#224; accuser Paul Kagame d'&#234;tre &#224; l'origine de l'attentat en &#233;change d'un visa pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs pour &#231;a que MSF ne s'est jamais embarrass&#233; d'enqu&#234;ter sur le sujet. L'association n'avait pas besoin de diligenter une expertise, puisqu'elle disposait depuis 2005 d'un t&#233;moin magique : Abdul Ruzibiza, ancien infirmier au sein de la branche militaire du FPR, qui a quitt&#233; le Rwanda au d&#233;but des ann&#233;es 2000 afin d'&#233;chapper &#224; son proc&#232;s en appel devant la justice militaire pour avoir piqu&#233; dans la caisse. Fin 2005, sous le triple parrainage de Claudine Vidal, d'Andr&#233; Guichaoua et de la journaliste G&#233;raldine Faes (Madame Stephen Smith &#224; la ville), il publiait un livre dans lequel il affirmait avoir &#233;t&#233; membre du commando &#224; l'origine de l'attentat. Dans Marianne, d&#232;s le 17 d&#233;cembre 2005, Rony Brauman prenait la version de Ruzibiza pour parole d'&#201;vangile :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#8220;Son livre, dont la lecture est parfois &#233;prou&#173;vante en raison des atrocit&#233;s dont il t&#233;moi&#173;gne, fait voler en &#233;clats la th&#232;se de la respon&#173;sabilit&#233; fran&#231;aise dans l'attentat du 6 avril. L'auteur est d&#233;j&#224; connu pour &#234;tre le principal t&#233;moin dans l'instruction dirig&#233;e par le juge Brugui&#232;re sur cet attentat qui a co&#251;t&#233; la vieaux deux pilotes fran&#231;ais du Falcon offert par Paris au pr&#233;sident rwandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Officier de ren&#173;seignements, il a assist&#233; aux pr&#233;paratifs et &#224; l'ex&#233;cution de l'op&#233;ration sur laquelle il livre des d&#233;tails d'une pr&#233;cision toute militaire. [&#8230;] L'&#233;limination du pr&#233;sident du Rwanda fut d&#233;cid&#233;e dans ce contexte, le 31 mars 1993, par Paul Kagame, qui n'ignorait pas qu'elle d&#233;cha&#238;nerait &#224; son tour des massacres&lt;/strong&gt;.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Jean-Herv&#233; Bradol, Rony Brauman est un ancien pr&#233;sident de MSF-France (1982-1994). Il est lui aussi m&#233;decin. Sa sp&#233;cialit&#233; : l'historiographie tropicale et les doubles g&#233;nocides. En 2006, se livrant &#224; une comparaison des livres de Ruzibiza (encens&#233;) et de Pierre P&#233;an (&#233;pingl&#233;), notre historien sans fronti&#232;res concluait que &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#8220;de ces deux livres ressort toutefois une confirmation : les m&#233;thodes de guerre et de pouvoir de Paul Kagam&#233; font de ce chef d'&#201;tat l'un des plus &#233;minents criminels contemporains&#8221;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. Dans une chronique portant l'en-t&#234;te du Crash, Brauman reprenait &#224; son compte, sans le moindre recul critique, la th&#232;se de Ruzibiza accusant Paul Kagame d'avoir commandit&#233; l'attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#8220;Le lieutenant Ruzibiza, qui a perdu toute sa famille dans le g&#233;nocide et a fui &#224; nouveau son pays en 2001, r&#233;volt&#233; par la terreur qu'y fait r&#233;gner Kagam&#233;, est le principal t&#233;moin du juge Brugui&#232;re dans le cadre de l'instruction ouverte pour l'assassinat des deux pilotes fran&#231;ais qui &#233;taient aux commandes du Falcon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Son livre, pr&#233;fac&#233; par une des meilleures sp&#233;cialistes fran&#231;aises du Rwanda, est un document de premi&#232;re importance pour qui veut comprendre de l'int&#233;rieur le processus de construction et de mise en place d'un r&#233;gime fond&#233; sur le mensonge et la violence.&lt;/strong&gt; [&#8230;] Il faut soutenir le soldat Ruzibiza.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rony Brauman fait confiance &#224; ses amis. Et Stephen Smith, tout comme Claudine Vidal, en font partie. &#192; l'&#233;t&#233; 2000, tous trois cosignaient dans la revue Esprit un article violemment anti-Kagame : &lt;i&gt;&#8220;Rwanda : politique de terreur, privil&#232;ge d'impunit&#233;&#8221;&lt;/i&gt;. Alors, quand Stephen Smith, en 2004, puis Claudine Vidal, en 2005, lui ont vendu le t&#233;moignage de l'ancien infirmier du FPR comme la preuve ultime que Kagame avait cyniquement d&#233;clench&#233; le g&#233;nocide contre la population tutsi du Rwanda, Rony Brauman ne s'est pas pos&#233; la moindre question. Il a fonc&#233; t&#234;te baiss&#233;e, tel un taureau sur une muleta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa d&#233;charge, sans doute ignorait-il qu'au Rwanda, la simple &#233;vocation du nom de Claudine Vidal comme &#8220;sp&#233;cialiste&#8221; du pays provoque une onde de fou rire de Ruhengeri &#224; Butare. De m&#234;me qu'&#224; Paris, historiens et sociologues se refilent sous le manteau, hilares, les photocopies de sa pr&#233;face au livre de Ruzibiza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Floril&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#8220;&lt;strong&gt;Paul Kagame et son groupe&lt;/strong&gt; n'ayant jamais envisag&#233; d'appliquer les accords de paix sign&#233;s &#224; Arusha (4 ao&#251;t 1993) ont voulu une guerre totale contre le pouvoir en place sans ignorer qu'ils risquaient ainsi d'entra&#238;ner le g&#233;nocide des Rwandais tutsi. Ils &lt;strong&gt;ont lanc&#233; cette guerre le 6 avril 1994 par l'attentat contre l'avion pr&#233;sidentiel et l'ont gagn&#233;e en choisissant une tactique menant le plus rapidement possible &#224; la victoire, alors qu'une autre, plus co&#251;teuse en temps, aurait permis de porter secours aux Tutsi&lt;/strong&gt;. Enfin, &lt;strong&gt;Abdul Ruzibiza qualifie de g&#233;nocide les tueries massives de Hutus perp&#233;tr&#233;es par l'APR&lt;/strong&gt; durant et apr&#232;s la guerre. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8230;ce t&#233;moignage [&#8230;] s'affirme t&#233;moignage oculaire &#224; la fois personnel et collectif, sans que les deux dimensions soient syst&#233;matiquement distingu&#233;es. &lt;strong&gt;Une modalit&#233; de t&#233;moignage qui n'est pas famili&#232;re aux Occidentaux&lt;/strong&gt;, voire qui les g&#234;ne en raison de l'arri&#232;re-plan juridique auquel est reli&#233;e la notion de t&#233;moin : le r&#233;cit du t&#233;moin ne vaut, n'est cr&#233;dible que si ce dernier rapporte ce qu'il a vu ou entendu, lui, personnellement. &lt;strong&gt;Or la culture rwandaise admet comme t&#233;moignage le r&#233;cit d'un homme qui n'a pas vu, personnellement le fait qu'il rapporte&lt;/strong&gt; mais tient son r&#233;cit d'un autre autre qui, lui, l'a vu et qu'il juge digne de foi.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons. En 2005, sur la base du r&#233;cit d'un t&#233;moin unique &lt;i&gt;&#8220;qui n'a pas vu, personnellement, les faits qu'il rapporte&#8221;&lt;/i&gt;, une sociologue fran&#231;aise (directrice de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS) pr&#233;tend faire voler en &#233;clat le corpus historiographique relatif au g&#233;nocide des Tutsi pour nous faire miroiter, selon ses propres termes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#8220;&#8230;un chapitre relevant de l'histoire-complot [l'assassinat d'Habyarimana, nda], un type d'histoire qui capte l'attention inlassable de toutes sortes de publics. &#192; cet &#233;gard, le livre de Ruzibiza ne d&#233;cevra pas les lecteurs. En effet, &lt;strong&gt;l'auteur relate de fa&#231;on d&#233;taill&#233;e l'ultime r&#233;union de pr&#233;paration de l'attentat dirig&#233;e par Paul Kagame, le choix de l'armement, l'introduction clandestine des missiles &#224; Kigali, le rep&#233;rage du site de tir et l'ex&#233;cution de la mission&lt;/strong&gt;. Son r&#233;cit est le plus pr&#233;cis de ceux qui furent jusqu'&#224; maintenant rendus publics par des dissidents du FPR.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans plus tard, tout s'&#233;croule. Au moment de l'arrestation de Rose Kabuye, en novembre 2008, le journaliste rwandais Albert Rudatsimburwa, directeur de la radio priv&#233;e Contact FM, t&#233;l&#233;phone &#224; Ruzibiza, r&#233;fugi&#233; en Norv&#232;ge. Et ce dernier lui r&#233;v&#232;le que la totalit&#233; de son t&#233;moignage est bidonn&#233;. Dans les jours et les semaines qui suivent, un nombre important de m&#233;dias internationaux se tournent vers le t&#233;moin-cl&#233; du juge Brugui&#232;re. Ruzibiza leur confirme que son t&#233;moignage est une supercherie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Claudine Vidal, Andr&#233; Guichaoua et Rony Brauman, la premi&#232;re tentation est la fuite : changer de nom, se faire refaire le visage et s'exiler en Am&#233;rique du Sud&#8230; Mais comme personne, au sein des m&#233;dias fran&#231;ais (pourtant &#8220;idiots utiles de Kagame&#8221;, comme ils l'&#233;crivent aujourd'hui) ne leur fait l'injure de les confronter aux &#226;neries irresponsables qu'ils ont &#233;crites depuis trois ans, accusant &#224; la l&#233;g&#232;re Paul Kagame d'avoir d&#233;clench&#233; le g&#233;nocide &#224; dessein afin de prendre le pouvoir par la force, ils tentent de se refaire une virginit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 novembre 2008, l'agence Hirondelle publie un communiqu&#233; du couple de pr&#233;/postfaciers. Il est amusant de constater que la d&#233;p&#234;che est cosign&#233;e des initiales GF (G&#233;raldine Faes), qui est elle-m&#234;me l'&#233;ditrice du livre de Ruzibiza. On reste en famille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#8220;Nous rappelons cependant que &lt;strong&gt;ce livre a 494 pages sur lesquelles 15 pages seulement sont consacr&#233;es &#224; l'attentat contre l'avion du Pr&#233;sident Habyarimana. Dans ses d&#233;clarations, Ruzibiza intervient uniquement sur cet &#233;pisode pour affirmer qu'&#224; ce sujet il a tout invent&#233;&lt;/strong&gt;. Nous avons eu cependant l'occcasion de v&#233;rifier, avant la publication de cet ouvrage, que nombre d'informations livr&#233;es par l'auteur &#233;taient recoup&#233;es par d'autres t&#233;moignages, autres que ceux connus par Ruzibiza. &lt;strong&gt;Aujourd'hui nous ne sommes pas convaincus que Ruzibiza puisse prouver qu'il a menti sur toute la ligne depuis 2003 et notamment devant le TPIR, que ce soit sur l'attentat, que ce soit sur d'autres points&lt;/strong&gt;. Quant aux mobiles de la r&#233;tractation d'Abdul Ruzibiza, nous ne savons que ce qu'il en dit lui-m&#234;me et que nous n'avons pas &#224; discuter. Il appartient aux juridictions concern&#233;es de r&#233;agir &#224; cette revendication de faux-t&#233;moignage&#8221; &#233;crivent Andr&#233; Guichaoua et Claudine Vidal.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, Claudine Vidal doit prendre son b&#226;ton de p&#232;lerin. En mai 2009, dans L'Afrique des Grands Lacs. Annuaire 2008-2009, elle r&#233;dige un texte intitul&#233; &lt;i&gt;&#8220;Les contradictions d'un lieutenant rwandais. Abdul Ruzibiza, t&#233;moin, acteur, faux t&#233;moin&#8221;&lt;/i&gt;. On aurait pu croire que l'universitaire y exposerait d'entr&#233;e un vibrant mea culpa, pour avoir fait preuve de tant de l&#233;g&#232;ret&#233; et s'&#234;tre prise pour une historienne, au risque d'enfumer durablement l'opinion publique en cautionnant une th&#232;se faisant du FPR, mouvement qui a stopp&#233; le g&#233;nocide, celui qui l'a d&#233;clench&#233;. On aurait pu s'attendre &#224; ce qu'elle annonce, par la m&#234;me occasion, qu'elle cessait s&#233;ance tenante de travailler sur le Rwanda, d&#233;missionnait du CNRS et se retirait dans un couvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en guise de mea culpa, on n'aura droit qu'&#224; un nouveau d&#233;ferlement de charabia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#8220;L'un des deux Ruzibiza dit-il la v&#233;rit&#233; plus que l'autre ? Cela me para&#238;t actuellement ind&#233;cidable, sauf si l'on prend le parti de ne pas reconna&#238;tre l'incertitude cr&#233;&#233;e par Ruzibiza. Comment se sortir de ce &#171; paradoxe du menteur &#187; ? Il reste, en effet, que nous manquons d'&#233;tudes enqu&#234;tant, de l'int&#233;rieur, sur les pratiques de guerre du FPR, et que nous ne pouvons donc mettre les premiers r&#233;cits de Ruzibiza en relation avec ceux d'autres militaires du FPR. Seul le d&#233;veloppement d'enqu&#234;tes nouvelles (ainsi que la mise &#224; jour des rapports des Nations unies et autres instances internationales, comme le TPIR) permettrait de d&#233;terminer quels r&#233;cits de Ruzibiza sont ou ne sont pas invent&#233;s.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, le 5 f&#233;vrier 2009, Andr&#233; Guichaoua a &#233;t&#233; r&#233;entendu par par la justice fran&#231;aise. Mais par le juge Tr&#233;vidic cette fois, ce qu'il trouve plus inconfortable qu'au bon vieux temps, quand Jean-Louis Brugui&#232;re le consid&#233;rait comme une quasi-divinit&#233;. L'audition est un grand moment. L'universitaire tente comme il peut de retomber sur ses pieds, apr&#232;s ce lamentable fiasco. Plut&#244;t que de r&#233;pondre clairement aux questions du magistrat, il botte syst&#233;matiquement en touche, promettant &#224; chaque phrase des documents en tout genre, sans grand int&#233;r&#234;t, plut&#244;t que d'expliquer comment un sp&#233;cialiste aussi incontestable que lui a pu se laisser enfumer par un mythomane aussi grossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an et demi plus tard, Ruzibiza lui-m&#234;me sera &#224; nouveau entendu par les juges fran&#231;ais. Apr&#232;s deux ann&#233;es d'une r&#233;tractation constante, il revient subitement &#224; ses premi&#232;res accusations contre le FPR. Mais dans le m&#234;me temps, il d&#233;goupille une grenade encore plus redoutable que sa pr&#233;c&#233;dente r&#233;tractation : Ruzibiza confirme en effet ce dont tout observateur un peu s&#233;rieux pouvait se douter depuis l'origine, &#224; savoir qu'il n'avait jamais mis les pieds &#224; Masaka ni fait partie du commando &#224; l'origine de l'attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruzibiza, le t&#233;moin &#8220;oculaire&#8221; sur lequel se basait &#224; 90% l'instruction du juge Brugui&#232;re, n'avait en fait rien vu du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Claudine Vidal et ses amis, cela ne fait pas une grande diff&#233;rence, puisque &lt;i&gt;&#8220;la culture rwandaise admet comme t&#233;moignage le r&#233;cit d'un homme qui n'a pas vu, personnellement, le fait qu'il rapporte&#8221;&lt;/i&gt;. Mais pour les juges d'instruction parisiens, la nuance pr&#234;te davantage &#224; cons&#233;quence. D'autant que d'autres &#8220;repentis&#8221; continuent de parsemer le dossier de mines antipersonnel. C'est le cas, par exemple, d'Evariste Musoni. Interrog&#233; par la police britannique, sur commission rogatoire des magistrats fran&#231;ais, celui-ci devait d&#233;clarer : &lt;i&gt;&#8220;Je ne veux plus m'exprimer sur cette affaire, j'ai rendu suffisamment de services au gouvernement fran&#231;ais.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penaud, d&#233;cr&#233;dibilis&#233;, le &#8220;Network Commando&#8221; MSF-CNRS n'a plus que ses yeux pour pleurer. Blessure d'amour-propre oblige, il se laisse d&#233;sormais aller &#224; l'invective, dans Marianne2, traitant les journalistes fran&#231;ais ayant couvert la sortie du rapport Poux-Tr&#233;vidic d'&lt;i&gt;&#8220;idiots utiles de Kagame&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aveugl&#233;e par son propre d&#233;ni, refusant de reconna&#238;tre une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure traumatisante, la petite bande s'enfonce fi&#232;rement au fond d'une impasse, publiant aujourd'hui les &#233;crits qui, demain, la d&#233;cr&#233;dibiliseront encore un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://rwandagrandemanip.wordpress.com/2012/01/28/msf-se-crashe-sur-le-rapport-trevidic/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rwanda-lagrandemanip&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://rwandagrandemanip.wordpress.com/" class="spip_out"&gt;Rwanda : la grande manip'&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rwanda : l'&#201;tat fran&#231;ais doit regarder son pass&#233; en face</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/rwanda-l-etat-francais-doit.html</link>
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		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;nocides</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Verts sont parmi les rares formations politiques &#224; avoir compris qu'il s'est pass&#233; quelque chose de critiquable, en 1994, au Rwanda. 17 ans apr&#232;s, ils n'ont pas oubli&#233; que la France dirig&#233;e par Fran&#231;ois Mitterrand et &#201;douard Balladur s'est compromise lourdement dans le g&#233;nocide des Tutsi. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'autant plus m&#233;ritoire que cette prise de position officielle d'un parti politique sur cette question grave intervient en pleine campagne n&#233;gationniste, les plaidoyer pro-domo de militaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/-politique-.html" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-politique-35-+.html" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocides-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;nocides&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://yannis.lehuede.org/local/cache-vignettes/L150xH123/arton3286-5e54f.jpg?1772143266' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Verts sont parmi les rares formations politiques &#224; avoir compris qu'il s'est pass&#233; quelque chose de critiquable, en 1994, au Rwanda. 17 ans apr&#232;s, ils n'ont pas oubli&#233; que la France dirig&#233;e par Fran&#231;ois Mitterrand et &#201;douard Balladur s'est compromise lourdement dans le g&#233;nocide des Tutsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autant plus m&#233;ritoire que cette prise de position officielle d'un parti politique sur cette question grave intervient en pleine campagne n&#233;gationniste, les plaidoyer pro-domo de militaires fran&#231;ais se multipliant, s'appuyant sur la scandaleuse d&#233;sinformation fabriqu&#233;e par l'officine de Pierre P&#233;an, dont les livres se succ&#232;dent de fa&#231;on &#233;hont&#233;e, pour tenter de faire valoir que les victimes seraient&#8230; les bourreaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que f&#233;liciter Europe &#201;cologie-Les Verts de son courage sur cette question qui a soulev&#233;, au contraire, la plus grande l&#226;chet&#233; aussi bien parmi les politiques que parmi les intellectuels de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, comme dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;La v&#233;rit&#233; sur un g&#233;nocide finit toujours par s'imposer&#8221;, disait notre ami Jean-Paul Gouteux, auteur le La Nuit rwandaise. Signalons &#224; cette occasion la parution de la cinqui&#232;me livraison de la revue annuelle, La Nuit rwandaise, cr&#233;&#233;e pour prolonger son travail inlassable au service de la v&#233;rit&#233; et de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passe. Et dix-sept ans plus tard, la France n'a rien reconnu de ses responsabilit&#233;s, ni engag&#233; le versement des r&#233;parations qui s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris s'&#233;veille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;COMMUNIQU&#201; DE PRESSE DU 7 AVRIL 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 avril 2010, jour du seizi&#232;me anniversaire du d&#233;but du g&#233;nocide Tutsi au Rwanda, une soixantaine d'organisations et de personnalit&#233;s fran&#231;aises lan&#231;ait un &lt;i&gt;&#034;Appel citoyen France-Rwanda&#034;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#034;faire toute la lumi&#232;re&#034;&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;&#034;les graves erreurs d'appr&#233;ciation&#034;&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;&#034;erreurs politiques&#034;&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;&#034;forme d'aveuglement&#034;&lt;/i&gt; ayant caract&#233;ris&#233; le comportement de la France durant le g&#233;nocide, selon le discours prononc&#233; le 25 f&#233;vrier 2010 par Nicolas Sarkozy, premier Pr&#233;sident fran&#231;ais se rendant en visite au Rwanda depuis les massacres. Le texte, sign&#233; entre autres par quatre parlementaires ou hauts responsables d'Europe &#201;cologie Les Verts (EELV), se fondait sur les travaux de la mission d'information parlementaire de 1998 et sur ceux de nombreux chercheurs et ONG pour poser notamment la question : &lt;i&gt;&#034;Comment les autorit&#233;s politiques et militaires fran&#231;aises ont-elles pu soutenir, par des conseils militaires, la fourniture d'armes, et l'engagement direct de troupes, un r&#233;gime qui avait fait du racisme anti-Tutsi un point central de son identit&#233; et de son action ?&#034;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#034;Il est essentiel d'apporter des r&#233;ponses claires &#224; ces questions et de pr&#233;ciser la responsabilit&#233; de ces autorit&#233;s&#034;&lt;/i&gt;, poursuivait l'appel, avant de demander aux partis politiques de &lt;i&gt;&#034;prendre une position publique sur la n&#233;cessit&#233; de faire ce travail historique et de s'engager en faveur d'une recherche de v&#233;rit&#233; et de justice&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le Pr&#233;sident de la R&#233;publique est le chef des arm&#233;es. Sur le th&#233;&#226;tre des conflits, la politique &#233;trang&#232;re de la France est men&#233;e en premier lieu depuis l'&#201;lys&#233;e. En 1994, un pr&#233;sident vieillissant et malade, ancien ministre des colonies qui avait confi&#233; la gestion des affaires africaines &#224; son fils, a cru bon soutenir jusqu'au bout, militairement et politiquement, un r&#233;gime extr&#233;miste qui avait commenc&#233; d'exterminer une partie du peuple rwandais. Dans l'extr&#234;me centralisme qui pr&#233;side aux institutions fran&#231;aises, et m&#234;me en p&#233;riode de cohabitation, ce choix a entra&#238;n&#233; tout l'appareil d'&#201;tat, sauf le Parlement qui ne fut jamais consult&#233; sur la pr&#233;sence et le r&#244;le des militaires fran&#231;ais au Rwanda. L'envoi de mat&#233;riel militaire &#224; des responsables g&#233;nocidaires, leur r&#233;ception &#224; Paris plusieurs semaines apr&#232;s le d&#233;but des tueries, l'exfiltration de nombre d'entre eux au Za&#239;re via l'op&#233;ration militaire Turquoise sous couvert humanitaire entre juin et ao&#251;t 1994, les incroyables votes &#224; l'ONU visant notamment &#224; effacer les traces de la responsabilit&#233; fran&#231;aise, comme celui d'avril 1994 sur la diminution des effectifs des Casques bleus ou celui de novembre 1994 sur la cr&#233;ation du Tribunal p&#233;nal international pour le Rwanda (TPIR) dont le statut a &#233;t&#233; tr&#232;s habilement n&#233;goci&#233; par le repr&#233;sentant fran&#231;ais &#224; l'ONU... Tous ces faits laissent penser que l'&#201;tat fran&#231;ais pourrait &#234;tre complice de g&#233;nocide, au sens donn&#233; &#224; ce terme par la jurisprudence du TPIR : un accus&#233; qui &lt;i&gt;&#171; a sciemment et volontairement aid&#233; (...) d'autres personnes &#224; commettre le g&#233;nocide, sachant que (...) ces personnes commettaient le g&#233;nocide, m&#234;me si l'accus&#233; n'avait pas lui-m&#234;me l'intention sp&#233;cifique de d&#233;truire en tout ou en partie le groupe (...) vis&#233; comme tel &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, cette hypoth&#232;se reste &#224; prouver par un large travail documentaire. Trois initiatives significatives pourraient y aider :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; sur le plan judiciaire, l'arr&#234;t des freins manifestement politiques qui retardent l'instruction des neuf plaintes contre X d&#233;pos&#233;es pour la plupart depuis six ans par des victimes Tutsi devant le Tribunal aux arm&#233;es de Paris pour &lt;i&gt;&#171; complicit&#233; de g&#233;nocide et complicit&#233; de crime contre l'humanit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, concernant l'op&#233;ration Turquoise ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; sur le plan historique, l'ouverture aux chercheurs de l'ensemble des archives de l'&#201;lys&#233;e, du Quai d'Orsay, du minist&#232;re de la D&#233;fense et des autres minist&#232;res, li&#233;es &#224; la gestion du dossier Rwanda en 1994 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; sur le plan politique, l'instauration d'une mission d'enqu&#234;te parlementaire relative &#224; la politique fran&#231;aise durant le g&#233;nocide rwandais, aux moyens d'action bien plus cons&#233;quents que la seule mission d'information de 1998 - les conclusions de cette mission d'enqu&#234;te pourraient porter &#233;galement sur la revalorisation du r&#244;le du Parlement en mati&#232;re militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-sept ans apr&#232;s le d&#233;but du g&#233;nocide, EELV demande au gouvernement actuel de mettre en &#339;uvre ces initiatives, et s'engage &#224; les mettre en &#339;uvre d&#232;s que ses responsabilit&#233;s gouvernementales le lui permettront. Quand il aura abouti, ce travail documentaire devra faire l'objet d'une communication solennelle, par exemple lors d'une prochaine date anniversaire du g&#233;nocide des Tutsi. Lorsque des &#233;v&#233;nements violents ne sont pas pens&#233;s, en effet, ils ont tendance &#224; se r&#233;p&#233;ter : toute l'histoire coloniale de la France est l&#224; pour l'attester. Il est grand temps pour l'&#201;tat fran&#231;ais de regarder en face sa responsabilit&#233; dans le g&#233;nocide rwandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Europe Ecologie Les Verts&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source :eelv.fr]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; La Rwandaillaise &#187;</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/la-rwandaillaise.html</link>
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		<dc:date>2011-04-08T14:41:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;nocide</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;nocides</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;V'l&#224;-t'y pas que nos amis nono et anto se lancent dans le showbiz ! Fatigu&#233;s de distribuer des tracts &#224; la sortie des m&#233;tros et de la r&#233;unionite chronique qui afflige tous ceux qui veulent changer le monde, ils ont d&#233;cid&#233; de s'adresser &#224; un large publique en usant d'humour et de provocation &#8211; dans l'espoir secret d'un proc&#232;s pour injure au drapeau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un an de mixages et de remixages pour en arriver &#224; ce pitoyable r&#233;sultat, o&#249; l'on comprend toutes les paroles, comme s'il fallait comprendre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/-videos-.html" rel="directory"&gt;Vid&#233;os&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocide-+.html" rel="tag"&gt;g&#233;nocide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocides-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;nocides&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://yannis.lehuede.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton3276-0694d.jpg?1772075826' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;V'l&#224;-t'y pas que nos amis nono et anto se lancent dans le showbiz ! Fatigu&#233;s de distribuer des tracts &#224; la sortie des m&#233;tros et de la r&#233;unionite chronique qui afflige tous ceux qui veulent changer le monde, ils ont d&#233;cid&#233; de s'adresser &#224; un large publique en usant d'humour et de provocation &#8211; dans l'espoir secret d'un proc&#232;s pour injure au drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an de mixages et de remixages pour en arriver &#224; ce pitoyable r&#233;sultat, o&#249; l'on comprend toutes les paroles, comme s'il fallait comprendre le chansons &#224; texte maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'ils ont une ou deux choses &#224; dire, semble-t-il, sur la responsabilit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais dans le g&#233;nocide des Tutsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que 17 ans apr&#232;s, ces responsabilit&#233;s ne sont toujours pas reconnues, et que la France n'a pas encore commenc&#233; &#224; verser le premier centime de r&#233;parations au Rwanda martyris&#233;, ni aux rescap&#233;s qui survivent dans une mis&#232;re aggrav&#233;e, ayant perdu tous les leurs, leur famille, leurs maisons, et bein souvent jusqu'au go&#251;t de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-sept ans apr&#232;s, &#224; l'heure o&#249; nos amis pr&#233;tendent faire de l'humour, le gouvernement g&#233;nocidaire est quasiment toujours en place, avec Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement alors, et Alain Jupp&#233;, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, aujourd'hui comme &#224; l'&#233;poque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;raux criminels paradent dans les librairies, et les conseillers de Mitterrand-la-machette, tel Hubert V&#233;drine, sont re&#231;us &#224; longueurs d'interviews dans la presse comme &#224; la radio ou &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer ce 17&#232;me impuniversaire, signalons &#233;galement la parution, un peu plus s&#233;rieuse, de la Nuit rwandaise, revue annuelle consacr&#233;e &#224; l'implication fran&#231;aise dans le g&#233;nocide des Tutsi de 1994, dont c'est la cinqui&#232;me livraison. Il s'agit cette fois d'un num&#233;ro sp&#233;cial qui reproduit le rapport de la commission rwandaise ind&#233;pendante, dite commission Mucyo, qui a recueilli nombre de t&#233;moignages et d'&#233;l&#233;ments de toutes sortes permettant d'incriminer la France et plus sp&#233;cifiquement un certain nombre de responsables politiques et militaires fran&#231;ais qui attendent toujours leur Nuremberg.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;359&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xi01xd?theme=none&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xi01xd?theme=none&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;359&#034; wmode=&#034;transparent&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xi01xd_la-rwandaillaise-doc-genocido-dj-mitterhamwe_music&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&#034;La rwandaillaise&#034; Doc G&#233;nocido &amp; DJ Mitterhamwe&lt;/a&gt; &lt;i&gt;by &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/gmif&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;gmif&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour f&#234;ter le 17&#232;me impuniversaire des &#233;lites fran&#231;aises impliqu&#233;es dans l'extermination d'un million de rwandais d&#233;sign&#233;s comme Tutsi ou opposants, le collectif G&#233;nocide Made In France vous offre une chanson et un clip &#224; diffuser sans mod&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons ainsi pouvoir rendre hommage et contribuer &#224; la notori&#233;t&#233; de ces acteurs fran&#231;ais du g&#233;nocide de 1994, afin que leur talent tout comme &lt;i&gt;&#171; le savoir faire fran&#231;ais en terme de maintien de l'ordre &#187;&lt;/i&gt; sur le continent africain, si justement promu par Mich&#232;le Alliot-Marie, soient enfin mis en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les petites mains fran&#231;aises du g&#233;nocide des Tutsi, probablement trop humbles et modestes, se refusent encore a assumer leur engagement au c&#244;t&#233; des exterminateurs, allant m&#234;me pour certains, jusqu'&#224; &#233;voquer des &lt;i&gt;&#171; erreurs &#187;&lt;/i&gt;. Oh les vilains ! Tout a pourtant &#233;t&#233; parfaitement accompli, non ? Et encore, avec une pr&#233;paration, un sang froid et une d&#233;termination exemplaires ! &#192; moins que les &lt;i&gt;&#171; erreurs &#187;&lt;/i&gt; &#233;voqu&#233;es ne se r&#233;f&#232;rent &#224; la survie de certains Tutsi et &#224; la d&#233;route de nos amis exterminateurs que nous avons du exfiltrer in extremis. Mais l&#224; encore, nous pouvons nous enorgueillir d'avoir accompli une mission qu'aucun autre pays n'aurait pu mener ni m&#234;me seulement imaginer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'on se le dise : coco-ri-co-g&#233;nocidaire ! La France reste le leader des massacres de masse sur les terres africaines !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : genocidemadeinfrance.com]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anti-France</title>
		<link>https://yannis.lehuede.org/l-anti-france.html</link>
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		<dc:date>2011-04-07T19:37:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Sitbon</dc:creator>


		<dc:subject>Internet</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>Analyses</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;nocide</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;nocides</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 5 ao&#251;t 2008, lors de la publication du rapport de la &#171; Commission nationale ind&#233;pendante charg&#233;e de faire la lumi&#232;re sur le r&#244;le de la France dans le g&#233;nocide des Tutsi de 1994 &#187;, le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugamara, diffusait un communiqu&#233; dans lequel &#233;taient d&#233;sign&#233;es les trente-trois &#171; personnalit&#233;s politiques et militaires fran&#231;aises les plus impliqu&#233;es dans le g&#233;nocide &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; La Nuit rwandaise n&#176;5 - Sommaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Un petit pays africain ose mettre en accusation une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-justice-+.html" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-analyses-75-+.html" rel="tag"&gt;Analyses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-medias-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocide-+.html" rel="tag"&gt;g&#233;nocide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-genocides-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;nocides&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-france-+.html" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://yannis.lehuede.org/+-rwanda-+.html" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://yannis.lehuede.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton3274-4a05d.jpg?1772143266' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 ao&#251;t 2008, lors de la publication du rapport de la &lt;i&gt;&#171; Commission nationale ind&#233;pendante charg&#233;e de faire la lumi&#232;re sur le r&#244;le de la France dans le g&#233;nocide des Tutsi de 1994 &#187;&lt;/i&gt;, le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugamara, diffusait un communiqu&#233; dans lequel &#233;taient d&#233;sign&#233;es les trente-trois &lt;i&gt;&#171; personnalit&#233;s politiques et militaires fran&#231;aises les plus impliqu&#233;es dans le g&#233;nocide &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;h4&gt;La Nuit rwandaise n&#176;5 - Sommaire&lt;/h4&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un petit pays africain ose mettre en accusation une grande puissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport de la Commission nationale ind&#233;pendante rwandaise, charg&#233;e de rassembler les preuves montrant l'implication de l'&#201;tat fran&#231;ais dans le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; au Rwanda en 1994, est &#224; bien des &#233;gards un document exceptionnel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditorial&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de la R&#233;publique du Rwanda&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de l'association &lt;i&gt;Survie&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Pr&#233;sentation du rapport Mucyo&lt;br&gt;
Portraits des 9 militaires fran&#231;ais ayant port&#233; plainte contre &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Rapport &lt;i&gt;Mucyo&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Index des personnes cit&#233;es dans le communiqu&#233; Mucyo&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces personnalit&#233;s, treize politiques, au premier rang desquels&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Mitterrand, pr&#233;sident de la R&#233;publique, et Alain Jupp&#233;, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, et vingt militaires, &#224; commencer par le chef d'&#233;tat-major des arm&#233;es, l'amiral Jacques Lanxade et le chef d'&#233;tat-major particulier du Pr&#233;sident Mitterrand, le g&#233;n&#233;ral Christian Quesnot.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce communiqu&#233; concluait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Vu la gravit&#233; des faits all&#233;gu&#233;s, le gouvernement rwandais enjoint les instances habilit&#233;es &#224; entreprendre les actions requises afin d'amener les responsables politiques et militaires fran&#231;ais incrimin&#233;s &#224; r&#233;pondre de leurs actes devant la justice. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Neuf d'entre ces militaires nomm&#233;ment d&#233;sign&#233;s comme ayant &#224; r&#233;pondre de leurs actes ont port&#233; plainte pour diffamation. Fin octobre 2009, le g&#233;n&#233;ral Quesnot, faisant office de porte-parole du groupe, accordait&lt;br class='autobr' /&gt;
une interview &#224; l'Express, dans laquelle il faisait part de ce qu'il avait eu l'intention de porter plainte d&#232;s la publication de ce communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, en septembre 2008, il avait demand&#233; au minist&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
de la d&#233;fense que le gouvernement s'engage, et le principe d'une assistance juridique avait &#233;t&#233; admis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Quesnot &#233;tait peu apr&#232;s re&#231;u &#224; l'&#201;lys&#233;e, par Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy &#8211; qu'on surnomme &#171; diplomator &#187; &#8211;, souvent consid&#233;r&#233; comme le &#8220;v&#233;ritable&#8221; ministre des affaires &#233;trang&#232;res. Lors de cette r&#233;union destin&#233;e &#224; examiner le projet de plainte en diffamation contre le gouvernement rwandais, raconte Quesnot,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; un juriste met l'accent sur les &#233;cueils inh&#233;rents &#224; toute action en diffamation visant un pays &#233;tranger &#187;. &#171; On nous fait part de la volont&#233; de Paris de normaliser les relations avec le Rwanda &#187;, expliquait l'ancien chef d'&#233;tat-major de Mitterrand &#224; l'Express un an plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il annon&#231;ait alors qu'il irait &#171; jusqu'au bout de sa d&#233;marche &#187;. Il s'&#233;tait engag&#233; dans l'arm&#233;e, o&#249; il a servi trente-sept ans, pour d&#233;fendre &#171; la veuve et l'orphelin &#187;, et il n'acceptait pas d'&#234;tre &#171; trait&#233; de g&#233;nocidaire&lt;br class='autobr' /&gt;
par des irresponsables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souhaitait que le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Nicolas Sarkozy, &#171; exprime publiquement son soutien &#224; l'action des officiers d&#233;p&#234;ch&#233;s au Rwanda, que ce soit dans le cadre de la formation de soldats rwandais ou dans celui de l'op&#233;ration Turquoise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il craignait que la raison d'&#201;tat &#8211; soit le rapprochement diplomatique&lt;br class='autobr' /&gt;
franco-rwandais, alors d&#233;j&#224; en cours &#8211; s'impose &#171; aux d&#233;pens de l'honneur des militaires &#187;. &#171; Une valeur d&#233;su&#232;te pour certains, mais la seule qui nous anime. &#187; &#171; Le militaire sert le pays avant de servir un homme, quel qu'il soit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est particuli&#232;rement ind&#233;cent de sa part de pr&#233;tendre &#224; la d&#233;fense&lt;br class='autobr' /&gt;
de &#171; la veuve et de l'orphelin &#187; &#8211; quand on sait le nombre de veuves et d'orphelins que l'arm&#233;e fran&#231;aise aura laiss&#233; derri&#232;re elle au Rwanda &#8211;, accordons au g&#233;n&#233;ral Quesnot qu'il a toujours servi son pays. Dans l'affaire rwandaise, en tant qu'adjoint direct de Fran&#231;ois Mitterrand, il &#233;tait bien au service d'un homme, mais celui-ci, chef des arm&#233;es et pr&#233;sident&lt;br class='autobr' /&gt;
de la r&#233;publique, en &#233;tait bien le repr&#233;sentant l&#233;gitime. La politique qu'il menait personnellement au Rwanda &#233;tait peut-&#234;tre largement m&#233;connue&lt;br class='autobr' /&gt;
du public, mais non moins d&#233;cid&#233;e avec les gouvernements qui se succ&#233;deront de 1990 &#224; 1994, de gauche puis de droite. En 1994, &#224; l'heure du g&#233;nocide, le pr&#233;sident de gauche cohabitait avec un gouvernement de droite, ce qui garantissait m&#234;me une l&#233;gitimit&#233; extraordinaire, l'ex&#233;cutif &#233;tant partag&#233; entre des responsables des deux bords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la l&#233;gitimit&#233; s'exprime aussi dans le point de vue de l'opinion, les analyses partag&#233;es &#224; l'&#201;lys&#233;e et &#224; Matignon se retrouvaient dans la presse, et un journal aussi respect&#233; que Le Monde les colportait &#224; longueur&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques critiques d'ONG s'&#233;taient bien exprim&#233;es, et l'&#201;lys&#233;e avait re&#231;u des repr&#233;sentants de la F&#233;d&#233;ration internationale des droits de l'homme ou de Human rights Watch. Au retour d'une mission d'investigation sur la situation des droits de l'homme au Rwanda, Jean Carbonare&lt;br class='autobr' /&gt;
avait pu d&#233;noncer, y compris au journal t&#233;l&#233;vis&#233;, la malfaisance et la dangerosit&#233; de l'action entreprise par la France au Rwanda. Le g&#233;nocide programm&#233; avait &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par Jean-Fran&#231;ois Dupaquier, dans l'&#201;v&#233;nement&lt;br class='autobr' /&gt;
du jeudi, d&#232;s les d&#233;buts de l'intervention fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, peut-&#234;tre le g&#233;n&#233;ral Quesnot consid&#233;rait-il d&#233;j&#224; ces rapports d'associations et de tr&#232;s rares journalistes comme &#171; irresponsables &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait, pour sa part, responsable de la coordination de la politique d&#233;nonc&#233;e l&#224;, l'&#201;lys&#233;e l'ayant conduite de bout en bout, assurant la continuit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de cette politique par-del&#224; les al&#233;as de l'alternance. Le chef d'&#233;tat-major des arm&#233;es, l'amiral Lanxade, avait pr&#233;c&#233;d&#233; le g&#233;n&#233;ral Quesnot dans la fonction de chef d'&#233;tat-major particulier de Fran&#231;ois Mitterrand, permettant ainsi que les intentions de l'&#201;lys&#233;e soient parfaitement prises en compte &#224; la direction de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Quesnot disposait de plus des rapports des services de renseignement, comme la toute nouvelle Direction du renseignement militaire (DRM), cr&#233;&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Jean Heinrich, qui avait fait du Rwanda &#8211; et de l'ex-Yougoslavie &#8211; sa sp&#233;cialit&#233;, atteignant l&#224; le meilleur niveau de renseignement, ainsi que ce dernier en t&#233;moignera devant la Mission d'information parlementaire, en 1998.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le g&#233;nocide annonc&#233; s'est produit alors que le g&#233;n&#233;ral Quesnot b&#233;n&#233;ficiait &#233;galement des meilleures relations avec l'arm&#233;e rwandaise qui l'entreprenait sous la direction d'un gouvernement int&#233;rimaire dont les repr&#233;sentants seront re&#231;us officiellement &#224; l'&#201;lys&#233;e &#8211; pendant le g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que l'honneur ? Qu'est-ce que la responsabilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On garde en m&#233;moire l'audition de Christian Quesnot devant la mission parlementaire dirig&#233;e par Paul Quil&#232;s et de l'incroyable cynisme dont il avait pu faire preuve alors, pr&#233;tendant reprocher au g&#233;n&#233;ral canadien&lt;br class='autobr' /&gt;
Rom&#233;o Dallaire &#8211; commandant les troupes de l'Onu dispos&#233;es au Rwanda dans le cadre d'une mission sous le chapitre VI des r&#232;gles d'engagement onusien leur interdisant l'usage des armes &#8211;, de n'avoir pas &#171; d&#233;sob&#233;i &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans certains cas, l'honneur d'un militaire est de savoir d&#233;sob&#233;ir &#187; osait-il d&#233;clarer. &#171; Avec 2 000 ou 2 500 hommes &#187;, &#171; on pouvait arr&#234;ter les massacres &#187;, ajoutait-il sans aucune pudeur. &#171; Il s'agissait l&#224; d'une d&#233;cision politique &#187; &#8211; que l'&#201;lys&#233;e n'aura manifestement pas prise ! &#171; La France ne pouvait pas &#224; nouveau s'interposer seule &#187;, pr&#233;tendait-il expliquer &#8211; alors m&#234;me que, toute honte bue, c'est bien ce que &#171; la France &#187; a fait, mais apr&#232;s, lors de l'op&#233;ration Turquoise, trois mois plus tard. Apr&#232;s trois mois pendant lesquels s'&#233;tait ex&#233;cut&#233; ce que l'adjoint de Mitterrand appelait encore &#171; les massacres &#187; &#8211; le g&#233;nocide d'un million de Tutsi. Perdant toute mesure, le g&#233;n&#233;ral fait mine de s'interroger : si la France avait emp&#234;ch&#233; l'extermination d'un peuple, &#171; que n'aurait-on pas dit ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Quesnot donnait alors un diagnostic pr&#233;cis, indiquant combien il connaissait bien la situation politique et militaire du Rwanda &#224; l'heure de la grande catastrophe.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Techniquement &#187;, les &#171; massacres &#187; &#171; auraient pu &#234;tre arr&#234;t&#233;s &#224; ce moment-l&#224; &#187;. &#171; Au d&#233;part, les exactions &#233;taient l'oeuvre des milices et de la garde pr&#233;sidentielle qui se comportaient de fa&#231;on ignoble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ose-t-il ? Ces &#171; milices &#187; et cette &#171; garde pr&#233;sidentielle &#187; &#171; qui se comportaient de fa&#231;on ignoble &#187; avaient &#233;t&#233; form&#233;es, encadr&#233;es, financ&#233;es par la coop&#233;ration militaire fran&#231;aise, sous sa direction et celle de son adjoint, le g&#233;n&#233;ral Huchon. Pr&#233;cis&#233;ment &#171; &#224; ce moment-l&#224; &#187;, on sait qu'il y avait officiellement toujours &#224; Kigali, directement sous leur autorit&#233;, des officiers comme le lieutenant-colonel Maurin ou le commandant&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#233;goire de Saint-Quentin, qui &#233;taient au contact direct de ces troupes &#171; qui se comportaient de fa&#231;on ignoble &#187; &#8211; et que des officiers fran&#231;ais &#171; conseillaient &#187; toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faut-il interpr&#233;ter le recours &#224; un tel vocabulaire qualifiant&lt;br class='autobr' /&gt;
si lucidement en somme sa propre action et celle des hommes qu'il dirigeait ? Comme une circonstance aggravante. Si Christian Quesnot peine &#224; convaincre, il r&#233;v&#232;le par contre l&#224; qu'il a parfaitement conscience des termes du d&#233;bat. Et qu'il se joue des sentiments et de la morale, comme il jouait du langage, des ann&#233;es apr&#232;s, t&#233;moignant devant la mission&lt;br class='autobr' /&gt;
d'information parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une d&#233;lectation au-del&#224; de toute obsc&#233;nit&#233;, il insistait : &#171; Techniquement, les massacres d&#233;clench&#233;s &#224; Kigali pouvaient &#234;tre arr&#234;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; &#187; Et, justement, ils ne l'ont pas &#233;t&#233;. Ni lui, ni Fran&#231;ois Mitterrand, probablement les deux hommes les mieux plac&#233;s alors pour faire quelque chose, n'auront lev&#233; un petit doigt pour emp&#234;cher le g&#233;nocide des Tutsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'honneur d'un militaire &#187; peut-il &#234;tre de se moquer de l'honneur ? Une &#171; valeur d&#233;su&#232;te &#187;, certes, pour lui. O&#249; l'on voit comment la culture militaire qui impr&#232;gne l'arm&#233;e fran&#231;aise depuis la guerre d'Indochine et qui s'exprime dans la th&#233;orie de la guerre r&#233;volutionnaire d&#233;velopp&#233;e alors, a pu conduire aux plus extr&#234;mes formes de cynisme &#8211; comme &#224; assumer banalement les crimes les plus insoutenables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet officier fran&#231;ais consid&#233;r&#233; comme &#171; le plus brillant de sa g&#233;n&#233;ration &lt;br class='autobr' /&gt; &#187; porte plainte aujourd'hui contre La Nuit rwandaise pour avoir republi&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
sur son site, en ao&#251;t 2008, le communiqu&#233; du gouvernement rwandais qui le mettait en cause. Se sont associ&#233;s &#224; cette plainte huit autres officiers de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#233;galement d&#233;sign&#233;s dans ce communiqu&#233; parmi la vingtaine de militaires &#171; les plus impliqu&#233;s dans le g&#233;nocide &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; noter un oubli &#233;tonnant dans cette liste de responsables, relev&#233; par Jacques Morel, celui de Michel Roussin, &#224; l'&#233;poque ministre de la coop&#233;ration du gouvernement d'&#201;douard Balladur. Le g&#233;n&#233;ral Huchon, chef de la mission militaire de coop&#233;ration, dirigeait l'ensemble des troupes envoy&#233;es au Rwanda &#224; partir de son minist&#232;re, sous son autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Michel Roussin s'est surtout signal&#233; pour sa d&#233;termination &#224; vouloir &#171; participer plus activement &#224; ce dossier &#187;, d&#232;s l'entr&#233;e en fonction&lt;br class='autobr' /&gt;
de son gouvernement, ainsi qu'il pouvait l'exprimer lors du conseil restreint de d&#233;fense du 2 avril 1993[1]. S'il fallait &#233;tablir une hi&#233;rarchie des responsabilit&#233;s, le gendarme ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac &#224; l'H&#244;tel de ville de Paris figurerait tr&#232;s haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'a pas &#233;t&#233; oubli&#233; par contre le lieutenant-colonel Jean-Jacques Maurin, qui figure parmi les plaignants. Celui-ci avait pour fonction officielle de conseiller le chef d'&#233;tat-major des Forces arm&#233;es rwandaises (FAR). Il rempla&#231;ait &#224; ce poste le colonel Chollet, d&#233;nonc&#233; en 1992 comme &#171; chef d'&#233;tat-major de fait &#187; des FAR.&lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, le lieutenant-colonel Maurin dirigeait l'arm&#233;e g&#233;nocidaire. Il &#233;tait au contact quotidien de la garde pr&#233;sidentielle et du colonel Bagosora&lt;br class='autobr' /&gt;
qui dit de lui &#171; nous &#233;tions des camarades &#187;. Cette garde pr&#233;sidentielle&lt;br class='autobr' /&gt;
au comportement &#171; ignoble &#187;, pour reprendre le mot de Quesnot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;oneste Bagosora, consid&#233;r&#233; comme &#171; le cerveau du g&#233;nocide &#187;, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233; par le Tribunal international d'Arusha entre autres pour avoir ordonn&#233; l'assassinat d'Agathe Uwilingiyimana, premier ministre du gouvernement de transition qui tentait de sortir le Rwanda de la folie ethniste o&#249; l'id&#233;ologie coloniale l'enserrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps qu'il liquidait les institutions l&#233;gitimes pour instaurer&lt;br class='autobr' /&gt;
par ce coup d'&#201;tat le gouvernement g&#233;nocidaire, Bagosora rencontrait&lt;br class='autobr' /&gt;
son &#171; camarade &#187; Maurin, et l'ambassadeur Marlaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est reconnu que Jean-Jacques Maurin est rest&#233; &#224; Kigali au moins jusqu'au 14 avril. Or on sait que cette semaine du 7 au 14 avril 1994 a &#233;t&#233; le moment crucial de lancement du g&#233;nocide, sous l'impulsion en particulier de la garde pr&#233;sidentielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y avait aussi Bernard Cussac, l'attach&#233; de d&#233;fense, son sup&#233;rieur&lt;br class='autobr' /&gt;
hi&#233;rarchique, qui assurait le lien avec Paris. Il fait &#233;galement partie des plaignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Cussac, un correspondant nous a fait parvenir copie de l'arr&#234;t du Conseil d'&#201;tat, lui accordant le payement de ses &#171; indemnit&#233;s de r&#233;sidence &#187;, comme &#171; chef de la mission d'assistance militaire &#224; la R&#233;publique du Rwanda, attach&#233; de d&#233;fense aupr&#232;s de l'ambassade de France au Rwanda &#224; Kigali &#187;, &#233;tant entendu qu'il aurait &#171; exerc&#233; ces fonctions du 15 juillet 1991 au 9 octobre 1994 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre le colonel Cussac aura-t-il r&#233;ussi &#224; faire valoir aupr&#232;s du Conseil d'&#201;tat une revendication sans objet ? Ou bien faut-il comprendre&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il aurait pu r&#233;sider au Rwanda y compris apr&#232;s le 14 avril, date g&#233;n&#233;ralement donn&#233;e pour celle du retrait total des coop&#233;rants militaires&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;ais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point n'est pas sans cons&#233;quences. Depuis plusieurs ann&#233;es notre revue a pu recueillir des informations de diverses sources tendant &#224; penser que l'arm&#233;e fran&#231;aise n'aurait pas seulement pr&#233;par&#233; l'arm&#233;e rwandaise g&#233;nocidaire, mais particip&#233; directement au g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Mucyo, que nous publions pour ce num&#233;ro sp&#233;cial, confirme cette hypoth&#232;se, et on a pu voir comment la commission rwandaise&lt;br class='autobr' /&gt;
a pu recueillir nombre de t&#233;moignages allant dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons, dans un prochain num&#233;ro, sur l'enqu&#234;te de Serge Farnel qui a mis &#224; jour la possible participation de militaires fran&#231;ais aux terribles massacres des 13 et 14 mai 1994 dans la r&#233;gion de Bisesero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, malheureusement, que l'arm&#233;e fran&#231;aise ait particip&#233; directement&lt;br class='autobr' /&gt;
ou pas &#224; l'horrible boucherie du printemps 94, la responsabilit&#233; du g&#233;n&#233;ral Quesnot et de ses acolytes est enti&#232;re. Au point o&#249; on en est, que des soldats fran&#231;ais aient pu &#234;tre amen&#233;s &#224; pointer des mortiers sur des civils ou m&#234;me &#224; manier des armes blanches, ne seraient que des circonstances aggravantes dans la commission du crime. Et, il va de soi qu'au-del&#224; des militaires, ce sont les politiques, &#233;galement d&#233;sign&#233;s dans le communiqu&#233; du gouvernement rwandais incrimin&#233;, qui devraient r&#233;pondre de leurs actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de quoi, ces professionnels du crime portent plainte. On imagine mal o&#249; ils veulent en venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si leur plainte arrivait &#224; son terme, on aurait droit &#224; un proc&#232;s. Un proc&#232;s que nous appelons de nos v&#339;ux depuis des ann&#233;es. Car, m&#234;me dans le cadre de cette simple plainte pour diffamation, c'est de la totalit&#233; de leur action qu'il sera question. Mais quels que soient alors la qualit&#233; de notre &#171; offre de preuve &#187; et de nos d&#233;monstrations, il faut craindre que le tribunal ne puisse que donner raison aux g&#233;n&#233;raux. Dans les termes de ce qui est mis en cause l&#224;, si le tribunal, &#224; l'inverse, leur donnait tort, cela voudrait dire, en bonne logique... qu'il faudrait les juger &#8211; et pas seulement eux, mais la totalit&#233; des personnalit&#233;s politiques et militaires compromises &#8211; pour avoir commis le crime le plus monstrueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous contestera peut-&#234;tre ce superlatif. Mais la gratuit&#233; du crime dont ces messieurs pr&#233;tendent aujourd'hui se plaindre qu'on leur reproche est particuli&#232;rement effrayante. On voit l&#224; comment l'horrible habitude de commettre des crimes coloniaux, dont l'arm&#233;e fran&#231;aise a fait une sp&#233;cialit&#233; depuis la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie en 1830, a pu conduire jusqu'&#224; cet abyme de la conscience que le g&#233;n&#233;ral Quesnot aura fini par incarner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; s'interroger sur le sens d'une telle plainte, qui semblera paradoxale &#224; tous ceux qui connaissent un tant soit peu le dossier. Comment&lt;br class='autobr' /&gt;
ces messieurs peuvent-ils souhaiter prendre le risque de l'expos&#233;, qu'on ne manquerait pas de faire dans un tel contexte, de tous les faits qui leur sont indiscutablement reprochables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'ils ont besoin de &#171; b&#233;tonner &#187; : ils se savent incriminables &#224; tout moment &#8211; et ce jusqu'&#224; leur dernier jour, puisqu'il s'agit bien d'un crime imprescriptible. Au niveau o&#249; l'accusation a &#233;t&#233; port&#233;e, officiellement,&lt;br class='autobr' /&gt;
par un gouvernement qui en appelle aux &#171; instances habilit&#233;es &#187; pour engager &#171; les actions requises afin d'amener les responsables politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
et militaires fran&#231;ais incrimin&#233;s &#224; r&#233;pondre de leurs actes devant la justice &#187;, ces messieurs ne peuvent que craindre d'&#234;tre, un jour ou l'autre, rattrap&#233;s par l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'agissait vraiment de leur &#171; honneur &#187;, et s'il y avait effectivement&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224; &#171; diffamation &#187;, voil&#224; des ann&#233;es qu'ils auraient d&#251; poursuivre l'ensemble de nos publications, ou celles de l'association Survie, tout comme les travaux de la Commission d'enqu&#234;te citoyenne de 2004, et bien d'autres encore, qui ont pu dire et redire inlassablement, sur tous les tons, combien leur entreprise abjecte d&#233;shonore le pays qu'ils pr&#233;tendent&lt;br class='autobr' /&gt;
servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peuvent-ils donc esp&#233;rer avec une telle plainte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; vu, &#224; l'occasion du proc&#232;s intent&#233; contre Pierre P&#233;an par Sos-racisme, comment la m&#234;me 17&#232;me chambre o&#249; nous devrions compara&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
a pu donner raison &#224; Pierre P&#233;an en d&#233;pit de l'&#233;vidence. Rappelons ici les termes de ce proc&#232;s : l'&#233;nonc&#233; &#171; les tutsi sont des menteurs &#187; &#233;tait attaqu&#233; pour incitation &#224; la haine raciale. Et la d&#233;fense de P&#233;an et de son &#233;diteur, Claude Durand, aura consist&#233; &#224; faire valoir, au long des trois jours de d&#233;bats, que... les tutsi sont des menteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne laissait aucun doute quant &#224; la culpabilit&#233; des d&#233;fendeurs, et apr&#232;s les avoirs entendus, le minist&#232;re public avait logiquement demand&#233; leur condamnation. L'arr&#234;t qui exon&#232;rera alors P&#233;an laisse l'impression que la cour n'aura pas eu le c&#339;ur &#224; donner tort aux officiers et ministres qui avaient t&#233;moign&#233; en faveur des accus&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un arr&#234;t politique, trop politique, est bien s&#251;r &#224; craindre aussi dans le cas de la confrontation annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet arr&#234;t judiciaire exon&#233;rant P&#233;an semble bien avoir donn&#233; des ailes au parti n&#233;gationniste fran&#231;ais. Ses th&#232;ses se rependent avec d'autant&lt;br class='autobr' /&gt;
plus de l&#233;gitimit&#233; qu'un tribunal a pu lui accorder raison. De m&#234;me, &#224; d&#233;faut de pouvoir faire valoir la v&#233;rit&#233;, les militaires qui nous poursuivent&lt;br class='autobr' /&gt;
esp&#232;rent obtenir une v&#233;rit&#233; judiciaire, sur laquelle ils pourraient se fonder pour renforcer leurs th&#232;ses dans l'esprit du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de cet avantage que les plaignants peuvent raisonnablement&lt;br class='autobr' /&gt;
esp&#233;rer obtenir, on comprend que ni eux, ni aucun responsable de la politique rwandaise, &#224; commencer par le Pr&#233;sident Sarkozy, &#224; l'&#233;poque ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, ne peuvent souhaiter&lt;br class='autobr' /&gt;
le d&#233;bat qu'on aurait alors dans le cadre d'une enceinte judiciaire. Ainsi, il faudrait plut&#244;t s'attendre &#224; ce qu'ils persistent &#224; se contenter d'avoir d&#233;pos&#233; plainte, donnant libre cours &#224; leur indignation, sans pour autant jamais s'exposer &#224; un v&#233;ritable proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra. Pour l'instant, on ne peut que noter que cette plainte vieille de deux ans semble bien partie pour une petite vitesse de croisi&#232;re, et tra&#238;ner autant que faire se pourra. Car il est difficilement concevable qu'au stade o&#249; en est arriv&#233;e leur plainte les militaires puissent se d&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait nous accorder raison. Le plus vraisemblable est qu'ils se garderont de commettre une telle b&#233;vue aussi, et qu'ils pr&#233;f&#232;rent la situation&lt;br class='autobr' /&gt;
actuelle d'une plainte inaboutie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien le proc&#232;s aura lieu. Et ces messieurs devront entendre leurs quatre v&#233;rit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils voudraient que nous incarnions ici l'anti-France. Et nous serions tent&#233; de le revendiquer au sens o&#249; nous sommes certainement adversaires&lt;br class='autobr' /&gt;
de la France criminelle qu'ils d&#233;fendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, nous comprendra-&lt;br class='autobr' /&gt;
t-on ici si nous affirmons haut et fort que c'est, bien au contraire, parce que nous savons qu'un tel crime m&#233;rite r&#233;paration et que sans en passer par la reconnaissance d'une faute aussi lourde, la nation au nom de laquelle ils ont combattu ne peut que sombrer dans la plus obscure barbarie. Et nous persistons &#224; croire qu'une autre France est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Michel Sitbon&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;La Nuit rwandaise n&#176;5 - Note de la r&#233;daction&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La livraison de la cinqui&#232;me &#233;dition de &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt; est un num&#233;ro sp&#233;cial consacr&#233; &#224; la publication du Rapport Mucyo sur les responsabilit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;aises dans le g&#233;nocide des Tutsi du Rwanda en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix est d&#251; &#224; la volont&#233; de la r&#233;daction de r&#233;pondre aux neuf plaintes en diffamation port&#233;es &#224; l'encontre du directeur de publication et du webmaster du site de la revue suite &#224; la mise en ligne du communiqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du gouvernement Rwandais rendant compte des conclusions tir&#233;es de ce rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; cette plainte, on en est r&#233;duit &#224; attendre la suite des &#233;v&#233;nements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Subsistent plusieurs inconnues &#224; l'heure o&#249; nous allons sous presse : la juge d'instruction, Sylvie Zimmermann, poursuivra-t-elle &#233;galement&lt;br class='autobr' /&gt;
le site du &lt;i&gt;Nouvel observateur&lt;/i&gt; et les deux sites du gouvernement rwandais, tous trois signal&#233;s par les plaignants comme ayant &#233;galement reproduit ce communiqu&#233; du minist&#232;re de la justice du Rwanda ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quid du site de l'association &lt;i&gt;France Turquoise&lt;/i&gt;, qui regroupe les plaignants, et qui aura &#233;galement reproduit ce communiqu&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi qu'en atteste le constat d'huissier que nous avons pu faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de cette actualit&#233; judiciaire, &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt; sera exceptionnellement bisannuelle en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles que nous avions initialement re&#231;us pour parution dans le n&#176; 5 de &lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt; seront publi&#233;s prochainement dans le sixi&#232;me num&#233;ro de la revue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://ladylongsolo.com/208-la-nuit-rwandaise-no5.html" class="spip_out"&gt;La Nuit rwandaise (Lady Long Solo)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Voir &#224; ce propos notre article &lt;i&gt;&#171; Balladur l'inconscient &#187;&lt;/i&gt;, page 159, LNR n&#176;4.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Nuit rwandaise&lt;/i&gt; n&#176;5 - 7 avril 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Izuba &#233;ditions - L'Esprit frappeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISBN : 978-2-84405-245-2&lt;br&gt;
EAN : 9782844052452&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prix : 15 euros&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un petit pays africain ose mettre en accusation une grande puissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport de la Commission nationale ind&#233;pendante rwandaise, charg&#233;e de rassembler les preuves montrant l'implication de l'&#201;tat fran&#231;ais dans le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; au Rwanda en 1994, est &#224; bien des &#233;gards un document exceptionnel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditorial&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de La Nuit rwandaise&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de la R&#233;publique du Rwanda&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de l'association Survie&lt;br&gt;
Pr&#233;sentation du rapport Mucyo&lt;br&gt;
Portraits des 9 militaires fran&#231;ais ayant port&#233; plainte contre La Nuit rwandaise&lt;br&gt;
Rapport Mucyo&lt;br&gt;
Index des personnes cit&#233;es dans le communiqu&#233; Mucyo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lanuirwandaise.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lanuirwandaise.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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